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 Permaculture

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MessageSujet: Permaculture   Mer 19 Jan - 14:03

La permaculture
9 septembre 2010, Ghislain Nicaise

En janvier 2009, à la demande de Michel Courboulex, j’ai rédigé le premier d’une série d’articles qui paraissent depuis tous les deux mois dans la Gazette des Jardins. Cette série s’intitule « Aventures en permaculture ». Elle relate mes essais souvent maladroits et parfois comiques d’installer un écosystème permettant la survie humaine. Ces essais ont pour localisation le hameau Pinaud dans l’arrière-pays niçois, d’où la signature sous le pseudonyme Ghislain Depinaud. J’essaye d’expliquer brièvement ce qu’est la permaculture dans le premier article, mais plusieurs ami-e-s m’ont demandé de leur en dire davantage. C’est ce qui est tenté dans ce qui suit.

Définition
Selon les termes de l’inventeur du mot « permaculture », Bill Mollison, la permaculture est une méthode de création d’environnements humains durables. Le mot lui-même est une contraction non seulement d’agriculture permanente mais aussi de culture permanente, car les cultures ne peuvent survivre longtemps sans une base d’agriculture durable et une éthique de l’utilisation des sols (1). L’objet de la permaculture est de créer des écosystèmes pérennes et nourriciers pour l’espèce humaine, économiquement viables. D’agricole au départ, le concept a été généralisé à la construction de sociétés humaines durables et résilientes, ce qui englobe l’habitat et l’économie en général. Les lignes qui suivent seront consacrées au socle agricole de la permaculture, qui lui donne son crédit et son originalité.

Naissance
Ne pas croire qu’il s’agit d’un « mollisonisme », d’une théorie et sa pratique qui seraient inventées par le seul promoteur du mot permaculture. D’ailleurs le premier livre à introduire ce mot est déjà une collaboration (2). Tous les permaculteurs, Mollison inclus, reconnaissent les contributions indépendantes et totalement convergentes d’autres innovateurs parmi lesquels Masanobu Fukuoka est probablement le plus célèbre (3). Cette émergence multicentrique d’un nouveau mode d’interaction entre l’homme et son environnement, sans référence à une doctrine écrite fondatrice, est comparable à la croisade sans bible de l’écologisme (4). On doit d’ailleurs considérer la permaculture comme l’une des composantes du mouvement écologiste, ce qui est sorti de plus abouti de l’élan de retour à la terre des années 1970, même s’il y a eu quelques précurseurs avant cette date.

L’échec des pratiques agricoles contemporaines
La permaculture tire sa force de ses succès agricoles mais se situe d’abord en opposition à l’échec patent de l’agriculture industrielle et de la gestion moderne des sols. Ce qu’il est convenu d’appeler le développement détruit les sols arables au rhythme de plus de 100 000 km2 par an à l’échelle mondiale (5) soit deux fois la surface d’un pays comme le Danemark. Cette perte est partiellement due à l’urbanisation, mais les pratiques agricoles y contribuent largement. En France on estime qu’un quart des terres agricoles sont en érosion (6). L’agriculture contemporaine comme l’agriculture traditionnelle ont principalement recours au labourage suivi par le semis de plantes annuelles. Le sol exposé par les labours donne prise à l’érosion, par les eaux et, à un moindre degré sous notre climat, par le vent (7). Les permaculteurs proscrivent le travail mécanique du sol sauf à l’installation des premières plantations.

L’importance de l’arbre
Dans leurs choix de végétaux, ils font passer les arbres et arbustes avant les plantes herbacées, les plantes pérennes avant les plantes annuelles, les plantes annuelles qui se resèment toutes seules avant celles que l’on doit semer. Les arbres sont des acteurs puissants de la fabrication des sols, ils vont chercher les éléments nutritifs profondément et les restituent en humus avec la chute des feuilles, leurs racines cassent le socle rocheux sous-jacent (7). Les arbres sont aussi des acteurs majeurs dans la gestion de l’eau et du climat. L’agriculture, même à l’ancienne (on dirait maintenant « bio »), peut créer des déserts en coupant les arbres. La disparition des arbres, du fait de l’homme, des changements climatiques ou des deux à la fois a souvent été décisive dans l’effondrement des civilisations disparues (Cool.

Une ouverture sur l’après-pétrole
D’autre part, l’agriculture moderne est totalement inféodée à l’utilisation de pétrole avec, suivant les cas, la dépense de 7 à 15 calories de carburant pour une calorie alimentaire produite. On ne parle pas ici des nourritures exotiques ou hors-saison : il a été calculé que la dépense énergétique se monte à 600 fois l’énergie contenue dans l’aliment pour une mangue du Kenya mangée à Londres (9). La permaculture est l’une des raisons d’espérer en une civilisation de l’après-pétrole. Elle utilise moins de main d’oeuvre que l’agriculture traditionnelle et beaucoup moins d’engins mécaniques que l’agriculture industrielle moderne, dans certains cas elle s’en passe totalement. L’intervention principale des permaculteurs dans un écosystème achevé devient la récolte.

La stabilité par la biodiversité
La vision classique de l’utilisation agricole de l’espace tend à séparer en compartiments distincts le potager, le verger, le champ de céréales, le poulailler, la porcherie etc…L’agriculture productiviste moderne ne fait qu’exacerber cette tendance. Or la monoculture d’une espèce sur de grandes surfaces est un terrain privilégié pour les pestes donc une incitation forte à l’utilisation de pesticides. La chance du doryphore c’est le champ de pommes de terre. Même un simple alignement dans le potager va faciliter la propagation des phytophages. Tout le monde est conscient que les pesticides peuvent être redoutables. L’effondrement des populations d’abeilles, les images d’ouvriers agricoles chinois pollinisant les pommiers au pinceau ont pu alerter l’opinion sur l’utilité des insectes.
Les permaculteurs mélangent allègrement toutes les plantes cultivées et de plus y rajoutent des espèces non alimentaires dont le rôle principal est d’accroitre la biodiversité, de permettre le foisonnement des espèces animales les plus variées possible, en particulier bien entendu les prédateurs des phytophages, ou d’enrichir le sol en azote (légumineuses ou encore aulnes).

L’utilisation des animaux
Les écosystèmes que cherchent à réaliser les permaculteurs comportent d’ailleurs bien d’autres animaux que les insectes, animaux domestiques ou non. D’abord les prédateurs d’insectes ou de mollusques : oiseaux, batraciens, hérissons. Une citation célèbre de Bill Mollison dans le milieu de la permaculture est « ne dites pas que vous avez trop de limaces dans votre jardin, dites que vous n’avez pas assez de canards », ce qui a amené des adeptes à remarquer que certains canards aimaient bien les salades aussi. Les oies sont particulièrement appréciées parce qu’elles se débrouillent toutes seules, sans qu’il faille leur dédier des cultures alimentaires. Sepp Holzer, qui a développé son écosystème à 1500 m d’altitude dans une montagne froide d’Autriche, fait labourer le sol par ses cochons. Le film fascinant qui présente ses réalisations (10) n’explique d’ailleurs pas tout sur la liberté exacte laissée aux animaux.

Le jardin-forêt
Une des réalisations les plus abouties des permaculteurs est la création de jardins-forêts. Un jardin-forêt, c’est assez facile à réaliser en climat tropical humide ou sub-tropical, il en existe déjà des quantités, de tradition fort ancienne. La canopée est une protection contre l’excès d’ensoleillement. Il y a même des cultures industrielles comme celle du cacao qui ne se font qu’à l’abri de grands arbres. La palmeraie des oasis comporte trois étages de végétation : sous la canopée des dattiers, on trouve des grenadiers, des agrumes et au sol des légumes. Il est moins évident d’imaginer un jardin-forêt dans le nord de l’Europe, mais le plus étonnant n’est pas le concept, c’est la réussite. Le jardin de Robert Hart, en Angleterre (près du Pays de Galles) était la référence du jardin-forêt en pays tempéré froid jusqu’à sa mort en 2000. Pour une vision un peu littéraire de ce type de jardin, on peut consulter l’ouvrage de Robert Hart (11), pour un ensemble de conseils pratiques et adaptés au climat britannique – par extension à celui d’une bonne partie de la France - celui de Patrick Whitefield est plus riche (9). Les autres ouvrages que j’ai pu consulter sur ce sujet concernent surtout l’Amérique du Nord.

Le jardin-forêt selon Hart comporte 7 étages ; sous les grands arbres qui forment la canopée se logent les arbres nains et arbustes, entourés des buissons, le sol est couvert par les plantes herbacées parmi lesquelles il distingue celles qui rampent, celles dont la partie consommée est souterraine, enfin une strate verticale est représentée par les plantes grimpantes (Fig. 1). Dans la compétition pour la lumière et les éléments minéraux, le rendement de chaque plante prise isolément est inférieur à ce qu’il serait dans un champ ou un verger conventionnel mais la productivité de l’ensemble est globalement supérieure pour une surface donnée. La diversité des systèmes racinaires minimise la compétition dans un volume donné de sol. Les plantes les plus hautes réduisent les besoins en eau des plus basses en créant un microclimat humide sous leurs branches (9). Si l’on ajoute le moindre apport de travail humain ou mécanique, la quasi-absence d’intrants, la protection de l’environnement et l’autonomie alimentaire locale, on a le tableau d’excellence écologique. Le concept est applicable aux petits jardins de banlieue, avec un seul arbre voire pas d’arbre du tout. Plusieurs auteurs après Hart insistent d’ailleurs sur l’intérêt d’introduire cette pratique en milieu urbain.

Perma et aqua-culture
La permaculture s’intéresse beaucoup à la gestion de l’eau, mais moins pour arroser ou irriguer que pour compléter et diversifier l’écosystème, ainsi que pour satisfaire les besoins humains. Un plan d’eau hébergera toute une faune qui va interagir avec la partie terrestre du domaine (voir plus haut le problème des limaces) et dans certains cas produire des poissons. Pour Sepp Holzer (10) la pisciculture est rentable, elle contribue aux échanges économiques avec l’extérieur mais dans ses étangs la diversité est maximale, avec des prédateurs (brochets) et des abris pour que leurs proies puissent leur échapper. L’aquaculture en serre a fait les beaux jours du New Alchemy Institute dans le Massachusetts pendant une vingtaine d’années. Même si cette expérience est terminée, elle est exemplaire d’une démarche d’expérimentateurs qui faisaient de la permaculture sans le savoir.

L’intégration de l’habitat humain
Les « arches » réalisées par les new alchemists ont été conçues autour de la pisciculture de poissons tropicaux en serre, les Tilapias. Ces poissons herbivores avaient l’avantage de ne pas risquer de perturber le milieu environnant, ils n’auraient pas échappé au froid du premier hiver. Les réservoirs de culture jouent le rôle de volant thermique pour stocker la chaleur. Des légumes profitent de la chaleur de la serre et de l’engrais fourni par les poissons. Dans l’arche construite par les new alchemists au Canada, l’habitat humain associé était prévu avec un poêle d’appoint au bois, qui a été abandonné après quelques hivers. Cette intégration entre production alimentaire, autonomie énergétique et habitat fonctionne de nos jours parfaitement pour des permaculteurs de l’arrière-pays niçois qui ont choisi l’aquaculture de la spiruline (12). Loin de l’image passéiste ou mystique qu’aiment à évoquer les détracteurs des écologistes, les permaculteurs expérimentent et intègrent chaque fois que possible les données scientifiques, ils réconcilient la modernité avec la nature.

Le corpus théorique
Ce mélange d’empirisme et d’innovation a été formalisé dans quelques principes pédagogiques, certains sont classiques de l’écologisme comme favoriser le maximum de biodiversité ou retourner au sol tout ce qu’on lui a pris (la paille de Fukuoka), d’autres sont plus originaux :
- l’importance de l’observation : avant d’agir, prendre le temps d’étudier l’écosystème en place, si pauvre soit-il, les vents, la pluviosité, la nature des sols, la flore et la faune spontanées, l’habitat humain existant, ses performances en été et en hiver…
- de cette observation en tirer un mode d’action que l’on pourrait qualifier de taoiste : aller dans le sens de l’existant, utiliser les forces en présence plutôt que de lutter contre elles. Un adage permaculteur dit : le problème est la solution,
- la planification au sens premier du terme (le design des anglo-saxons) : les ouvrages de permaculture sont truffés de plans dans lesquels émerge la notion de zones. Autour d’une habitation les zones qui nécessitent les visites les plus fréquentes sont les plus proches. On zone la végétation, les chemins, les rigoles, par rapport au vent, à l’eau, au relief.
- choisir chaque élément mis en place pour qu’il ait autant que possible plusieurs fonctions, que ce soit un mur, un réservoir d’eau, un arbre, une haie, le choix des animaux d’élevage, le résultat étant d’augmenter la résilience de l’écosystème. Réciproquement chaque fonction importante doit être assurée par plusieurs éléments.

Nourrir les villes ?
Les jardins-forêts sont adaptés à un habitat dispersé, voire pavillonnaire mais pas à nourrir les grandes villes verticales, à forte densité de population, qui regroupent maintenant près de la moitié de la population du globe. D’autres formes de permaculture restent à mettre en oeuvre pour répondre à leurs besoins, elles feront forcément appel à plus de main d’oeuvre que l’agriculture industrielle et feront partie de la transition agraire. On peut imaginer des sortes d’AMAP dans lesquelles les membres viendraient récolter chez les permaculteurs, la main d’oeuvre de récolte étant en permaculture la principale limite à l’établissement d’un circuit commercial classique. On peut y voir une des solutions d’avenir, comme l’énergie photovoltaïque ou éolienne, à développer le plus rapidement possible, face aux problèmes qui vont être posés par la raréfaction des ressources et en particulier du pétrole. Il est intéressant de noter que l’initiateur du mouvement des villes en transition, Rob Hopkins, était un formateur en permaculture (13).

Ghislain NICAISE

(1) Introduction to permaculture, B. Mollison 1991, Tagari Publications, Tasmania
(2) Permaculture One, B. Mollison & D. Holmgren, 1978, Tagari Publications, Tasmania.
(3) The one-straw revolution, M. Fukuoka, 1978, texte réédité avec une introduction de Frances M. Lappé en 2009, New York Review of Books, N.Y. L’association française de permaculture se nomme « Brin de paille » en hommage à Fukuoka.
(4) Ecologie et fascisme. Les trois racines de l’écologisme, G. Nicaise, 1991. Le Sauvage nouvelle série n°12.
(5) Topsoil loss and degradation – Causes, effects and implications : a global perspective, B. Sundquist 2007.
(6) A.F.P. 9 février 2009
(7) Le sol, la terre et les champs. Claude et Lydia Bourguignon. Editions Sang de la Terre, Paris, 2009.
(Cool Collapse. How societies choose to fail or succeed, J. Diamond 2005, Penguin, N.Y., paru
en français chez Gallimard sous le titre « Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie »
(9) How to make a forest garden, P. Whitefield 2002, Permanent Publications, East Meon, Hampshire.
(10) http://aupetitcolibri.free.fr/Permaculture/Permaculture.html
(11) Forest gardening. Cultivating an edible landscape, R. Hart 1996, Chelsea Green Publ. Co, White River Junction, Vermont.
(12) http://www.lapenne.fr/index.php?post/2008/06/23/La-ferme-du-Collet-un-lieu-dexperimentation-vers-la-simplicite-volontaire

Source : http://www.lesauvage.org/2010/09/permaculture/
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_en_transitio
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MessageSujet: permaculture présentée par l'association Brin de paille   Mer 19 Jan - 14:31

La permaculture

La permaculture est une méthode de conception permettant de créer des environnements répondant aux besoins des êtres humains, tout en respectant la nature.
La permaculture s’est dans un premier temps concentrée sur l’établissement de systèmes agricoles durables («agriculture permanente»), avant d’élargir son champ de vision à toute la société («culture permanente»), à travers ses systèmes agricoles, socio-culturels, industriels ou financiers.
La conception permaculturelle (design en anglais), basée sur l’observation et la reproduction des écosystèmes naturels, se fait par une approche systémique qui vise à interconnecter les éléments du système, grâce à des principes d’efficacité énergétique, pour créer des environnements durables, résilients et répondant aux besoins des êtres humains.
Le fondement de la permaculture est une philosophie dont l’éthique est le respect de la Terre, de l’Homme, et le partage équitable.

Origines et histoire

Dans les années 70, deux écologistes australiens, Bill Mollison et David Holmgren, se mirent à concevoir des idées qui pourraient être utilisées pour créer des systèmes agricoles stables, en réponse au développement rapide des techniques agricoles destructrices de l’après-guerre qui empoisonnaient les terres et les rivières, réduisaient la biodiversité et appauvrissaient la fertilité des sols.
Une approche de « design » dénommée « permaculture » en fut le résultat, et publiée dans Permaculture One, en 1978.

Suite à cela, les deux auteurs précisèrent le concept au fil de leurs expériences de pratique, d’enseignement et de publications. À partir du début des années 1980, le concept avait évolué, et d’un système de design de systèmes agricoles, il était passé à un processus de design beaucoup plus général de création de sociétés humaines durables.
La permaculture est désormais reconnue mondialement, grâce à de nombreux projets concrets, associations locales et nationales, que ce soit dans les pays occidentaux (notamment anglo-saxons) ou dans les pays du sud.
Pour aller plus loin : A short and incomplete history of permaculture (en anglais) : http://pacific-edge.info/a-short-and-incomplete-history-of-permaculture/

L’éthique

Au coeur de la pratique de la permaculture se trouve une éthique et un ensemble de valeurs fondamentales qui doivent gouverner l’action en permaculture, quelle que soit l’échelle d’application.
L’éthique de la permaculture peut se résumer ainsi :
· Respecter la Terre – Comprendre que la Terre est source de vie et l’homme en est donc dépendant. L’homme se doit de vivre en harmonie avec elle pour leur destinée commune.
· Respecter l’Homme – Comprendre la nature profonde de l’homme, dans son comportement individuel et collectif. Replacer l’humain au centre de toute les préoccupations et se poser sans cesse la question des conséquences humaines de chaque décision. Agir pour le bien de chaque être humain à commencer par soi.
· Partager équitablement et créer l’abondance– S’assurer que les ressources de la planète augmentent au lieu de diminuer et qu’elles soient partagées équitablement et consommées raisonnablement.
Le design
Le cœur de la permaculture est sa méthode de « design » de systèmes humains, qui est le reflet de son éthique et de sa vision systémique. Le terme anglais de « design » est intraduisible directement en français et signifie à la fois une conception, une création et l’aménagement d’un système.
Cette conception consciente et intentionnelle de systèmes intégrés cherche en particulier à reproduire le fonctionnement et les interactions complexes des écosystèmes naturels qui ont été observés, tout en satisfaisant aux besoins des êtres humains.
exemple de carte représentant un design sur : http://www.konsk.co.uk/planning/1991.htm

Les principes

Une des innovations de la permaculture est d’apprécier l’efficacité et la productivité des écosystèmes naturels, par une observation attentive, et d’en dériver des principes directeurs universels pouvant nous aider dans nos actions.
Ces principes varient en fonction des permaculteurs et évoluent avec la compréhension des mécanismes en œuvre dans la nature.
Ils constituent une base qui forme un mode de pensée, une vision et une compréhension du monde que l’on peut avoir à un moment donné et qui accompagne le processus de design tout au long de sa création.
Plus ces principes sont intégrés, plus ils deviennent automatiques et font partie du mode de pensée et d’action. Ils font ainsi partie de notre culture, en nous faisant évoluer vers une « culture » permanente.

Les principes de Bill Mollison

Dans « Introduction to Permaculture » (1991), Bill Mollison a présenté les principes de conception suivants:
· Emplacement relatif
Le design consiste à placer chaque élément d’un système de façon à ce qu’il soit connecté de manière optimale aux autres éléments, c’est à dire là où ses besoins seront comblés et ses productions utilisées.
· Chaque élément doit remplir plusieurs fonctions
Avec de l’imagination et un placement adéquat, chaque élément d’un système peut avoir une multitudes d’utilisation.Une mare peut servir de récupération et de stockage d’eau, à produire des poissons et des plantes, à stocker la chaleur, à réfléchir la lumière du soleil, à fournir une protection aux canards …
· Chaque fonction est assurée par plusieurs éléments
La redondance est un gage de stabilité du système. Par exemple un chauffage solaire sera doublé d’un chauffage d’appoint comme un poele de masse.
· Prévoir l’efficacité énergétique
Les énergies internes et externes au système doivent être étudiées et gérées efficacement. Par exemple un vent froid venant d’une direction sera stoppé par une haie judicieusement placée. Sur le terrain, on placera les éléments suivant l’attention qu’ils requièrent, comme par exemple un potager au plus près de la maison.
· Utilisation de ressources naturelles
Les ressources d’origine industrielle consomme de l’énergie pour leur élaboration ou transport, et peuvent poser des problèmes de pollution. Les ressources naturelles et locales augmente l’indépendance tout en diminuant la facture écologique et énergétique. On peut par exemple utiliser des animaux en place des tracteurs, du compost plutôt que des engrais chimique, et plus généralement le soleil à la place des énergies fossiles.
· Circulation d’énergie
La permaculture privilégie le « recyclage » de l’énergie, de l’eau et des nutriments sur le site, pour préserver sa fertilité. Durant chaque cycle, la récupération, le stockage et l’utilisation maximale sont encouragés. Par exemple l’eau sera récupérée en altitude pour pouvoir la conduire par gravitation et l’utiliser dans des endroits en aval.
· Effet de bordure
Les bordures sont des zones à privilégier, car elles bénéficient des apports des systèmes qui les composent, et possèdent des caractéristiques singulières supplémentaires.
· Utilisation et accélération des successions écologiques.
· Polyculture et diversité des espèces
Il existe aussi des principes d’attitude (des « mollisonismes ») :
· Travailler avec la nature plutôt que contre elle
· Faire le plus petit effort pour le plus grand changement
· Le problème est la solution

Les principes de David Holmgren

Dans « Permaculture : Principles and Pathways Beyond Sustainability » (2002), David Holmgren a développé un ensemble de principes légèrement différents et parfois complémentaires. Vous pouvez les retrouver dans ce document gratuit au téléchargement: L’Essence de la Permaculture.
· Appliquer l’autorégulation et accepter les rétroactions (feedback)
Il faut décourager les activités inappropriées pour s’assurer que le système continue de fonctionner correctement.
· Intercepter et stocker l’énergie
En développant des systèmes qui collectent les ressources quand elles sont abondantes et que nous pouvons utiliser à besoin.
· Utiliser et répondre de manière créative au changement
On peut avoir un impact positif sur des changements inévitables en observant avec attention et en intervenant au bon moment.
· Concevoir en passant des motifs généraux (structure) aux détails
En prenant du recul on peut observer les motifs dans la nature et la société et les reproduire. Ils peuvent alors devenir la colonne vertébrale de nos designs et les détails mis en place à mesure que nous progressons.
· Intégrer plutôt que séparer
En mettant les bons éléments aux bons endroits, des relations se développent entre ces éléments et ils travaillent ensemble pour s’entraider.
· Observer et interagir
En prenant le temps de s’engager avec la nature on peut concevoir des solutions qui correspondent a la situation.
· Obtenir un résultat
S’assurer que l’on reçoit réellement des récompenses utiles pour le travail qui est fait.
· Ne pas produire de déchets
En trouvant une valeur à chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n’est un déchet.
· Utiliser et valoriser la diversité
La diversité réduit la vulnérabilité à une variété de menaces et tourne à son avantage la nature unique de l’environnement dans lequel il réside.
· Utiliser et valoriser les ressources et les services
Faire la meilleure utilisation de l’abondance de la nature pour réduire notre comportement consommateur et notre dépendance vis-à-vis des ressources non renouvelables.
· Utiliser les bordures et valoriser le marginal
L’interface entre deux choses est l’endroit ou les événements les plus intéressants se produisent. Ce sont souvent les éléments qui ont le plus de valeur, et qui sont les plus divers et productifs.
· Utiliser des solutions petites et lentes
Les systèmes lents et petits sont plus faciles à maintenir que les gros, en faisant un meilleur usage des ressources locales et en produisant des résultats durables.
Ressources
Les ressources francophones sur la permaculture sont encore trop peu nombreuses, c’est pourquoi nous proposons également dans cette liste des ouvrages anglophones de référence.
Initiation à la permaculture
· Graine de permaculture, Patrick Whitefield. (à commander ici : http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=880 )
· L’Essence de la Permaculture – David Holmgrem (à télécharger ici : http://www.holmgren.com.au/DLFiles/PDFs/Essence_of_Pc_French.pdf )
· Permaculture 1, Bill Mollison et David Holmgren.
· Permaculture 2, Bill Mollison.
à télécharger : (Liens trouvés ici: http://colibris.ning.com/profiles/blogs/festival-de-permaculture-de )

Permaculture 1 : http://www.grezentransition.be/IMG/pdf/Permaculture-1.pdf
Permaculture 2 : http://www.grezentransition.be/IMG/pdf/Permaculture-2.pdf

· La permaculture : la conception, construction et entretien de communautés durables. Collectif sous la direction de Steve Read.
· La permaculture (DVD – 31min), Sepp Holzer. (à commander ici : http://aupetitcolibri.free.fr/Permaculture/Permaculture.html#commander )
En anglais :
· Introduction to Permaculture, Bill Mollison et Reny M. Slay.
Ouvrages encyclopédiques
En anglais:
· Permaculture : A Designers’ Manual, Bill Mollison.
· The Earth Care Manual, Patrick Whitefield
Liens web
· Définition d’Ekopedia http://fr.ekopedia.org/Permaculture - Ékopédia est une encyclopédie en ligne gratuite, écrite coopérativement (de type wiki) et dont le contenu est librement réutilisable (Creative Commons). Ékopédia a pour objectif de fournir des connaissances pratiques, applicables ici et maintenant, pour qu’ensemble, nous puissions devenir plus autonomes et forger les bases nécessaires pour construire un monde meilleur.


Source : http://asso.permaculture.fr/
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MessageSujet: Permaculture : un témoignage de mise en pratique   Mer 19 Jan - 14:45

La ferme du collet : expérience permaculturelle

jeudi 8 février 2007, par Bertrand Ollivier - La Ferme du Collet
Sommaire

* La Permaculture
* Un état d’esprit
* La création d’une culture holiste
* Permaculture humaine et sociale
* L’apport essentiel de la permaculture

Le terme permaculture correspond souvent à un concept très large, vague et imprécis. Il nous parait intéressant d’exprimer à quoi cela correspond pour nous quand on l’emploie, à travers l’expérience que nous en faisons.

Nous avons d’abord fait connaissance avec la permaculture avec Emilia Hazelip et la méthode d’agriculture synergétique, puis les livres de Mollison et Fukuoka et ensuite par des rencontres avec des lieux et autres expériences faisant référence à la permaculture.

A la ferme du collet, où le projet peut être résumé à : un lieu de recherche et expérimentation en écologie appliquée, nous faisons aussi référence à cette notion de plusieurs manières.


La Permaculture

C’est d’une part un mot clé qui rappelle un état d’esprit, d’autre part il nous permet de résumer une liste de techniques précises notamment agricoles ( non labour, buttes, mulchage, cultures associées, zonage, plurifonctionnalités, minimiser les intrants..).On se sert de ce terme aussi comme référence à une source d’inspiration à travers les écrits connus dans ce domaine, celle-ci participe aux principes fondateurs de notre projet collectif ; enfin et surtout en référence à une culture sociale que l’on réinvente et se ré approprie dans un sens plus large.

Mais innover, réinventer, et faire des expériences techniques et culturelles conduit parfois à des erreurs de choix ou des malfaçons, ainsi qu’à des changements de cap liés à l’adaptabilité laquelle est ici un moyen mais aussi une fin. Cela peut laisser une impression de chaos ou de manque de planification au visiteur critique.

Un état d’esprit :

Les choix sont faits en ayant toujours conscience de l’impact sur l’environnement, à plusieurs niveaux : immédiat comme le cadre de vie visuel, le voisinage, la biorégion et bien sûr la planète.

Les processus vivants, biologiques sont favorisés par rapport aux processus techniques, technologiques, puis ce sont les basses technicitées qui sont privilégiées mais toujours dans le sens de l’autonomisation.

Exemples :
la clôture végétale par rapport à une clôture métallique ou même en bois, les animaux auto nourris plutôt que nourris, le thermosiphon plutôt que la pompe, un ombrage de plantes vivantes et tant qu’à faire nourrissantes, les activités de production d’autosuffisance en vendant les surplus plutôt que la spécialisation.

La récupération, le recyclage, la réutilisation sont toujours des solutions favorisées.

Les expériences traditionnelles peuvent être de grand secours quand on se retrouve désarmés ou incapables de faire un choix ; par principe de précaution car elles ont souvent fait preuve de pérennité.

Les choix ayant plusieurs rôles couvrent plusieurs besoins et s’expliquent par plusieurs raisons( on dit trois habituellement dans les documents sur la permaculture).

Source d’inspiration :

C’est en priorité dans les expériences connues ou les documents sur la permaculture que nous recherchons des informations ou techniques lorsque la connaissance nous manque pour un nouveau projet.

La création d’une culture holiste

Mais c’est aussi, pour nous, la cocréation de nouvelles bases culturelles d’ une société de la permanence (ou plutôt de la durabilité écologique), d’une manière intentionnelle, où tous les domaines de la vie sont liés et interdépendants, sans compartimenter, c’est à dire une vision holistique de la vie.

En ce sens il s’agit d’une planification écologique de sa vie en tant qu’ individu, de la communauté à laquelle on appartient, du terroir qu’on habite physiquement, de l’environnement socio-économique où l’on se situe. Le tout explique les parties comme dans les processus vivants.

Les choix dans divers domaines sont intégrés, symbiotiques pour certains, ont un sens entre eux et s’expliquent par une cohérence écologique.

Quelque soit le domaine d’application que l’on observe, les choix qui en découlent en aval ou ceux en amont peuvent être vus aussi bien comme une cause que comme une conséquence.

Comme un puzzle ou chaque pièce a sa place mais où ce sont aussi les autres pièces (ou le reliquat de place) qui déterminent la forme de la pièce.


Par exemple : l’alimentation
Des choix alimentaires différents peuvent expliquer les choix de mode de vie, comme le besoin de produire soi-même sa nourriture pour être sûr de la qualité, dans un environnement isolé exempt de pollution.

L’autosuffisance alimentaire peut d’ailleurs aussi s’expliquer par nécessité économique.

Mais le mode de vie plus isolé avec peu de technologie, peu d’énergie explique, elle aussi, l’orientation vers un régime alimentaire particulier qui devientalors une nécessité.

Autre exemple qui est lié : la vie professionnelle

Le choix de sortir d’un système de vie professionnalisé, compartimenté, ne permettant pas d’avoir de temps pour soi ou pour d’autres activités, induisant des cercles vicieux de servitudes et d’hétéronomie peut expliquer nos modes de vie. Mais dans un second temps une fois l’alternative mise en place le retour à une professionnalisation devient impossible comme dans le cas de l’alimentation, car le peu de moyens énergétiques, technologiques, une certaine marginalisation culturelle, empêchent un mode vie professionnalisé.

Aussi : l’éducation des enfants

L’éducation des enfants dans leur milieu, c’est à dire proches ou intégrés au lieu d’activité des parents où d’autres adultes sont présents, et non pas compartimentés dans un monde scolaire, classés par âge où des notions scolaires sont parachutées et arrivent comme un cheveu dans la soupe ; est aussi bien un choix pour les raisons citées qu’une nécessité due à leur alimentation (« particulière » parmi des alimentés « artificiellement ») ainsi qu’à notre souhait d’éviter les longs trajets de montagne prenant du temps et de l’énergie (physique et pétrolière).

Permaculture humaine et sociale

Cette culture appliquée à une communauté d’êtres humains nécessite aussi d’arrêter de déléguer les affaires publiques en prenant en charge et en assumant la responsabilité d’espaces communaux recréés par le projet collectif.

Ainsi se ré approprier la corresponsabilité d’affaires communales c’est rendre locales des affaires publiques qui ont été soit déléguées à un pouvoir d’état centralisé, géographiquement éloigné de la zone concernée soit volé par des autorités. C’est assumer son rôle politique localement dans sa société humaine.

Choisir de se regrouper en communautés humaines intentionnelles avec une culture préexistante ou à construire, homogène, avec des protocoles de fonctionnement collectifs et des règles d’usages prévues ; c’est planifier la ré appropriation de la sphère politique ; outre un accès au foncier plus facile du fait d’un budget global plus important, ce qui rabaisse notablement le prix à l’hectare pour chacun.

La ferme du collet est structurée juridiquement en SCI qui est propriétaire des terres et du bâti. Les habitants, ainsi associés juridiquement, sont tous corresponsables du foncier avec des pouvoirs de décision égaux et des investissements financiers égaux. Les décisions à l’unanimité obligent chacun à tenir compte de son voisin et personne ne peut se voir imposé quoi que ce soit. Un nouvel arrivant, c est à dire un nouveau voisin pour certains ne peut être que coopté par les habitants.

Les chemins, micro-sphère publique, entre deux maisons sont forcément gérés par la SCI donc par tous, on ne peut se décharger de ses responsabilités de gestion habituellement délégués aux Directions de l équipement par exemple. On réduit ainsi l’intervention d’institutions supposées démocratiques mais en réalité souvent étrangères et peu transparentes. Aussi, personne n’est propriétaire directement de la terre ce qui limite le jeu de la spéculation foncière, désastre pour la pérennité de nos sociétés et pour la nature.

Cet aspect illustre jusque dans quels domaines socio-économiques peut se construire une permaculture selon nous et à quel point sont imbriqués les domaines de réflexions pour organiser un mode de vie qui nécessite une planification globale.

Du côté des toilettes sèches

Enfin, les toilettes sèches n’ont rien d’extraordinaire en apparence pour les anciens qui ont toujours connu la cabane au fond du jardin. La différence majeure est dans l’intentionnalité, dans le fait que c’est un choix conscient et non hérité, outre quelques progrès techniques.

Dans la cabane au fond du jardin, le compostage parfois ne se faisait pas correctement par manque d’apport de carbone et n’avait pas forcément comme but de récupérer du compost, mais plutôt d’éloigner les déchets de la maison (même si la « force des choses » fait qu’on finit par devoir vider le toilette quand il est plein par exemple en étalant sur la terre cette matière transformée en terreau, le cycle étant alors réalisé mais par défaut).

De plus, ce qui peut sembler comme des détails : l’accès facile au compartiment des matières et, éventuellement, le double compartiment pour laisser composter in situ et manipuler uniquement du compost fini pendant que l’autre se remplit, sont autant de preuves de l’existence d’une planification intentionnelle dans un but précis, dans le cas des toilettes sèches il s’agit du cycle des nutriments , faisant partie mais aussi nécessaire à un tout.

Avant l’installation des réseaux d’eau potable et l’utilisation des toilettes à chasse, la cabane était utilisée souvent par défaut et pas spécialement pour ne pas gâcher de l’eau propre.
L’apport essentiel de la permaculture

Cela montre que des procédés peuvent sembler similaires en apparence : qu’« on réinvente le fil à couper le beurre » et on peut se demander qu’apporte la permaculture ?


L’innovation majeure selon nous réside dans l’intentionnalité mentale.

Cela ne veut pas dire que cette intentionnalité soit plus evoluée que la spontanéité d’autrefois, elle est semble-t-il simplement nécessaire pour effectuer un renversement des tendances culturelles en ces temps de société postmoderne, pour revenir à l’homéostasie présente dans les cultures vernaculaires et modes de vie précivilisationnels.
P.-S.

par Bertrand Ollivier et Katia Huot
Photos par Jean Luc Girard - Passerelle Eco

Source : http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=577
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MessageSujet: La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société   Mer 19 Jan - 15:07

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

Stimulée par une recherche contemporaine de relations environnementales et collectives plus harmonieuses, l’ambition d’une agriculture intégrée à des cycles écologiques durables rencontre un souhait citoyen de réinvestir la ville. Les expériences présentes de permaculture et leurs développements dans le mouvement des villes en transition tendent vers ces objectifs. Cet article, prolongeant les potentialités d’aménagement de l’agriculture urbaine au travers de la permaculture se propose de décrire les possibilités de mise en œuvre de production de « cultures alternatives » dans leurs sens le plus large. Pour cela, nous essayerons d’abord de définir la permaculture à partir d’elle-même. Puis, nous chercherons sa spécificité dans ses contrastes avec les disciplines qui travaillent l’agriculture urbaine : l’agriculture et l’urbanisme.Ensuite, nous envisagerons la permaculture, non plus comme seule méthode d’agriculture dans la ville, mais comme une méthode de conception de l’urbain. Enfin, la dernière partie exposera la possibilité de création d’une autre façon de vivre la ville et la mise en place d’une nouvelle urbanité qui pourrait être aussi un nouveau paradigme civilisationnel.

La permaculture : une définition en mouvement.

2Afin d’éviter que la permaculture ne soit réduite à une simple modalité de l’agriculture urbaine, il nous faut d’abord essayer de définir ce qu’elle est et quel est son objet. Toutefois, fixer le concept de permaculture n’est pas forcément possible car sa définition est mouvante, elle varie selon les auteurs et évolue avec le temps. Du mot, on peut dire qu’il a été formé dans les années soixante-dix, par Mollison et Holmgren à partir de deux termes anglais : « permanent » et « agriculture ». Les créateurs du concept définissent en premier lieu la permaculture comme « (…) un système évolutif intégré, d’auto-perpétuation d’espèces végétales et animales utiles à l’homme. C’est, dans son essence, un écosystème agricole complet, façonné sur des exemples existants, mais plus simples » (1986 :15). Cependant au lieu de rester classiquement dans le domaine agricole comme pourrait le faire l’agriculture biologique, le premier et unique livre en commun des deux co-inventeurs du terme permaculture, lui donne tout de suite un champ d’action plus large : « Nous n’avons pas voulu établir un schéma fixe et dogmatique mais un modèle qui intègre plusieurs principes appartenant à de nombreuses disciplines –l’écologie, la conservation de l’énergie, l’aménagement du paysage, la rénovation urbaine, l’architecture, l’agriculture (sous tous ses aspects) et les théories de localisation en géographie. » (1986 :16). De même, bien que l’élaboration du concept de permaculture et son étude, soit d’abord destinés à une population ayant « (…) acheté de la terre, en Tasmanie, et dans d’autres régions de l’Australie(…) » (1986 :16) dans un but d’autosuffisance, le système s’ouvre dès l’origine vers « une tentative d’améliorer les pratiques agricoles existantes, tant celles de l’agriculture commerciale occidentale que celles des cultures vivrières et villageoises du tiers-monde. » (1986 :15).

3Plus largement que la simple production d’aliments sains à des fins d’autonomie alimentaire individuelle, la permaculture a tout de suite la prétention d’être un outil de prospérité durable pour la société : « Nous avons pris en compte les problèmes posés par le chômage et la retraite anticipée, les névroses urbaines, et le sentiment d’impuissance et d’absence de but ressentis par beaucoup dans le monde contemporain(…) les sociétés ont besoin d’idéaux partagés et de buts à long terme, et notre étude peut être une contribution parmi d’autres pour se diriger vers de tels objectifs (…) » (1986 :16).

4Enfin, la permaculture est à ses débuts, autant un travail de synthèse multidimensionnel de différents domaines s’élaborant à partir de démarches écologiques, qu’une démarche ouverte pour d’autres applications. « Ce n’est pas une synthèse parfaite, ni même suffisante, mais un commencement. Les personnes de tous âges s’adonnant aux occupations les plus diverses trouveront le moyen d’adapter cette idée à leur vie et leur environnement, et, ce faisant, seront à même de voir au-delà des utilisations et des fins immédiates. » (1986 :16).

5Sur ces bases premières, le concept de permaculture va évoluer et continue d’évoluer. Car bien que n’étant pas explicité tout de suite dans la définition que les auteurs en donnent, ce qui est singulier dans la permaculture, c’est autant son mode de travail de la terre que son mode de constitution interne. La permaculture n’est pas une technique d’agriculture ou une technique d’urbanisme, elle est un processus local à visée globale, toujours en mouvement.

* 1 Le « feed-back » qu’elle instaure comme un principe de base.

6Aussi, si l’évolution de la permaculture sur ces trente dernières années semble parfois non linéaire, elle le doit autant à ses modes de fonctionnement qu’à l’intention qu’elle porte. D’abord, en, jugeant sa réussite sur sa récolte intellectuelle et matérielle la permaculture s’intéresse moins à l’analyse fragmentée et détaillée de chaque objet qu’au résultat de l’action des flux qu’elle traite. Ensuite, ce mode d’évolution qui se construit en construisant est aussi lié à son intention de stimuler un écosystème viable pour l’être humain c’est-à-dire qu’elle travaille le vivant donc le mouvant. En conséquence, les auteurs appliquent explicitement d’une part et moins explicitement de l’autre, la récursivité enrichissante1, dans la pratique de la permaculture autant que dans son élaboration interne. En s’inscrivant d’emblée dans un mouvement de création de liens en réajustement constants nécessaires aux cycles écologiques pour perdurer, la permaculture est donc plutôt un cheminement sans arrêt reparcouru, qu’une théorie figée. Le résultat le plus exemplaire de cette approche est l’intégration a posteriori du fait que la constitution d’un écosystème à destination de l’homme, fût-il d’abord agricole, ne peut pas faire l’économie des liens que tout écosystème entretient avec les autres activités et difficultés humaines. Ainsi le nom du concept d’origine, lui-même, vient à changer de signification. Permaculture n’est plus seulement la contraction de « permanent agriculture » mais devient celle de « permanent culture » (Holmgren 2002 :xix).

* 2 La permaculture cherche à mettre en relation des zones de vie homogènes (bio-topos) dans un but d’é (...)

7Dans cette appréhension généralisante, l’urbain est immédiatement un des terrains envisagés pour le développement d’une agriculture permanente. Selon Mollison et Holmgren : « C’est dans les banlieues que le potentiel permacultural demeure encore une alternative viable, à condition que des plantes directement utiles à l’homme soient exploitées. » (1986 :111).Bien que la permaculture vise moins l’aménagement de l’espace à grande échelle que le ménagement et la possibilité de résilience de biotopes2 locaux, son projet à portée globale l’amène dès 1978, à questionner des problématiques, qui du fait de l’immigration massive et en accélération de la population mondiale de la campagne vers la ville sont d’une actualité pressante :« Peu de réflexion, et encore moins de planification ont visé à rendre la dichotomie campagne ville plus rationnelle, avec la production alimentaire à l’intérieur de la cité, une production de fibre, de carburant, d’hydrate de carbone et de protéines dans les zones rurales proches, et un échange de services, d’assistances et de compétences (1986 :111).Se détournant d’une culture ornementale caractérisant « le style ostentatoire des nouveaux riches », la ville est, selon les auteurs, un terrain à réinvestir d’une manière productive pour le corps et l’esprit afin de faire face collectivement aux problèmes actuels et futurs.

« Toutes les cités ont des terrains libres, non utilisés ; les bords des voies, les coins de rue, les pelouses, les terrains devant et derrière les maisons, les vérandas, les toits en bétons, les balcons, les murs de verre et les fenêtres faisant face au sud. (…) Or les villes pourraient, à peu de frais subvenir à une grande partie de leurs besoins alimentaires ; et, pour ce faire, utiliser une grande quantité de leurs propres déchets comme mulch et compost. Mais peut-être le résultat le plus précieux que pourrait obtenir une cité adonnée à la permaculture serait-il la paix de l’esprit. Une paranoïa se répand partout dans les cités, et elle est le produit du manque d’initiative dans les difficultés présentes et les incertitudes du lendemain. » (1986 :114).

8Comme on le voit dans cette tentative de définition ,le mode de pensée et le mode d’élaboration de la permaculture ont non seulement le rapport ville-campagne comme champ d’application, mais abordant les rapports de production, la permaculture se propose aussi comme un certain mode d’aménagement de la société. En cela, dans le contexte de l’agriculture urbaine, après avoir marqué sa différence avec l’agriculture classique dans sa réouverture aux biotopes locaux, la permaculture doit être aussi saisie en regard de la discipline que forme l’urbanisme.
Permaculture versus urbanisme.

9Les formes d’élaboration des deux modes d’aménagement que sont l’urbanisme et la permaculture sont bien éloignées. D’abord, parce que leurs contextes d’apparition sont différents. Ensuite, parce que, bien que se donnant tous les deux au service de l’homme, la permaculture traite du vivant directement alors que l’urbanisme traite plutôt d’une certaine matérialité inerte. Enfin et surtout, parce que comme modalité d’action et comme projet, elles divergent dans leur appréhension du monde. En effet, là où l’urbanisme naît de la rationalisation matérielle, sociale et législative d’un nouveau mode de la cité engendrée par la révolution industrielle3, la permaculture naît d’une crise de ce système industriel, épuisant toujours plus les ressources, polluant toujours plus, et créant toujours plus de ségrégation sociale. Dans le même temps, les fondements épistémologiques qui ont vu l’urbanisme s’affirmer comme discipline s’effritent. La confiance en une pensée scientifique positiviste du début du siècle dans laquelle l’urbanisme s’est formé a largement disparu, et le paradigme d’une science réductionniste classique butant à saisir une certaine complexité (Lefebvre 2009 :20 [1967]) tend à se réouvrir à des démarches s’attachant plus aux systèmes qu’à des objets distincts. Plus encore, l’objet pour lequel l’outil urbanistique a été créé, la ville contemporaine basée sur l’énergie thermodynamique (Blanquart 1997 :118), est, lui-même, chancelant au regard de l’épuisement des ressources fossiles qui l’ont fondé.

* 3 « Lorsque les problèmes d’ensemble ont émérgé, sous le nom d’urbanisme, on les a subordonnés à l’or (...)

* 4 « I remember the Club of Rome report in 1967 which said that the deterioration of the environment (...)

10Venant d’un tout autre horizon, le concept de permaculture apparaît dans la deuxième moitié des années soixante à partir d’un des derniers grands territoires colonisé par l’occident, l’Australie, et même au bout de ce dernier nouveau monde, la Tasmanie. À ce moment l’émergence de l’écologie comme science, mais aussi comme prise de conscience de notre impact sur les processus du vivant, rencontre la première crise pétrolière et l’aspiration à construire un monde différent. Dans un saisissement de la destruction programmée de notre humanité4, la situation excentrée de cette terre moins chargée matériellement et psychologiquement de l’histoire récente de la culture occidentale, de même que l’esprit pionnier qui y persiste, ne sont sans doute pas étrangers à la mise en action pratique et immédiate de solutions alternatives. En effet, bien que l’insoutenabilité d’une croissance infinie dans un monde fini comme modèle de civilisation ait été établie en Europe et aux États-Unis il y a quarante ans par le Club de Rome et le rapport Meadows and al. (1972), on ne peut que constater le déficit de vision organisée et active ayant émergé, depuis, sur ces continents. Peut-être fallait-il, pour s’ouvrir à un avenir différent, être capable de mettre à distance un certain héritage, comme l’a fait la permaculture, en s’éloignant du paradigme techno-industriel. Mais aussi, il faut bien le dire, en recouvrement d’une culture indigène dont les 40 000 ans de permanence précoloniale semblent être considérés comme globalement révolus puisque, dans un premier mouvement, la permaculture s’étend physiquement et intellectuellement sur l’ancien monde indigène.

* 5 « It actually goes back to 1959. I was in the Tasmanian rain forest studying the interaction betwe (...)
* 6 Pour Mollison, ils sont au nombre de 18, dont : 1-Work with nature rather than against. 2-The prob (...)

11Alors que la permaculture cherche plutôt à s’ouvrir à tous ceux qui entreprennent de la pratiquer, l’urbanisme, du fait d’un certain échec du citoyen à participer à l’aménagement urbain, est plutôt pratiqué par des spécialistes élus ou attitrés. Pour la permaculture, l’expérimentation pratique d’accompagnement du vivant précède le théorique et l’idéel5. En cela c’est un mode de conception bien éloigné d’un certain urbanisme qui théorise la vie, fragmente et zone. La permaculture ne fonctionne pas à partir de préceptes ou d’objets techniques, mais renoue avec la culture traditionnelle des « principes ». Toute la force des « principes » comme figures d’enseignement et de recherche réside dans le fait qu’ils se trouvent à mi-chemin entre le simple conseil d’aménagement et la connaissance scientifique restreinte à un tout petit fragment du réel. Ces « principes » permaculturaux, qui se sont formalisés différemment selon les pratiques séparées des deux auteurs d’origine6, sont conçus comme assez souples pour être, travaillés intellectuellement ou pratiquement, et adaptés aux lieux et circonstances, sans être du domaine du procédé technique. Ainsi, loin de méditations spécialisées et confisquées à tout un chacun par une certaine technicisation conduite par l’idéologie de l’urbanisme, la permaculture se fonde dans l’action et le partage à partir d’une expérience de la pratique.

* 7 Par exemple Blanquart (1997 :123) relate à propos du Paris du 19 ème siècle : « Bref, la guerre de (...)

12Enfin, la permaculture, par sa revitalisation de l’initiative individuelle et par la possibilité d’autosuffisance partielle ou totale qu’elle ambitionne, participe de l’autonomie au sein de l’urbain, là où l’urbanisme contemporain concourt à un certain assujettissement à l’organisation spatiale qu’il produit. Car, même, si, depuis l’origine de l’urbanisme, certains engagements militants souhaitaient changer la forme de la ville pour changer la relation sociale, l’urbanisme, structurant une ville thermodynamique s’est au final plutôt voué à une certaine techno-spatialisation capitaliste7).

* 8 « It’s a quiet revolution » (Mollison :2005).

13On peut conclure ici que du fait de sa nature évolutive la permaculture est difficile à définir définitivement en propre. Cependant, mise en relation avec les modes d’aménagement de l’écoumène contemporain que sont l’urbanisme et l’agriculture, il apparaît qu’elle possède des caractéristiques liées à son but, à son développement interne et à son contexte, qui font d’elle autre chose qu’un nouveau mode de perpétuation du système en place. En effet, l’ouverture originelle de la permaculture sur l’écosystème dans lequel elle s’implante, engage, non pas à un questionnement de son adaptation à des pratiques et théories urbaines, mais plutôt, au regard de ses aspirations et de son exercice, à la remise en question des modalités passées de la Ville. Après Fukuoka, un des grands inspirateurs des auteurs originaux de la permaculture, qui titrait « La révolution d’un seul brin de paille » en 1975 (2005), Mollison annonce clairement la permaculture comme une révolution silencieuse8.
La permaculture et la culture de la ville.

14La permaculture se présentant comme un projet de changement de la relation à l’urbain existant par rapport à l’écosystème, il est important de cerner la pertinence éventuelle de la permaculture non plus comme méthode seule de recherche de plus grande cohérence sociale et écologique dans les milieux où elle s’implante, mais comme une méthode à part entière de « design » local à destination du global. Il y a donc à approfondir sa détermination relativement à l’agriculture et à l’urbanisme puis à examiner les modes de conception et de pratique de la résilience qu’elle recherche.

15D’abord, il nous faut revenir à la représentation classique de l’agriculture urbaine pour pouvoir comprendre que la permaculture urbaine relève d’une autre approche, de l’urbanisme dans son objet, de l’agriculture dans sa pratique, mais aussi, de l’agriculture urbaine dans son concept. En effet, l’« agriculture » n’est peut-être pas ici le terme le plus approprié pour rendre étymologiquement, mentalement, et procéduralement la façon dont la permaculture peut concevoir de cultiver la ville.

16Avant tout il nous faut noter, comme le rappelle son parcours dans la langue, que l’« agriculture », est la culture d’un ager. C’est-à-dire la culture d’un « champ » puis un « domaine, territoire » qui s’oppose à urbs « ville » (Rey, 2000). Cette représentation d’une juxtaposition fonctionnelle entre champs et villes présente au sein du langage avec lequel nous construisons le monde, tout en mettant, par ailleurs, en relief l’aspect antithétique d’« agriculture urbaine », n’est pas pertinente au sein du processus écosystémique de la permaculture. Plus fondamentalement, il nous faut aussi quitter abandonner l’idée de spatialité présente dans le grec agros, racine de ager qui correspond à l’idée d’un espace cultivé spécialisé différent de l’espace de l’habitat. Ainsi dégagés de ces concepts agissant en profondeur au sein d’un vocabulaire qui conduit notre représentation du monde, il nous est alors plus évident de se libérer, certes de l’image de la ville classique entourée de champs, mais surtout de s’éloigner de la vision néomoderne d’un morcellement d’étendues labourées métastasées par un bâti en progression.

17Ce que nous enseignent les sources systémiques sur lesquelles est basée la permaculture, c’est qu’il nous faut repenser cette fragmentation en terme de lien. Le processus permaculturel, replaçant l’homme au sein de l’écosystème, s’emploie à réintroduire le cycle écologique dans l’urbain. C’est-à-dire, à gommer partiellement la dichotomie urbs-ager que nous avons héritée de notre fond culturel gréco-romain. Il s’agit ici, d’abord d’arrêter de dépenser de l’énergie dans des constructions nouvelles consommant toujours plus de ressources spatiales et matérielles, pour réintroduire du vivant et du viable dans l’existant. Ce que permet la permaculture, c’est de réimplanter tout de suite, visiblement et pratiquement, ce lien vivant entre l’homme et la nature. La permaculture imagine ainsi réinvestir chaque espace de la rue par des arbres fruitiers, chaque parterre par des buissons à baies gourmandes, chaque façade par des vignes, et même à réutiliser chaque poubelle comme composteur, afin de produire dans un rayon immédiatement disponible le cycle nécessaire à la vie communautaire. Plus profondément qu’un simple changement spatial ou fonctionnel, il s’agit de se représenter, de pratiquer et donc de repenser le monde à partir du lien et du système, là où, la séparation, l’enclos du champ, le morcellement de la terre en parcelle par l’agriculture, nous avait amenés à organiser l’espace (Serres, 2005), puis le monde sur l’ordre du fractionnement. Ainsi l’aménagement urbain doit se saisir au niveau épistémologique d’une dynamique des liens vivants, là où l’hypothèse réductionniste nous a conduits à la production d’éléments d’études distincts si petits et si nombreux qu’aucun esprit humain ne peut en faire la synthèse, replongeant ainsi le monde dans un chaos que ce système avait tenté d’organiser (Holmgren, 2002 :xv).

18Alors que les villes sont, dans leur essence et dans leur forme, liées à l’extériorisation hors de leurs murs de la puissance de la nature dont elle se nourrissent, depuis l’agriculture mésopotamienne, jusqu’au puisement des ressources carbonées en passant par la main-d’œuvre prolétarienne, la permaculture dans sa formation est un moyen de réintroduire la cité dans un cycle écologique.

19Comme nous l’avons montré, les principes que la permaculture énonce sont à la fois de nature mouvante et diverse, et imaginer la cité dans l’ordre de la permaculture à partir de ces « principes » pourrait conduire à un certain trouble, en même temps qu’à un certain rétrécissement philosophique. Il semble ainsi plus productif et plus ouvert de travailler aux sources des modes qui ont contribué à l’élaboration du concept de permaculture, plutôt que sur les protocoles qu’elle formule dans un mouvement second.

* 9 « Permaculture (permanent agriculture) is the conscious design and maintenance of agriculturally p (...)
* 10 « The permaculture tree presented the concept as analogous to the germinating tree seed, giving ri (...)

20Mollison décrit , la permaculture est comme le résultat d’un « design »9. Et, du fait de la nature ambivalente de la permaculture comme projet et pratique, ce « design » est certes le mode applicatif de la permaculture mais participe aussi de son propre mode d’élaboration théorique interne10. Ce design , comme fondement du concept de la permaculture, est issu du mot français dessein reprenant le designo italien qui signifiait, à la fois, dessin et but (Rey, 2000). Cependant, le design de la permaculture ne s’arrête pas simplement au dessin, il se prolonge dans la mise en œuvre sur le terrain, en ajustant sa pratique « l’agriculture permanente » à son but « la « permanence de l’agriculture ». Ce design en action qui en retour donne, par un résultat concret et essentiel, sa substance à la permaculture et au permaculteur pour exister, rejoint une certaine philosophie de l’action qui tenait le vrai par le fait (Vico, 1993 :77 [1710]). Ce mode de réflexion en action, se considérant comme partie d’un système en constant réajustement, diffère d’un mode classique de développement de l’urbain où, toujours porteur de l’imaginaire de la neutralité de l’opérateur scientifique, on se conçoit dans une extériorité contredisant les lois de l’écologie, comme « […] maîtres et possesseurs de la nature. » (Descartes, 2000 :99 [1637]).

21À l’aube d’une crise de la ville thermodynamique, où la disparition de l’énergie fossile dans les airs parachèvera l’emballement climatique à venir, il est peut-être moins temps de remettre en cause les théories courant sur cette ville, et ici l’urbanisme comme idéologie, que de cultiver dans leurs interstices, comme le propose la permaculture. Cependant, au regard de notre sujet, il y a, après avoir constaté l’échec global de la ville industrielle qui a fondé l’urbanisme, à montrer aussi que, malgré une prétention à changer nos modes d’organisation matériels vers une plus grande pérennité, si nous ne changeons pas nos modes d’organisation mentale emprunts de notre fond culturel ancien, nous aurons tendance à penser selon les mêmes principes pour arriver aux mêmes impasses. Par exemple, comme type d’analyse externe assemblant mal des connaissances éparses, on peut s’attarder sur la théorie de la densification du logement comme facteur de l’oxymore qu’est le développement durable (Méheust, 2009).

* 11 Du « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là ; ayez autorité sur les (...)

22La nécessité d’un logement dense, telle qu’elle est présentée, part du postulat que l’agriculture ne doit pas perdre d’espace, que le transport qui découle de l’étalement urbain est source de dégradation de l’environnement mais qu’il est tout de même nécessaire de construire toujours plus du fait du dogme de la croissance généralisée11. La seule densification de l’activité de « logement » est une densification ségréguée car elle externalise les autres fonctions nécessaires à la vie sociale et biologique. En effet, la production de tout autre bien, à commencer par la nourriture, est déplacée parfois jusqu’à l’autre bout du monde, les matériaux de construction de ces logements sont eux-mêmes exogènes et les espaces d’épanouissement du corps, de l’esprit ou du lien social étant pensés comme une activité différente du « loger » sont conçus dans la différenciation.

23Cette doctrine de la densité du logement est un trompe l’œil qui repose sur le présupposé de la perpétuation, d’une part d’une agriculture industrielle intensive ayant totalement asséché la terre de toute vie pour cultiver sur un substrat issu de l’industrie pétrochimique, et d’autre part sur la perpétuation de l’industrie du transport tout autant dépendante de l’énergie fossile.

24Ce qu’il faut ambitionner, bien entendu, c’est l’intensité du lien écologique et social à partir de l’existant. Ainsi, à l’inverse d’un type ségrégatif de densification qui prive de toutes ressources biologiques et sociales immédiatement accessibles, ce que nous dit la permaculture, c’est que la conception de l’habitat devrait comprendre, non le simple fait de se loger, mais aussi la possibilité de se nourrir dans un certain « bon vivre » socialement partagé : c’est à dire la possibilité d’ « habiter ».

25Ainsi, bien que par ailleurs l’alibi de l’agriculture urbaine et le concept de ville-campagne soit parfois un autre moyen de continuer à développer une agriculture enserrée dans un urbanisme proliférant, la réponse de densification du « logement » proposé comme alternative ne semble pas plus pertinente.

* 12 Pour s’en persuader on pourra par exemple observer aux beaux jours l’embouteillage hebdomadaire à (...)
* 13 À ce sujet, il est possible de retrouver l’analyse de Debord notamment sur le fait que « L'économi (...)

26De plus, il y a deux façons de vivre la densification. Il y a la densification choisie et la densification prescrite. Le choix de vivre dans des quartiers denses se fait rarement sur des principes écologiques, et plus couramment parce que l’on a les moyens culturels et financiers d’échapper à cette densité lorsque le goût de la ville est satisfait12. Mais, il y a aussi une densification subie qui s’apparente à un enfermement, quand en plus d’être aliéné spatialement, on est aliéné mentalement et économiquement à la loi de la consommation13. Cette situation existe déjà dans des zones où la paupérisation tourne au ghetto, et où se trouvent « (…) des individus qui sont des purs produits de la société industrielle, ségrégués et vidés d’eux-mêmes » (Blanquart, 1997 :146). À l’opposé de cette fragmentation industrialisée qui s’est instituée au cœur des individus pour finalement ne plus les considérer que comme des consommateurs, la permaculture dans sa volonté d’autoproduction locale favorise une cohérence trouvée dans le « faire » qui permet de repenser la continuité du biologique au spatial en passant par le social. En effet la création de cultures et de jardiniers, base d’une relation éco-systémique sociale viable, ainsi que ce qu’elle induit pratiquement, comme le réinvestissement dans l’espace public, la possibilité personnelle de création, le tout ayant des résultats directement exploitables dans sa cuisine, est un des moyens personnels et collectifs de ressaisissement de notre être.

27Dans un monde où les énergies non renouvelables s’épuisent et où notamment la force première nécessaire à notre logique productiviste, le pétrole, disparaît, la séparation intellectuelle et formelle entre densité de logement et densité de production n’est plus viable. Au moment où le déplacement des lieux de production ayant débuté à partir du centre des grandes villes européennes vers les banlieues, puis vers la banlieue des banlieues, s’achève dans une délocalisation transnationale, le principe de sobriété que nous enseigne la permaculture peut nous permettre d’accompagner ce démantèlement de la production, d’une éducation au démantèlement mentale de la consommation des biens issus de ce type de production. Dès lors, en plus d’une réduction de la consommation futile et dangereuse pour notre biotope, il pourrait être retrouvé, sans transports et sans intermédiaires de profit, la place nécessaire à la production locale des biens de consommation essentiels comme la nourriture.
Le travail permaculturel de l’urbain

28Au-delà, de ces considérations déjà périmées par l’urgence de la situation, certains adeptes de la permaculture comme Rod Hopkins sont déjà passés à l’action afin de tenter d’aborder sereinement les difficultés que les villes vont devoir affronter dans un avenir proche.

29Récemment, la figure du pic pétrolier formée par la diminution de la possibilité de puiser du pétrole, conjuguée à la croissance de la demande mondiale de consommation, a réaffirmé la pertinence pour l’organisation urbaine du concept de permaculture né en partie de la « crise » pétrolière des années 1970. Sur les méthodes agissant au sein de la permaculture, l’exacerbation des phénomènes de pollution et d’épuisement de ressources a donné naissance à l’initiative des villes en transition (Hopkins, 2008). Cette initiative reprend la nécessité de l’action, la nécessité d’avoir une vision positive, et la nécessité de planifier cette vision pratiquement par le « design ». Sur le terrain elle se traduit par la mise en place d’un plan d’action partagé avec la population et les dirigeants qui vise une descente douce de la consommation d’énergie. À ce titre, et pour en rester au domaine qui nous concerne, la relocalisation de l’agriculture au plus près des producteurs-consommateurs par le jardinage, la plantation d’arbres fruitiers et l’utilisation de la force animale sont mises en œuvre à l’échelle d’une ville. De plus, de cette production végétale est tirée la matière pour construire ou pour produire de l’énergie.

30Du fait de son terrain d’action qu’est la « ville », l’initiative est plus collective que celle entreprise à l’origine par des permaculteurs isolés. L’initiative des villes en transition cherche à faire de la « communauté » le moteur des actions de transitions vers ce que l’on pourrait donner, après Odum (2001) autre inspirateur du mouvement permaculturel, comme une descente douce et prospère.

31Bien qu’elle reste à interroger dans son articulation avec l’universel, l’échelle de la communauté comme niveau d’intervention découle d’un fonctionnement intrinsèque à la permaculture. À partir de l’observation et de la considération de l’existant, la permaculture cherche à favoriser la tendance naturelle du biotope du site à tendre vers la maximisation de son potentiel de transformation de l’énergie reçue. Ainsi, en opposition à la mondialisation des échanges marchands, les valeurs de la distance et du temps reconsidérées comme des valeurs énergétiques, nous amènent à réfléchir à une élaboration de proximité d’une vie confortable du point de vue de l’alimentation, du bâti, mais aussi du point de vue de l’organisation sociale. Cette élaboration chronotopique se joint au principe de la stimulation d’une diversité permettant de surmonter les échecs partiels et de faire fructifier les réussites. Au sein de la société cela se décline par l’encouragement de la diversité des manières d’inventer d’autres façons de vivre ensemble. Au sein de la ville cela peut s’imaginer comme le développement de petites communautés d’expérimentation d’un bon vivre ensemble. Comme on le voit encore une fois, avec la permaculture il ne s’agit pas de verdir la ville, ni même uniquement de la jardiner, mais de se réapproprier le socle présent que forme l’urbain d’une manière formelle mais aussi socialement. Ainsi, si l’action commence tout de suite par la culture vivrière de la ville en réadaptant le bâti historique pour perpétuer l’histoire, le tout est d’abord un projet collectif en construction continue d’une mutation civilisationnelle au niveau local. Déjà, les initiatives ne manquent pas, et chacun pourra trouver un permalieu qui fait la preuve de l’efficacité en action. D’ailleurs, bien qu’il y ait parfois un déficit de perspectives de transformation sociale, pour certains la guérilla verte est déjà lancée (Tracey, 2007).

32Tout comme l’apparition de la permaculture à son époque, l’alternative optimiste concrète pouvant être mise en œuvre immédiatement à l’échelle interpersonnelle que procure l’initiative des villes et territoires en transition, provoque un certain engouement, qui, de plus, est maintenant amplifié par l’évolution des moyens de communication. Cependant, en dépit du grand intérêt que représente la synthèse de diverses actions nécessaires pour que les changements soit plus assumés que subis, malgré la nécessité de ce mouvement pour l’écologie de l’esprit, et malgré les avancées de la ville pilote de Totnes, l’efficacité de ce mode d’action sur l’urbain à une échelle globale reste, pour nous tous, à construire.

* 14 En 1958, Hundertwasser artiste et architecte viennois prône la moisissure contre le rationalisme f (...)

33Pour la permaculture, dans un stade plus avancé que la moisissure d’Hundertwasser 14(1958), l’urbain ayant vocation à prendre sa place dans le cycle écologique, le bâti participe d’un vivant qui inclut l’organisation de la société. Comme outil parmi d’autres, la permaculture n’apporte pas de solutions toutes faites à la réforme de la structure urbaine. Par contre, elle ouvre de nouvelles pistes et signale la nécessité d’abandonner les techniques et idéologies issues d’un mode de production d’un monde en échec et au bord de l’autodestruction. L’ouverture de la permaculture, replaçant le questionnement au niveau de la continuité de l’humanité, redéfinit l’urbain comme étant un biotope, là où il avait été retenu une juxtaposition de modèles mécaniques, économiques, écologiques, sociaux ou encore législatifs.
Cultiver un paradigme alternatif.

34La possibilité de création d’une autre façon de vivre la ville et la mise en place d’une nouvelle urbanité que propose la permaculture, a une ambition plus large qui pointe vers un nouveau projet civilisationnel : « Nous ne pouvons pas, et ne devons pas, oublier les facteurs d’édification morale et d’unification qu’un peuple développerait à mesure que la permaculture urbaine se développerait » disaient Mollison et Holmgren dès leur premier ouvrage (1986 :115). Comme héritière d’un certain « activisme », ce que propose la permaculture, c’est l’action productive par la réintroduction de la ville dans les cycles écologiques à partir de communautés locales. En cela, elle n’est pas sans liens avec les propositions d’intervenir sur l’existant des villes à des fins d’autosuffisance agricole et énergétique localisée qu’expose par exemple P.M dans son essai Bolo’Bolo (1983). Cependant, à la différence de beaucoup se cantonnant à imaginer d’autres modalités de la société, la permaculture, comme nous l’avons vu, se place sur le terrain de la mise en œuvre. Ce ressaisissement de l’éducation à l’action personnelle et partagée, est probablement l’un des apports potentiels principaux de la permaculture à l’organisation de l’urbain. Et, si nous essayons d’étendre la potentialité de la permaculture à un cadre plus général, il est possible d’apparenter la permaculture à un parcours de changement qui commence par soi-même pour le diriger vers le monde. Ainsi, poursuivant cette métaphore du voyage personnel, si l’on avait à renouer avec le niveau d’intensité de transformation optimiste nécessaire au monde prochain, on pourrait dire que la permaculture commence son voyage d’ouverture là où, revenu d’un certain Eldorado pétrolifère, Candide, s’est arrêté pour conclure « il faut cultiver notre jardin » (1759). En effet, comme Candide, il s’agit bien de contribuer à l’amélioration du monde moins que de se bercer d’utopie ou d’aveuglement. Mais pour la permaculture, il s’agit aussi, à partir d’un ressaisissement individuel de l’action intellectuelle et matérielle d’ajustement vital à un biotope local qu’est le jardin, de s’orienter globalement vers une relation pérenne à l’écosphère. Ce cheminement d’ouverture, qui comme nous l’avons décrit, est inscrit dans les bases de la permaculture, et qui se trouve opportun dans l’actualité de l’évidence de la mêmeté de la crise économique et écologique, n’est pas, pour une permaculture se voulant une « permanente culture », assuré de tout risque de détournement.

35Afin de s’assurer dans sa démarche, dans un affinement de son dessein, et toujours sur ce mode de construction en construisant, la permaculture s’est dotée de ce qu’elle appelle une éthique basée sur deux énoncés stables : « prendre soin de la planète, prendre soin des gens », mais aussi d’un troisième terme qui reste à clarifier. En effet là où Holmgren parle de « fixer des limites à la consommation et la reproduction », et de « redistribuer les surplus » (2002 :1), Mollison lui propose de « fixer des limites à la population et à la consommation » (1988 :2), ce qui, de par la nuance et de par la généralité des propos, ouvre autant à l’interrogation qu’à l’interprétation. Certes, cette possibilité d’ajustement selon les auteurs ou selon les circonstances est intrisèque à une permaculture toujours en mouvement et toujours localisée. Cependant, lorsque la permaculture aura atteint un seuil de reconnaissance exploitable par l’économie capitaliste généralisée, ce genre d’ambiguïté pourrait aussi devenir un point d’entrée à une interprétation pouvant servir les structures dominantes de notre société globalisée. Alors, sans changer un seul mot de son éthique, la permaculture pourrait bientôt faire partie de la boîte à outil du développement durable, dont, à l’aune du réchauffement climatique et du pic pétrolier, nous pouvons maintenant constater comme un fait, qu’il n’a servi qu’à perpétuer le système de production en place. Ou même, si nous avions à la comparer à d’autres traditions d’aménagement de la terre recherchant une certaine harmonie, elle pourrait subir, la même désincarnation commerciale qu’a connue par exemple le Feng-shui qui, rappelons-le, est culturellement bien plus solide et bien plus ancien que la permaculture.

36Alors, bien qu’au tournant des années 1970, sa volonté de faire un pas de côté sans se confronter à la structure en place ait montré à l’époque son efficacité, aujourd’hui la permaculture, en quittant son terrain de naissance et son précis de design agricole à petite échelle, pourrait se trouver vouée à une certaine confrontation. Et c’est là, peut-être, une des faiblesses de l’initiative. En effet, la permaculture se pense et se construit dans une société faite d’incertitude (Holmgren, 2002 :xv) ou même d’un certain chaos que la permaculture viendrait ordonner (Mollison, 1988 :12). La permaculture ne reconnaît pas la présence d’un ordre, que l’on pourra qualifier après Ellul (1954) et Debord (1967) de techno-spectaculaire, prenant maintenant le nom et la forme du capitalisme hypermondialisé. Si le mode de la construction alternative est efficace à une certaine échelle, la non-prise en compte, ou du moins la non-énonciation temporaire, de forces économico-politiques agissantes à un niveau global et ayant le pouvoir, par exemple, de breveter le vivant (Robin, 2008), d’imposer la contamination OGM (Robin, 2008), de tenter d’interdire la diffusion de connaissances botaniques traditionnelles (Loi française d’orientation agricole 2006-11 modifiée après protestation) ou plus près du foyer de naissance de la permaculture, de détruire la forêt primaire tasmanienne, pourrait s’avérer une limitation dommageable à la proposition de mise en œuvre d’une certaine perpétuation de l’humanité faite par la permaculture. Par ailleurs, les effets récents de la spéculation boursière qui ont conduit à un recentrement de la propriété sur la terre cultivable (Cotula, L., Vermeulen, S., Leonard, R. and Keeley, J., 2009 :42) nous ont encore éloignés de toutes les bonnes raisons que Mollison donne pour un meilleur partage des terres. De plus, il ne serait pas injustifié de se figurer l’étonnement contemporain des paysans sans terre du Brésil, ou dans un monde sans la force énergétique du pétrole, de l’étonnement des serfs du Moyen Âge ou encore beaucoup plus simplement de celui des aborigènes d’Australie, à voir les grands propriétaires terriens tasmaniens être qualifiés par Mollison (1988 :547) de « landpoor » parce qu’ils possèdent trop de surface à exploiter.

* 15 « So it’s a revolution. But permaculture is anti-political. There is no room for politicians or ad (...)

37Partie d’un jardin autosuffisant équilibré, nourrissant l’esprit et le corps, pour nous mener vers un certain bien épicurien, la permaculture, lorsqu’elle s’ouvre au monde, se trouve inévitablement face à d’autres projets que le sien. Confrontée à ceux-ci, elle se doit de se réfléchir, et conformément au principe de rétroaction qu’elle professe, elle se doit de s’adapter. D’ailleurs, c’est peut-être ce qu’elle fait quand, par exemple, en 1988, Mollison présentait l’engagement dans un parti politique comme l’une des bases de réinvention de la société, allant même jusqu’à indiquer dans le texte les adresses des partis écologistes de l’époque (1988 :510), et qu’il semble avoir radicalement changé d’avis en 2005, expliquant dans un entretien que la permaculture est « anti-politique »15. Pourtant, sur un sujet aussi fondamental ce revirement peu nuancé ressemble plutôt à un manque d’observation de l’environnement sociétal, que la permaculture convoite, qu’à un simple ajustement.

38Dans ce parcours d’un Candide fort d’un certain bien trouvé dans son jardin et retournant vers le monde, le concept de permaculture et ses dérivés, lorsqu’ils rencontrent certaines forces de la politique ou de l’économie, montrent leurs limites. Ou plutôt, ce parcours montre que la permaculture prenant ses racines dans la systémique des biotopes ne traite pas du même monde. D’abord s’éloignant du cadre d’une polis comme modèle central de valeur et de pouvoir, du fait comme nous l’avons vu de l’effacement du rapport urbs-ager, ou pour rester dans le monde grec du rapport astu-khora, la permaculture n’a effectivement pas grand-chose à voir avec, la « politique », mode de gouvernement issu de cette vision du monde. D’autre part, toujours en raison son origine, elle n’a pas non plus réellement à voir avec l’ « économie » comme usurpation de l’oikonomos, la règle de la terre habitée. Par contre, dans son objectif d’aménagement d’espaces déjà habités, et particulièrement de l’espace déjà matériellement construit à destination de l’homme, la permaculture aurait plutôt une connexion avec l’oikodomos, le maintien de la terre comme maison de l’homme.

39À ce titre, au moment où nous essayons de saisir la permaculture dans sa prétention de « permanent culture », il nous faut examiner pour le futur, d’autres liens que les seuls cycles biologiques. En effet, bien que la conception du lien intime et consubstantiel de l’homme et de son environnement, que l’on a redécouvert, par exemple, chez les aborigènes d’Australie, soit réaffirmée dans la littérature liée à la permaculture (Mollison, 1988 :11), l’organisation contemporaine des sociétés nécessite des références plus adaptées que la simple reprise d’images de cultures par ailleurs colonisées par la permaculture. Certes, l’écologie comme science nous a démontré que l’humanité était au niveau biologique totalement liée aux cycles du vivant, cependant cela ne recouvre pas l’ensemble des liens qui nous permettent d’être du monde. Sur la base de l’image et de la biologie, la permaculture autant que l’initiative de territoire en transition, tout attachée à l’urgence pratique de ne pas céder à la barbarie sous la pression alimentaire, n’explorent pas assez le lien consubstantiel qui nous lie à un univers sensible qu’il soit végétal ou matériel. La démarche permaculturelle déclare assez peu expressément cette sensibilité comme centrale, ce qui ne la prémunit pas assez de la possibilité d’être entraînée vers un nouveau fonctionnalisme. D’un point de vue phénoménologique, il nous faut considérer que nos bâtiments, que nos rues, sont aussi l’expression, de ce biotope. Il nous faut les reconnaître comme part d’un monde sensible, car la matérialité médiatisée par l’homme est aussi du domaine du vivant. Et même, si cette folie constructive qu’il nous faut stopper, a puisé dans les ressources de notre biotope au point de le mettre en péril, il n’en reste pas moins que la partie sensible de certaines architectures aspirait, et doit continuer à aspirer, à nourrir d’une certaine bienfaisance, le questionnement incessant que notre biologie spécifique nous procure au travers de notre intelligence. Loin d’une simple vision organiciste de la ville comme corps isolé dans ses murs, la réinstitution de nos liens avec le cycle écologique doit ouvrir la question de la réinstitution de l’ensemble des constructions humaines comme devant faire partie d’un cycle écologique viable et vivable. Il nous faut donc travailler non seulement à la résilience d’un biotope productif au sein de la ville, mais il nous faut aussi imaginer des bâtiments vivants, un urbain vivant faisant partie de la biosphère unique qu’est la terre. Il nous faut penser la résilience de l’organisation matérielle et immatérielle de notre monde, revoir la césure faite entre nature et culture. Dans la réussite ou dans l’échec de cette entreprise, on pourra tendre, non plus à la mise en œuvre d’écosystèmes au service de l’homme comme le propose la permaculture, mais à la réintroduction d’un homme assez créatif pour participer à l’évolution continuelle du vivant au sein d’un écosystème duquel il participe. Après un homme prédateur remplacé par un philosophe-jardinier (Mollison, 1988 :9) peut-être, pourra-t-on s’élancer vers un homme symbiotique dont les contours restent à déterminer.

40Le concept de permaculture en cherchant à se donner une dimension plus large, rencontre des incertitudes, des contradictions, et des manques. Cependant, pour affronter un monde prochainement épuisé matériellement et idéologiquement, son fondement épistémologique est essentiel comme outil de transition pour faire face aux scénarios plus ou moins catastrophiques qu’Holmgren examine dernièrement (Holmgren, 2009).

41Pour conclure, on situera la permaculture par rapport à l’agriculture urbaine dans un « au-delà » qui explore une relation alternative à l’écoumène. La permaculture ouvre la possibilité d’une appréhension différente du monde, en lieu et place d’un mode de travail réductionniste qui fragmente celui-ci pour en tenter une articulation lui permettant de le maîtriser. Dans son évolution continue elle n’agrége pas dans une multidimensionnalité des disciplines déjà présentes, mais du fait de son approche holistique elle cherche plutôt à construire un paradigme différent. La permaculture s’écarte d’une analyse théorique qui fabrique de la connaissance par la tentative de synthèse de la division, pour renouer avec une raison procédurale pratique s’appuyant sur la force du faire et valorisant la propension à relier de l’esprit humain. De plus, la permaculture se constitue vers une finalité moins que dans l’analyse des causes, elle reprend ainsi le fil de la démarche téléologique réfléchissant sur un but, une fin, qu’elle se donne par une éthique, une manière d’être du monde. Enfin, la permaculture de par son terrain, le travail des cycles écologique, de par son histoire et ses principes, participe du champ de la systémique appliquée. Dans ce mouvement de renouveau du saisissement du monde, elle délaisse les principes ayant fondé non seulement l’agriculture et l’urbanisme, et donc l’agriculture urbaine, mais aussi, un certain corpus occidental du savoir. Sur ce chemin, elle s’éloigne d’une formation classique du savoir pour se rapprocher de la sphère en constitution des épistémologies constructivistes contemporaines. Cependant, se voulant comme un processus neuf, elle ne pratique pas assez le lien ou la différenciation à d’autres modes de constitution du réel. Ainsi, pour éviter une certaine dilution dans l’univers spectaculaire et marchand, la permaculture aurait peut-être intéret à une certaine clarification interne en même temps qu’elle se pense en rapport aux forces existantes.
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Notes

1 Le « feed-back » qu’elle instaure comme un principe de base.

2 La permaculture cherche à mettre en relation des zones de vie homogènes (bio-topos) dans un but d’échange, en même temps qu’elle favorise la diversité biologique afin de d’augmenter la capacité de récupération d’un site face à un traumatisme (résilience).

3 « Lorsque les problèmes d’ensemble ont émérgé, sous le nom d’urbanisme, on les a subordonnés à l’organisation générale de l’industrie. Attaquée à la fois par en haut et par en bas, la ville s’aligne sur l’entreprise industrielle ; elle figure dans la planification comme rouage ; elle devient dispositif matériel propre à organiser la production, à contrôler la vie quotidienne des producteurs et la consommation des produits. Tombée au rang de moyen, elle étend la programmation du côté des consommateurs et de la consommation ; elle sert à régler, à ajuster l’une sur l’autre la production des marchandises et la destruction des produits par l’activité dévorante dite “consommation”. » (Lefebvre 2009 :74[1967]).

4 « I remember the Club of Rome report in 1967 which said that the deterioration of the environment was inevitable due to population growth and overconsumption of resources. After reading that, I thought, "People are so stupid and so destructive — we can do nothing for them." So I withdrew from society. I thought I would leave and just sit on a hill and watch it collapse. It took me about three weeks before I realized that I had to get back and fight. [Laughs] You know, you have to get out in order to want to get back in. » (Mollison :2005)

5 « It actually goes back to 1959. I was in the Tasmanian rain forest studying the interaction between browsing marsupials and forest regeneration. We weren’t having a lot of success regenerating forests with a big marsupial population. So I created a simple system with 23 woody plant species, of which only four were dominant, and only two real browsing marsupials. It was a very flexible system based on the interactions of components, not types of species. It occurred to me one evening that we could build systems that worked better than that one. Because I was an educator, I realized that if I didn’t teach it, it wouldn’t go anywhere. So I started to develop design instructions based on passive knowledge and I wrote a book about it called Permaculture One. » (Mollison :2005)

6 Pour Mollison, ils sont au nombre de 18, dont : 1-Work with nature rather than against. 2-The problem is the solution. 3-Make the least change for the greatest possible effect. 4- The yield of a system is theoretically unlimited. 5-Everything gardens (1988 :15-16). Pour Holgrem 12 suffisent (2002 :VIII) :1-Observe and interact, 2-Catch and store energy, 3-Obtain a yield, 4-Apply self-regulation and accept feedback, 5-Use and value renewable ressources and services, 7-Produce no waste, design from pattern to details, 8-Integrate rather than segregate, 9-Use small and slow solutions, 10-Use and value diversity, 11-Use edges and value the marginal, 12- Creatively use and respond to change.

7 Par exemple Blanquart (1997 :123) relate à propos du Paris du 19 ème siècle : « Bref, la guerre de rues devient difficile aux éventuels insurgés, et la classe capitaliste peut s’étaler à l’aise. La population ouvrière est refoulée en une énorme vague dans les quartiers périphériques. Le nouveau centre, où le terrain est hors de prix est réservé aux immeubles d’habitation pour riches, mais il est surtout dédié aux affaires. S’y élèvent les cathédrales du nouveau monde, les grands magasins : à la Belle Jardinière, qui date de 1824, s’ajoute le Bon Marché, construit par Eiffel en 1850, et le Printemps élévé en 1867. La logique de l’argent, après avoir fait table rase du passé, structure l’espace urbain à partir de son centre, où elle s’est puissamment installée : c’est la ségrégation sociale qui se lit sur le sol »

8 « It’s a quiet revolution » (Mollison :2005).

9 « Permaculture (permanent agriculture) is the conscious design and maintenance of agriculturally productive ecosystems which have the diversity, stability, and resilience of natural ecosystems. » (Mollison, 1988 :ix)

10 « The permaculture tree presented the concept as analogous to the germinating tree seed, giving rise to interdependent root and aerial structures. The germination of the idea generates both the physical reality of ecological human support systems and the wholistic conceptual framework of knowledge. » (Holgrem, 2002 :xxiii)

11 Du « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là ; ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout ce qui est vivant et qui remue sur la terre » de la Genèse à l’espoir contemporain de la croissance du PIB, on pourra consulter la nécéssité de passer d’une société de la croissance destructrice de la Terre à une société de la décroissance conviviale et non-subie présentée par exemple par Latouche (2006).

12 Pour s’en persuader on pourra par exemple observer aux beaux jours l’embouteillage hebdomadaire à l’aller et au retour du congé de fin de semaine aux environs des grandes agglomérations françaises.

13 À ce sujet, il est possible de retrouver l’analyse de Debord notamment sur le fait que « L'économie transforme le monde, mais le transforme seulement en monde de l'économie » (1992 :38 [1967]) et que « Celui qui subit passivement son sort quotidiennement étranger est donc poussé vers une folie qui réagit illusoirement à ce sort, en recourant à des techniques magiques. La reconnaissance et la consommation des marchandises sont au centre de cette pseudo-réponse à une communication sans réponse. Le besoin d’imitation qu’éprouve le consommateur est précisément le besoin infantile, conditionné par tous les aspects de sa dépossession fondamentale. » (1992 :208 [1967]).

14 En 1958, Hundertwasser artiste et architecte viennois prône la moisissure contre le rationalisme froid de l’architecture de l’époque. Cette moisissure comme premier stade du vivant se développera d’ailleurs dans son discours et sa pratique vers une architecture où la limite entre le bâti et le végétal s’efface. Cependant contrairement à la permaculture, la production de nourriture ne sera pas sa priorité.

15 « So it’s a revolution. But permaculture is anti-political. There is no room for politicians or administrators or priests. » (Mollison, 2005)
Pour citer cet article
Référence électronique

Emmanuel Pezrès, « La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société », VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement [En ligne], Volume 10 numéro 2 | septembre 2010, [En ligne], mis en ligne le 13 septembre 2010. URL : http://vertigo.revues.org/9941. Consulté le 18 janvier 2011.
Auteur
Emmanuel Pezrès

Architecte DPLG. Docteur en urbanisme et aménagement de l'espace, Chercheur associé à l'Institut de Géoarchitecture EA 2219, Courriel : emmanuelpezres@wanadoo.fr

Source : http://vertigo.revues.org/9941
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MessageSujet: autre livre en français   Mer 19 Jan - 15:19

Présentation "Graines de Permaculture" :

Pensée globale, action locale, la permaculture est une manière de voir et d’agir qui relie les humains et leur environnement en un tout cohérent et coopérant.

Pour qui veut aménager un site, un jardin, une ferme, un balcon ou un écovillage, la permaculture apporte une vision précieuse : la qualité ne vient pas de la quantité d’énergie fossile, musculaire ou financière dépensée mais d’une bonne conception, d’un bon aménagement.

Grâce à l’adéquation aux besoins réels, grâce à une bonne connaissance de la nature dans toute sa diversité, il est possible d’en manifester toutes les synergies favorables et de créer ou recréer ainsi un écosystème équilibré et favorable dans la durée à l’ensemble de ses habitants.

Le livre « Graines de Permaculture » explore différents éco-systèmes : la ville, la ferme, le jardin... Partant de ces situations et d’exemples de mise en oeuvre, il énonce des principes essentiels.

Certaines pratiques de la permaculture sont ensuite détaillées : nouvelles ou déjà connues, elles se trouvent alors reliées dans un tissu d’interactions bénéfiques qui en multiplie les potentiels.

Le livre Graines de Permaculture est la traduction d’un ouvrage d’introduction à la permaculture qui a fait beacoup pour faire connaître la permaculture dans les pays de langue anglaise : "Permaculture in a Nutshell", de Patrick Whitefield.

La traduction a été réalisée par Maxime Leloup et Jean Luc Girard en 2007 pour l’association Passerelle Eco.

Nous sommes heureux de vous présenter aujourd’hui la 2ème édition de cet ouvrage. Comme en 2 ans, le réseau francophone de permaculture s’est développé, nous avons préparé un nouveau chapitre : un annuaire détaillé des ressources francophones.

C’est un livre de 108 pages, imprimé sur papier recyclé, avec shémas et illustrations, et quelques photos.
En voici le sommaire :
p. 5 L’auteur
p. 7 Préface
p. 9 Introduction
p. 10 Ch 1 Qu’est-ce que la Permaculture ??
p. 19 Ch 2 Pratique de la Permaculture
p. 27 Ch 3 La Permaculture En Ville
p. 34 Ch 4 La Permaculture Au Jardin
p. 47 Ch 5 La Permaculture A la Ferme
p. 65 Ch 6 Tissu Humain et Social
p. 75 Ch 7 Questions & Réponses
p. 84 Ch 8 Pour se mettre à la Permaculture
p. 91 Ch 9 Annuaire Francophone de la Permaculture
p. 105 Annexes Passerelle Eco


Peut être commandé ici :
http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=880
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argileblanche
Grand spirituel Confirmé
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MessageSujet: Re: Permaculture   Jeu 20 Jan - 22:33

merci cachou , pour toutes ces informations sur la permaculture , great

je n'ai pas encore tout lu , mais c'est très interessant , j'y reviendrais
bisous
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MessageSujet: Re: Permaculture   

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Permaculture
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