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 BIBLE ET ARCHEOLOGIE

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xenia la chamane
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MessageSujet: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:28

CHAPITRE 1: BIBLE ET ARCHEOLOGIE

La Bible, Parole inspirée de Dieu, est pour l'Eglise chrétienne l'unique source et norme de foi et de vie. Elle est aussi, et de très loin, sa principale source d'information sur l'histoire du Moyen Orient ancien, et plus particulièrement d'Israël, le peuple que Dieu s'est choisi pour accomplir son plan de salut. Les informations qu'elle nous donne sont sûres et dignes de foi. Au siècle dernier, des intellectuels ennemis du christianisme étaient convaincus du contraire. Ils pensaient par exemple que le Pentateuque n'avait pas pu être rédigé par Moïse parce que, disaient-ils, l'écriture n'était pas connue à cette époque, ou que le peuple des Héthiens dont parle la Bible n'avait jamais existé. Les deux thèses se sont avérées entièrement fausses. La découverte à Suse, en 1901, du code d'Hammourabi prouvait que l'écriture était connue dans cette partie du monde au XVIII° siècle av. J.-C., et les recherches archéologiques ont prouvé l'existence de l'importante civilisation des Hittites (ou Héthiens), apportant un autre démenti à la science critique qui visait à détruire l'autorité de la Bible. Celle-ci est dans tout ce qu'elle affirme, y compris quand elle parle d'histoire, un document sûr et digne de foi, parce que Dieu a voulu qu'elle soit cela pour l'instruction de son peuple, l'Eglise chrétienne.

Mais pour bien comprendre l'Ancien Testament, il faut connaître la géographie de cette partie du monde, l'histoire économique, politique et militaire non seulement d'Israël, mais aussi des nations qui ont vécu dans son entourage, les religions et les coutumes de l'époque. Beaucoup de choses sont passées sous silence ou simplement résumées dans la Bible, parce qu'elles allaient de soi pour ses lecteurs de l'époque, alors que nous avons souvent bien du mal à comprendre les faits et gestes des personnages bibliques, du fait que nous ne connaissons pas suffisamment le milieu dans lequel vivait Israël. Deux exemples parmi d'autres: On se demande comment Abraham pouvait être considéré comme un homme de foi intègre, alors que pour se protéger, il fit passer sa femme pour sa soeur, avec tous les risques que cela comportait pour elle. Nous comprenons aussi mal comment Sara a pu imaginer d'encourager son mari Abraham à coucher avec Agar, sa servante, pour engendrer un fils, et aucune femme n'aurait cette idée de nos jours. Prêt d'utérus, avec les moyens de l'époque! Mais une meilleure connaissance des coutumes antiques nous y aide. Tout cela pour dire que les informations venant de l'extérieur nous permettent souvent de mieux comprendre l'Ecriture Sainte. Et dans ce domaine, nous devons beaucoup à l'archéologie.

Les informations que nous fournit la Bible, le plus vieux document qui nous soit parvenu sous forme d'un livre, sont sûres. Mais d'une part elles se limitent à une région restreinte du globe, et d'autre part il s'agit souvent de résumés. Et ces derniers peuvent être très succincts. Ainsi, les onze premiers chapitres de la Bible couvrent toute l'histoire du monde depuis sa création jusqu'à l'époque d'Abraham, soit au bas mot deux mille ans. C'est comme si on voulait écrire l'histoire de la France depuis ses origines les plus lointaines en une dizaine de chapitres. Il faudrait en prendre des raccourcis!

Alors les renseignements fournis par l'archéologie, source d'information souvent encore plus ancienne que la Bible, sont précieux et permettent de se faire une image plus complète de ce qui s'est passé. Qu'on y pense: Abraham naquit et grandit dans ce qu'on appela plus tard la Babylonie (aujourd'hui l'Irak). Il fréquenta les peuples de la Mésopotamie dont la Bible ne nous dit vraiment pas grand-chose, vécut un moment en Egypte, puis alla s'installer en Canaan. David, véritable fondateur de la nation d'Israël, eut affaire à de nombreux peuples ou ethnies tels que les Jébusiens, les Philistins, les Amalécites, les Moabites, les Ammonites, les Araméens et les Edomites. Salomon entretenait des relations diplomatiques et commerciales avec les Phéniciens, les peuples du Golfe Persique et d'autres plus éloignés encore. L'archéologie nous apprend beaucoup sur ces peuples aujourd'hui éteints.

Voici quelques-unes de ses découvertes les plus importantes pour une meilleure connaissance du monde de l'Ancien Testament.



Egypte:

La pierre de Rosette: Copie d'un décret honorant Ptolémée V Epiphane en 196 av. J.-C., trouvée en 1799 à Rosette près de l'embouchure du Nil. Elle fournit à Champollion (1790-1832) la clé qui lui permit de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens.

Les tablettes d'Amarna: Tell el-Amarna est l'appellation moderne d'un site égyptien à environ 300 km au sud du Caire et appelé dans l'Antiquité Akhetaton, capitale et enceinte sacrée d'Amenhotep ou Aménophis IV (pharaon de la XVIII° dynastie, 1370-1353 av. J.-C.). En fouillant dans une décharge publique, une femme égyptienne y trouva en 1887 trois cents tablettes portant des inscriptions babyloniennes. C'étaient les restes d'une correspondance entre le pharaon et les rois vassaux et gouverneurs de Mésopotamie, de Syrie et de Palestine datant environ de l'époque de l'Exode. Il y est question de Hittites, d'Amoréens et de villes comme Sidon, Tyr et Jérusalem. On y parle aussi d'envahisseurs "Habiru" contre lesquels des princes demandent au pharaon de les protéger. Certains pensent qu'il s'agissait des Hébreux s'installant en Canaan, mais les savants ne sont pas d'accord à ce sujet.

Les fameuses pyramides, dont celles de Guizèh et le Grand Sphinx. L'avenue des Sphinx (141 au total) conduisant au temple d'Osiris-Apis fut découverte en 1850. A quoi il faut ajouter la découverte de tombes renfermant des peintures, du mobilier, des textes littéraires gravés dans la pierre ou écrits sur du papyrus. Tout cela a permis d'approfondir notre connaissance de la religion égyptienne et de son influence sur les esclaves israélites. Les villes de Pithom et de Ramsès ont été identifiées. Une stèle du pharaon Merneptah (1224-1216 av. J.-C.) fait mention d'Israël.



Mésopotamie:

La Mésopotamie, le pays entre les fleuves (le Tigre et l'Euphrate), fut habitée avant l'an 3000 av. J.-C. par les Sumériens, peuple non sémite qui inventa une écriture pictographique auquel succédèrent les Akkadiens, groupe sémite venu du nord. Entre 2000 et 1700 av. J.-C.. les Amoréens, sémites venus de l'occident, envahirent le pays et étendirent leur domination de la Méditerranée à la Babylonie. C'est à cette époque que régna Hammourabi et que se constituèrent les empires assyrien puis babylonien. avec lesquels les Israélites entretinrent des relations prolongées, variées et parfois douloureuses.

En 1889, on découvrit à Nippur les restes d'une vaste bibliothèque. Plus de 20.000 tablettes datant du 3° millénaire av. J.-C., dont la fameuse épopée de Gilgamesh, ancien récit sumérien du déluge dont il existe encore une autre version provenant de la bibliothèque d'Assurbanipal (7° siècle av. J.-C.). Les dieux ayant décidé de détruire le monde entier, un certain Ziusudra parut devant leur conseil pour protester contre la destruction de l'humanité. Il fut alors autorisé à construire une arche. Le déluge vint détruire le monde, et quand les eaux se furent retirées, on offrit aux dieux des sacrifices de boeufs et de moutons.

Le code d'Hammourabi: Découvert en 1901 à Suse (actuel Iran), dont Darius et Xerxès avaient fait leur capitale, il s'agit d'une grande pierre noire conservée au Musée du Louvre sur laquelle sont gravées les lois d'Hammourabi, avec l'image d'un roi debout recevant le code des mains d'un dieu assis.

La grande ziggurat ou temple de Marduk de Babylone, faite de six plateformes carrées dont la dernière portait une petite chapelle destinée au dieu Marduk. Il s'agit peut-être de la tour de Babel de Genèse 11. En venant du nord, on passait près du palais d'été de Nebucadnetsar et d'un deuxième palais, avant d'entrer par la porte d'Ishtar à l'intérieur de la ville avec ses fameux jardins suspendus construits en l'honneur de la reine et évoquant le paysage montagneux de son pays natal.

Ur en Chaldée: C'était le pays d'Abraham. Son site avec sa ziggurat surmontée d'un petit temple consacré à Nannar, dieu de la lune, fut identifié en 1853. Sa fondation révéla qu'il fut construit par un roi en 3000 av. J.-C. Non loin de là, des fosses révèlent la pratique de sacrifices humains lors d'enterrements royaux. Statues, bas-reliefs représentant des scènes de la vie de tous les jours et de nombreux objets d'art témoignent du degré avancé de la civilisation présumérienne et sumérienne.

Calach: Ville située sur la rive est du Tigre, à 36 km au sud de Ninive, où fut découvert le célèbre obélisque noir de Salmanasar III (859-824 av. J.-C.). Il montre Jéhu roi d'Israël et d'autres vassaux apportant leur tribut au souverain assyrien. En 853 av. J.-C., en effet, à Karkar en Syrie, Salmanasar avait défait la coalition de Syrie et d'Israël.

Ninive: Sur la rive est du Tigre, on découvrit sous deux tertres les restes de l'ancienne Ninive et les ruines impressionnantes des palais de Sanchérib (705-681 av. J.-C.) et d'Assurbanipal (669-627 av. J.-C.). Sanchérib avait fait de la ville la capitale de l'Assyrie. Les ruines des anciennes murailles, longues de 12 km, montrent que la ville s'étendait sur 4 km le long du fleuve. Temple de Nébo, scènes de chasse, bibliothèque royale d'Assurbanipal avec l'épopée de Gilgamesh (récit babylonien du déluge) et un récit de la création fort différent de celui de la Bible (Enuma Elish), ainsi que d'innombrables tablettes fournissant une histoire complète de l'Assyrie font partie des trésors archéologiques découverts sur le site.

Mari: Ville antique de la Mésopotamie, sur la rive droite de l'Euphrate où on découvrit les ruines de quatre temples de la déesse Ishtar, une ziggurat, un palais d'environ 300 chambres s'étendant sur sept hectares et 20.000 tablettes écrites en akkadien et contenant la correspondance entre le dernier roi de Mari et Hammourabi, fondateur de l'empire babylonien qui conquit la ville.

A Nuzi, à l'est d'Assur, dans l'actuel Irak, des fouilles menées entre 1925 et 1931 ont jeté beaucoup de lumière sur certaines coutumes sociales (mariage, adoption) décrites dans la Genèse. Les tablettes découvertes avaient été écrites par des scribes appartenant au peuple des Horiens (ou Hurrites) que la Bible était seule à mentionner (Genèse 14:6). Les fouilles de Mari ont confirmé elles aussi la véracité du texte biblique.

Ces tablettes nous aident à comprendre pourquoi Abraham fit passer sa femme Sara pour sa soeur, pourquoi Rachel prit avec elle les dieux de la maison de son père Laban (Genèse 31:19) et pourquoi une jeune esclave fut mise au service des fiancées Léa et Rachel (Genèse 29:24.29). Dans la société horienne, en effet, les liens du mariage revêtaient un caractère très solennel, si la femme avait également le statut de soeur. Les textes de Nuzi révèlent par ailleurs que la propriété pouvait être transférée du père à son gendre, si les dieux de la maison avaient été remis au gendre comme un présent scellant son mariage. Enfin, une femme de la haute société qui n'avait pas de fils devait proposer une concubine à son mari et avait le droit de considérer le rejeton de la concubine comme son propre enfant.



Syrie:

Ougarit, l'actuel Ras Shamra, à 1 km de la Méditerranée au nord de la ville de Lattaquié, était grâce à son port un important centre de commerce. D'autre part, la route côtière de l'Egypte vers l'Asie Mineure passait par là. On y découvrit des temples dédiés à Baal et Dagon, la statuette d'une déesse de la fertilité et des amulettes en or représentant des femmes nues et attestant que le culte de la fécondité y était pratiqué, une grande stèle en pierre représentant Baal, des tablettes rédigées en une écriture cunéiforme inconnue auparavant. Les cinq couches du site montrent l'existence de cinq villes successives entre 5000 et 1200 av. J.-C.

Les nombreuses tablettes font état de la culture cananéenne à son apogée et fournissent des renseignements précieux sur le la religion de l'époque. El, le dieu suprême, était considéré comme le père des autres divinités, à l'exception de Baal appelé fils de Dagon. Tous devaient avoir sa permission avant de prendre des initiatives. Baal était le dieu de la guerre, de la pluie, de la tempête et de la fertilité, tandis que Môt était le dieu des saisons sèches, des fruits mûrs et de la semence.



Palestine:

Les recherches ont prouvé que la Palestine était habitée dès la fin de l'âge de pierre.

Guézer: Cette région était occupée très tôt par des peuples non sémites vivant dans des grottes, avant d'être envahie par des sémites vers 2500 av. J.-C. On y découvrit entre autres un tunnel à 29 mètres sous le rocher, destiné à amener l'eau dans Guézer en cas de siège. Le pharaon d'Egypte donna la ville à sa fille, quand celle-ci devint la femme de Salomon (1 Rois 9:16). Trouvaille particulièrement intéressante: un calendrier agricole.

Jérusalem: Les fouilles sont limitées du fait que l'actuelle Jérusalem se trouve sur le site même de l'ancienne ville. A signaler la découverte du tunnel que le roi Ezéchias fit creuser pour amener l'eau de la source de Guihon à la piscine de Siloé et ravitailler Jérusalem en eau lors du siège par l'armée assyrienne de Sanchérib en 701 av. J.-C. Des ouvriers creusèrent des deux côtés et se rejoignirent au centre du tunnel. Une inscription sur le mur, une des plus anciennes en hébreu, célèbre l'exploit.

Jéricho: Un des premiers sites palestiniens à avoir été habité, à 252 mètres sous le niveau de la mer et environ 9 km au nord-ouest de l'extrémité de la Mer Morte. Des excavations ont mis à jour un bâtiment ressemblant à un temple et datant de 4500 av. J.-C. Des murs qui semblent avoir été construits au XV° siècle furent détruits entre 1400 et 1350 av. J.-C., destruction qui pourrait bien évoquer celle menée à bien par Josué.

Lakis: Une des principales villes fortifiées de Juda, prise par Josué vers 1220 av. J.-C., dont Salomon fit par la suite une garnison abritant ses chars. Elle fut assiégée par Sanchérib en 701. Des textes écrits sur 21 tessons de poterie témoignent de la situation politique et militaire en Juda au temps de l'invasion de Nebucadnetsar.

Meguiddo: Une des plus anciennes villes de la Palestine conquise par Josué (Josué 12:21). Salomon la reconstruisit et en fit une ville de garnison. Les ruines d'un temple d'Astarté datant du VII° siècle av. J.-C. attestent qu'Israël pratiquait l'idolâtrie. D'autres fouilles dans des couches datant de l'époque de Salomon révélèrent l'existence de grandes écuries au sol dallé capables de recevoir 500 chevaux.

Samarie: Site habité depuis 3000 av. J.-C. où Omri installa la capitale de son royaume vers 850 av. J.-C. On y découvrit près de 200 plaques et objets en ivoire, dont certains portent des inscriptions. Sans doute les restes du palais en ivoire qu'Achab fils d'Omri y fit construire (1 Rois 22:39). D'autre part, 70 pièces de poterie portent des inscriptions en ancienne écriture hébraïque.

Enfin, Qirbet Qumrân est devenue célèbre par la découverte en 1947 et les années suivantes des rouleaux de la Mer Morte attribués à la communauté des Esséniens et datant de 130 av. J.-C. à 70 apr. J.-C. Le site fut démoli par les Romains en 135 apr. J.-C., lors d'un soulèvement des juifs. Les principaux manuscrits découverts sont les suivants: un rouleau complet d'Esaïe de 7,34 mètres de long, un rouleau incomplet du même prophète, un commentaire du prophète Habaquq, un apocryphe araméen de la Genèse, le Manuel de Discipline contenant les règles de la communauté de Qumrân, la Règle de la Guerre des Fils de la lumière contre les Fils des ténèbres (conseils tactiques sur la façon de mener une guerre entre les membres de la secte des Esséniens et leurs ennemis), et des hymnes semblables aux psaumes de l'Ancien Testament.


Source : http://www.egliselutherienne.org


Dernière édition par xenia la chamane le Ven 23 Avr - 13:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:29

CHAPITRE 2: AVANT ABRAHAM

La Mésopotamie d'où est issu Abraham a été appelée le "berceau de la civilisation". C'est, comme son nom l'indique, le pays "entre les fleuves". Il s'étend entre le désert de Syrie à l'ouest et les derniers chaînons des montagnes Zagros à l'est, entre les Monts Taurus au nord et le Golfe Persique au sud. Il est délimité par l'Euphrate, 2780 km, qui prend sa source dans les contreforts nord du Taurus, et le Tigre, qui au terme d'un parcours de 1950 km se jette dans l'Euphrate, lequel se déverse dans le Golfe Persique. Les précipitations annuelles ne dépassent pas 260 mm pour l'ensemble de la région, ce qui explique l'importance vitale des deux fleuves et la construction par les Sumériens d'un système complexe de canaux d'irrigation.



Les Sumériens:

Les Sumériens vinrent apparemment du Caucase avant le 4° millénaire av. J.-C. Ils s'établirent dans le sud de la Mésopotamie. C'étaient des non-Sémites qui rivalisèrent avec les Akkadiens sémites installés dans le nord. Vivant dans de grands centres urbains tels qu'Eridu, Ur, Larsa, Lagash, Nippur et Kish, ils s'assimilèrent aux populations autochtones et développèrent une haute civilisation. Les Sumériens sont à l'origine d'un système d'écriture cunéiforme qui constitua un moyen de communication efficace.

Les grandes villes telles que Kish, Erec et Ur suscitèrent des dynasties royales qui se disputèrent la prédominance dans la région. Erec prit le pouvoir sous le règne du fameux Gilgamesh dont les hauts-faits firent un héros à l'origine de bien des légendes.

Les Sumériens voyaient dans leurs rois les ambassadeurs des dieux-patrons de leurs cités respectives. Au début de son histoire, Sumer comptait ainsi une douzaine de cités, chacune faite d'une ville entourée d'un certain nombre de villages. C'étaient des royaumes indépendants. Au centre de chaque ville se dressait une ziggurat surmontée d'un sanctuaire et bordée de pièces réservées aux prêtres. L'emplacement du temple et ses dimensions indiquaient que toute la ville appartenait à la divinité.

Les Sumériens croyaient que l'univers était issu d'une mer primordiale, que le ciel était un dôme surmontant une terre plate et que ciel et terre étaient séparés par une atmosphère contenant le soleil, la lune et les astres. L'univers était régi par un groupe de dieux ressemblant aux hommes, mais surhumains et immortels, qui se partageaient la responsabilité des cieux, de la terre, de l'air, de l'eau, du soleil, de la lune, du vent, de la tempête, des fleuves, etc. Quatre d'entre eux avaient participé à la création du monde: An, le dieu du ciel, Ki, dieu de la terre, Enlil qui gouverne l'air, les vents et les tempêtes, et Enki préposé à l'eau, dieu de la pluie qui féconde la terre. On vénérait ces dieux à l'aide de sacrifices et de libations. On célébrait deux grandes fêtes, le Nouvel An et la Nouvelle Lune. Le point culminant de la fête du Nouvel An était la célébration du mariage rituel du monarque régnant avec Ishtar, déesse de l'amour et de la fécondité. Ce mariage assurait la fertilité du sol et la fécondité des femmes. Par ailleurs, le dieu de la végétation était dit mourir et ressusciter chaque année avec la flore. Cela dit, il y avait plus de 500 divinités dans le panthéon sumérien, et chacune était, en plus de ses attributions particulières, le dieu d'une cité.

Les Sumériens apportèrent une contribution décisive à l'essor de la civilisation par l'invention de l'écriture cunéiforme, système représentant les lettres de l'alphabet à l'aide de coins tracés dans l'argile. On découvrit dans les différentes villes de Sumer de nombreuses tablettes traitant de questions d'ordre économique, légal ou administratif ou rapportant des mythes, des règles d'éthique, des hymnes, des lamentations, des proverbes et des fables. Ces tablettes sont de mille ans antérieures aux premiers écrits de la Bible. L'invention de l'écriture permit aux Sumériens d'ouvrir des écoles pour scribes, secrétaires et personnel administratif. Ils inventèrent également la roue qui permit le transport facile des produits fermiers vers les villes, ainsi que l'arche, et élaborèrent un calendrier. Ils travaillaient aussi le métal et inventèrent le procédé de la "cire perdue" qui consiste à fabriquer l'objet désiré en cire, à l'entourer d'argile, puis à cuire le tout. L'argile durcissait, formant un moule solide, tandis que la cire fondait. Dans le moule ainsi obtenu, on coulait le métal en fusion. Quant à la production du bronze par l'alliage de l'étain et du cuivre, elle permit un progrès considérable dans la fabrication de couteaux, d'épées et autres objets requérant un métal dur et résistant.

Les prêtres constituèrent une classe riche chargée de gérer les biens des dieux. Les temples furent des centres économiques puissants. Ils possédaient de nombreuses terres et percevaient taxes et loyers. Les paysans louaient la terre en versant un tiers à un sixième de leurs produits aux propriétaires. Quant aux souverains, envoyés des dieux, ils participaient tout naturellement à ces richesses. La découverte de la tombe d'une reine d'Ur (environ 2500 av. J.-C.) est le témoin de l'opulence des familles royales de Sumer.

L'esclavage apparut progressivement, quand des gens endettés furent contraints de vendre leurs enfants ou de se vendre eux-mêmes. Les prisonniers de guerre fournissaient eux aussi leur contingent d'esclaves. Rarement affectés à des taches agricoles, ils étaient surtout employés comme domestiques, concubines et artisans dans les villes.

Plusieurs souverains se signalèrent par leur volonté de soulager la misère de leurs sujets et d'instaurer un minimum de justice et d'équité. Le célèbre code d'Hammourabi (XVIII° siècle av. J.-C.) en est un exemple éloquent.



Les Akkadiens:

Alors que la civilisation sumérienne atteignait son apogée en basse Mésopotamie, des groupes de langue sémitique s'installèrent dans le nord du pays. Le roi Sargon y fonda une capitale, Agadé ou Akkad (ca. 2350 av. J.-C.), et s'efforça d'étendre son influence sur les autres parties du pays, cherchant à contrôler la Mésopotamie tout entière. L'archéologie atteste que l'influence de son petit-fils Naram-Sin (2196-2160 av. J.-C.) s'exerçait jusqu'à Ninive. Il fonda le premier empire mésopotamien, mais des rivalités internes et l'action de nouveaux envahisseurs en amenèrent la chute. Akkad fut complètement détruite. D'autres groupes sémites continuèrent d'infiltrer la Mésopotamie, parmi lesquels les Cananéens de l'est appelés Amarru ou Amoréens, apportant avec eux de nombreux dialectes sémitiques dont l'araméen.

Pendant un certain temps, Lagash et Ur se disputèrent la prédominance sur la Mésopotamie. Ur-Nammu, fondateur de la troisième dynastie d'Ur, et ses successeurs régnèrent sur une grande partie du pays (environ 2060 à 1950 av. J.-C.). Mais la domination d'Ur fut de courte durée. Les nomades sémitiques que furent les Amoréens y mirent fin. Cependant Abraham avait peut-être déjà quitté le pays à cette époque.

Cf. dans Jules-Marcel Nicole, Précis d'Histoire des Religions, 1990, le chapitre sur la religion mésopotamienne, p. 39 ss.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:31

CHAPITRE 3: ABRAHAM ET SES DESCENDANTS

La Bible dit d'Abraham qu'il était un "Araméen nomade" (Deutéronome 26:5). Aram était l'un des fils de Sem (Genèse 10:22). Il semble que le terme "araméen" ait désigné un groupe de nomades sémites amoréens vivant en tribus dispersées en Syrie et en Mésopotamie.

Quand la troisième dynastie d'Ur tomba en 1950 av. J.-C. aux mains des Elamites venus de l'est, la puissance sumérienne établie depuis plus de 1500 ans s'effondra et, pendant la période qui suivit, les puissantes villes de Kish, Erec, Babylone, Larsa, Isin et Lagash furent constamment en guerre.



Charan:

Selon Genèse 11:31, le père d'Abraham partit avec sa famille d'Ur en Chaldée et s'installa à Charan. On ne sait ni quand ni pourquoi. Les invasions des Guti ou des Elamites y furent peut-être pour quelque chose. Le nord de la Mésopotamie était habité essentiellement par des Amoréens venus de l'ouest. Alors que Babylone et Larsa se disputaient la basse Mésopotamie, les Amoréens contrôlaient la haute Mésopotamie dont les principaux centres furent Assur et Mari sur l'Euphrate moyen.

Charan est un plateau situé entre le Tigre et l'Euphrate. L'altitude y interdisait tous travaux d'irrigation. Par contre, il y pleuvait plus qu'en plaine, d'où la présence de pâturages et, par conséquent, de nombreux nomades. Les tablettes découvertes à Mari, au sud de Charan, mentionnent plusieurs villes dont les noms sont identiques ou ressemblent à ceux des parents d'Abraham. Charan était à la fois le nom de son frère et celui de la ville où son père s'installa avec sa famille. De même Nachor, nom d'une ville (Genèse 24:11), ainsi que du grand-père et du frère d'Abraham (Genèse 11:24-26). Il se pourrait que des ancêtres du patriarche aient vécu là et donné leurs noms aux campements fondés par eux, et que ces noms aient survécu dans la famille pendant plusieurs générations. D'importantes découvertes archéologiques furent faites à Mari, non loin de Charan. Elles peuvent nous apprendre beaucoup sur le contexte culturel dans lequel vécut Abraham, avant de se rendre en Canaan.



Canaan:

Selon Genèse 10:19, le pays de Canaan s'étendait "depuis Sidon, du côté de Guérar, jusqu'à Gaza, et du côté de Sodome, de Gomorrhe, d'Adma et de Tseboïm, jusqu'à Léscha". L'expression "de Dan à Beer-Schéba" ou: "de Beer-Schéba à Dan" (Juges 20:1; 1 Chroniques 21:2) désignait toute l'étendue du pays. Les terres incultes au sud et à l'est, la Méditerranée à l'ouest, le Liban et l'Hermon au nord en constituaient les frontières naturelles. Le pays était traversé d'importantes routes marchandes. L'une reliait l'Egypte à l'Asie, l'autre joignait l'Arabie aux plaines côtières et, par conséquent, à l'Egypte. Canaan était de ce fait un pont entre les grandes civilisations de l'époque.

Avant la migration des Amoréens, il devait y avoir des non-Sémites dans le pays. Les lettres d'Amarna attestent en effet qu'on y parlait aussi des idiomes non sémitiques. C'était le cas des Horiens (ou Hurrites), d'origine indo-iranienne, et des Hittites (ou Héthiens).

A l'époque d'Abraham, le centre de la Palestine était peu cultivé. C'était le domaine des nomades. Abraham vécut dans le Négueb propice à l'élevage des moutons avec ses 250 à 500 mm de précipitations annuelles. Les pérégrinations des nomades étaient déterminées par la présence de sources et de puits dont la Genèse révèle la grande importance. Alors qu'il campait à Sichem, en route vers le sud, Abraham reçut la promesse que ses descendants hériteraient du pays. Une famine le contraignit à séjourner un certain temps en Egypte. Revenu en Canaan, il vint habiter "près des chênes de Mamré, près d'Hébron" (Genèse 13:18). L'expression "près d'Hébron" a peut-être été ajoutée par la suite, pour situer Mamré pour les générations postérieures. Hébron, en effet, fut fondé après l'époque d'Abraham.

On ne peut établir avec précision la date de naissance du patriarche ni celle de son entrée en Canaan. Il semble à peu près certain qu'il vint s'y établir peu après 2000 av. J.-C.

Des textes de la 3° dynastie d'Ur (environ 2050 av. J.-C.) mentionnent un peuple appelé Habiru. On crut d'abord qu'il s'agissait des descendants d'Abraham ("Habiru" pourrait venir d'un verbe hébreu signifiant "traverser"), mais on pense maintenant que le terme désignait plutôt une classe qu'une race, des étrangers qui cherchaient à survivre en proposant leurs services d'esclaves aux riches et aux autorités gouvernementales.

Nous avons déjà évoqué les tablettes découvertes à Nuzi, ville horienne au nord-est de la Mésopotamie. Les coutumes sociales qu'elles attestent permettent de mieux comprendre certains faits et gestes d'Abraham et de ses descendants. Abraham, n'ayant pas d'enfant, avait choisi son serviteur Eliézer de Damas comme héritier (Genèse 15:2). Plusieurs textes de Nuzi mentionnent des modèles d'adoption. La loi horienne interdisait aussi la vente directe de terres, d'où le transfert par héritage. Le droit de propriété était transféré souvent sous le couvert de l'adoption d'esclaves qui devenaient héritiers des propriétaires terriens.

A Nuzi, le contrat de mariage obligeait une femme stérile à présenter à son mari une esclave pour concevoir des enfants avec elle. Si l'esclave accouchait d'un fils, la femme légitime avait le droit de le considérer comme le sien (Genèse 16:2). D'autre part, la loi de Nuzi comprenait une clause selon laquelle le fils de la femme esclave devenu héritier occuperait la deuxième place s'il naissait plus tard un fils à la femme du maître. Il ne devait cependant pas être renié et avait sa part d'héritage. Selon la loi de Nuzi, Ismaël était l'héritier d'Abraham jusqu'à la naissance d'Isaac. Il devint ensuite le deuxième fils du patriarche, mais ne pouvait pas être renié. D'où la peur d'Abraham, quand Sara chassa Agar et Ismaël (Genèse 21:8-11).

Selon les coutumes de Nuzi, le droit d'aînesse était négociable entre membres de la famille. La ruse de Jacob pour obtenir le droit de primogéniture n'était pas inhabituelle dans la culture Nuzi (Genèse 25:29-34). Les textes de Nuzi parlent aussi d'un cas où un homme adopta un fils, lui donna sa propre fille et le fit héritier. Le fils adoptif promettait en échange de ne pas contracter d'autre mariage. Or Laban n'avait pas de fils quand Jacob vint travailler chez lui. Il semble n'en avoir engendré que par la suite (Genèse 31:1). D'après Genèse 29, Jacob était plutôt son fils adoptif que son gendre. Mais il se pourrait que Laban ait appliqué la loi de Nuzi qui stipulait que les enfants nés du fils adoptif n'auraient aucun droit sur le patrimoine, si un fils naturel naissait après l'adoption. Cela expliquerait les récriminations de Léa et de Rachel se plaignant de ce qu'elles et leurs enfants étaient dépossédées de leurs biens (Genèse 31:14-16).

D'autre part, les dieux de la maison faisaient valoir le titre de propriété. En prenant les dieux de son père Laban, Rachel s'assurait le droit de propriété de Laban pour son mari. Ce geste dépossédait les fils de Laban nés après l'adoption de Jacob et donc héritiers légitimes, de leur droit de propriété. Le vol de Rachel avait ainsi pour but de sauvegarder pour Jacob le droit au patrimoine. Laban et Jacob trouvèrent finalement un compromis: Jacob promit de ne pas épouser d'autres femmes, et Laban de son côté l'affranchit ainsi que ses épouses, lui rendant sa liberté.

Selon le récit de la Genèse, il y avait cinq villes florissantes au sud de la Mer Morte, Sodome, Gomorrhe, Adma, Tsoar et Tséboïm. Elles furent détruites dans les circonstances qu'on connaît (Genèse 19:24-28). Aucune trace de ces villes n'a été trouvée. Sans doute se situaient-elles dans la région maintenant submergée par la partie sud de la Mer Morte. C'est ce que semble confirmer la présence du Jebel Usdum, une masse de sel cristallin longue de 7,5 km et haute de 230 m. Le nom arabe Jebel Usdum signifie "mont de Sodome".

Cf. dans J.-M. Nicole, Précis d'Histoire des Religions, 1990, le chapitre sur les religions cananéennes, p. 46 ss.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:32

CHAPITRE 4: L'ESCLAVAGE EN EGYPTE ET L'EXODE

Depuis l'époque d'Alexandre le Grand, l'Egypte a été appelée le don du Nil. C'est grâce aux eaux de ce fleuve que la vie était possible le long de ses rives. Avec 6671 km, c'est le plus long cours d'eau du monde. Le delta se construisit au fil des siècles par de riches dépôts alluviaux et s'étend sur environ 190 km. L'embouchure était constituée dans l'Antiquité de cinq à sept branches dont il ne reste plus que deux. Les sédiments qui se sont accumulés le long de ses rives ont créé une vallée de terre cultivable dont la largeur varie de 2 à 35 km. En amont, des terrains plus rocailleux expliquent la présence de six cataractes.

A hauteur de la 4° se trouvait le royaume de Cush ou l'Ethiopie antique. Entre la première et la troisième était la Nubie. Quant à l'Egypte, elle se situe entre la 1° cataracte et la Méditerranée. Les pluies torrentielles de l'Afrique Centrale ravitaillent en eau une série de lacs qui provoquent une inondation annuelle de la vallée fluviale en Egypte. Ce phénomène naturel était considéré comme vital et célébré par des fêtes. Pendant ces festivités, le dieu du Nil, Hapi, était représenté offrant de la nourriture et des boissons à d'autres dieux, symbole de l'abondance du fleuve. Hapi fut par la suite supplanté dans le panthéon égyptien par Osiris, dieu de l'inondation. Quant au dieu-crocodile Sopek, on lui attribuait le pouvoir de la provoquer chaque année.

Le Nil favorisa de bonne heure le développement d'une riche civilisation grâce aux terres qu'il fécondait de ses eaux. L'histoire des pharaons depuis le 3° millénaire av. J.-C. jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 332 av. J.-C. est faite de 30 dynasties.

La 1° dynastie fut établie vers 3000 av. J.-C. par Menes de Thinis qui réunit la haute et la basse Egypte en un royaume unique. Il déplaça sa capitale de Thinis à Memphis située à l'apex du delta du Nil. On pensait à cette époque que Re, le dieu soleil adoré à Héliopolis, s'était créé lui-même des eaux des enfers, puis qu'il avait donné naissance à d'autres dieux cosmiques lesquels enfantèrent les divinités du panthéon égyptien, Isis, Set, Osiris, Nephthys, etc. Pharaon, fils ou au moins représentant de Re, devait se soumettre comme le dieu soleil lui-même à un rite de purification journalier. Parallèlement au culte de Re se développa le culte du dieu Thot, fils de la divinité-faucon Horus. Thot était représenté par un ibis. Il était l'agent de la création du monde et des jugements divins sur les hommes. Mais une troisième religion surgit à Memphis, dont le dieu s'appelait Ptah. Ainsi l'Egypte connut plusieurs traditions religieuses avec une multitude de dieux.



De l'ancien empire à l'Exode:

L'Ancien Empire, appelé encore l'Age des Pyramides, couvrit une période allant de 2700 à 2200 av. J.-C., de la 3° à la 6° dynastie. A cette époque appartient la célèbre "pyramide à degrés" de Djoser, attribuée à Imhotep, magicien, prêtre, architecte, physicien et sage. Le mausolée en pierre de taille était destiné au roi-dieu et à la cour qui allait le servir dans l'autre monde. La 3° dynastie (2650-2500 av. J.-C.) est connue pour la construction des trois pyramides de Guizèh. La plus grande, appelée Pyramide de Chéops, couvre 8 hectares de terrain. Il fallut 30 ans et d'incroyables ressources pour la construire. Les énormes pierres calcaires étaient taillées avec une précision extraordinaire à l'est de Guizèh. Quant aux pierres de granit rouge et gris, elles étaient acheminées depuis Assouan à 800 km en amont, tandis que d'autres pierres venaient de la péninsule du Sinaï. La Grande Pyramide est faite de 2 à 3 millions de blocs de pierre dont chacun pèse en moyenne 2 tonnes.

La deuxième pyramide fut construite pour Chéphren. A côté d'elle se dresse le sphinx représentant le pharaon sous la forme d'un lion couché, à tête humaine. Il mesure 75 m de long et 17 m de haut.

Une première période intermédiaire (2200-2000 av. J.-C. est marquée par le règne de souverains incompétents qui aboutit au démantèlement de l'Ancien Empire. L'Egypte connut alors des intrigues politiques, des troubles sociaux, le pillage et l'invasion par des bédouins asiatiques.

Puis vint le Moyen Empire (2000-1800 av. J.-C.), contemporain d'Abraham. Il y eut rivalité entre Memphis en basse Egypte et Thèbes en haute Egypte. La victoire des chefs de la haute Egypte permit la réunification du pays et ramena la paix et la stabilité. La 12° dynastie instaura de nouvelles structures politiques et sociales, conquit des territoires nouveaux en envahissant la Nubie, exploita la richesse minérale de la péninsule du Sinaï et augmenta la superficie des terres agricoles en améliorant le système d'irrigation. C'était l'époque d'Abraham et d'Isaac. Pour ce qui concerne Joseph, certains historiens situent sa venue en Egypte quelques décennies plus tard, à l'époque des Hyksos, chefs étrangers d'origine sémitique qui prirent le pouvoir au XVIII° siècle av. J.-C.

De 1800 à 1570 av. J.-C., l'Egypte connut une deuxième période intermédiaire avec une nouvelle désintégration due à la rivalité entre les dynasties de Thèbes et celles du Delta et à une invasion étrangère. Les Hyksos venus de la Palestine avec des chariots tirés par des chevaux étaient devenus si nombreux qu'ils prirent le pouvoir. Ils établirent leur capitale à Avaris, dans le Delta, que Ramsès II appela plus tard de son nom. La thèse qui veut que Joseph soit venu en Egypte à l'époque des Hyksos se fonde essentiellement sur la conviction que les sympathies du pharaon pour Joseph s'expliquent mieux si le souverain était lui-même un sémite (Exode 1:11). D'autres savants au contraire se fondent sur 1 Rois 6:1 indiquant que la construction du temple par Salomon eut lieu 480 ans après l'Exode, pour situer celui-ci en 1440 av. J.-C., et donc la venue de Jacob en Egypte entre 1870 et 1840 av. J.-C., soit un siècle avant l'avènement des Hyksos.

Le Nouvel Empire se situe entre 1570 et 1090 av. J.-C. Alors que les Hyksos régnaient sur le Delta en basse Egypte, les rois de Thèbes continuaient à exercer un certain contrôle sur la haute Egypte. Ils finirent par les expulser, réunifiant l'Egypte et fondant avec Ahmès I (1570-1546 av. J.-C.) la 18° dynastie (1570-1310 v. J.-C.). Celui-ci assura la supériorité de son armée en la dotant de l'arc asiatique et de chars tirés par des chevaux. Il assuma le rôle de dictateur et fit de ses sujets des serfs.

Thoutmès I (1525-1494 av. J.-C.) établit un contrôle sévère sur les provinces égyptiennes de Syrie et de Canaan. Il fut le père de la princesse Hatshepsout qui, pour avoir droit au culte divin, prit le titre de roi et régna de 1486-1468 av. J.-C. Certains historiens pensent qu'elle était la princesse qui sauva Moïse des eaux et l'adopta comme son fils, mais la plupart des experts estiment que l'Exode n'eut lieu que vers 1300 av. J.-C.

Hatshepsout se consacra à des travaux de construction et à des échanges commerciaux paisibles avec l'étranger. Elle épousa son demi-frère, fils d'une concubine, qui lui succéda sous le titre de Thoutmès III (1490-1435 av. J.-C.). Celui-ci amena l'Egypte à l'apogée de sa puissance, en étendant l'empire jusqu'à l'Euphrate au nord et à la 4° cataracte dans le territoire de Nubie au sud.

Aménophis III (1406-1370 av. J.-C.) entretint des relations amicales avec les puissances asiatiques en épousant plusieurs princesses. Son fils Aménophis IV (1370-1353 av. J.-C.) mérite une mention particulière. C'est en effet de son règne que datent les centaines de tablettes en argile découvertes à Tell el-Amarna. Il bouleversa aussi les traditions religieuses de son pays en promouvant le culte d'Aton (le Disque Solaire) qu'il disait être le seul dieu, et changea son nom en Akhenaton, en l'honneur d'Aton. Ce fut, cent ans avant Moïse, l'émergence provisoire d'une religion de caractère monothéiste en Egypte. Les prêtres d'Héliopolis se virent soutenus par son action, tandis que les prêtres rivaux d'Amon-Re à Thèbes furent destitués de leurs fonctions. A la mort d'Akhenaton, ils restaurèrent cependant le culte d'Amon-Re.

Pendant leur esclavage, les Israélites étaient exposés au culte de nombreux dieux et n'eurent guère l'occasion d'être instruits dans les enseignements de Yahvé qu'ils n'avaient du reste pas le droit d'adorer. Il fallait qu'ils sortent de ce pays idolâtre et que Dieu se révèle à eux, s'ils voulaient être son peuple.

On pense généralement que Ramsès II (1290-1224 av. J.-C.) fut le pharaon de l'Exode. Il fit agrandir Avaris, sa capitale, et bâtir Pithom et Ramsès, dont il fit des villes d'approvisionnement. Un siècle plus tard, après la mort de Ramsès III (1175-1144 av. J.-C.), l'empire égyptien perdait ses possessions au-delà du Nil, notamment la Syrie et la Palestine, et s'effondrait. Les souverains postérieurs ne parvinrent pas à restaurer l'âge d'or de l'Egypte.

Cf. dans J.-M. Nicole, Précis d'Histoire des Religions, 1990, le chapitre sur la religion égyptienne, p. 31 ss.



L'Exode:

La date de l'Exode, nous l'avons vu, a soulevé de nombreux débats. Beaucoup l'ont situé vers l'an 1440 av. J.-C., en se fondant sur 1 Rois 6:1 qui affirme que Salomon bâtit le temple 480 ans après l'Exode, au cours de la 4° année de son règne. Or il monta sur le trône en 961 av. J.-C., ce qui porte l'Exode à 1438 av. J.-C. Les fouilles faites à Jéricho sont censées confirmer cette date. Par ailleurs, une peinture murale d'une tombe datant du XV° siècle av. J.-C. montre des esclaves fabriquant des briques en incorporant du sable et de la paille à des mottes de boue du Nil et en les faisant sécher au soleil. Enfin, les tablettes de Tell el-Amarna de la même époque parlent des Habiru que certains ont identifiés aux Hébreux.

Une datation plus récente situe l'Exode vers 1290 av. J.-C., en se fondant sur l'affirmation d'Exode 1:11 selon laquelle les esclaves hébreux construisirent les villes de Pithom et de Ramsès. On pense que Ramsès était un autre nom pour Avaris et que ces travaux de construction eurent lieu pendant les règnes de Séthi I (1310-1290 av. J.-C.) et de son fils Ramsès II (1290-1224 av. J.-C.). Cent cinquante ans séparent ces deux dates. Difficile de trancher!

Il s'éleva en Egypte un roi qui "n'avait pas connu Joseph" et qui, craignant que les Hébreux ne se multiplient dans le pays, décida de les opprimer et de faire périr leurs premiers-nés (Exode 1:8.10.16). On connaît l'histoire de la naissance de Moïse, caché dans une corbeille pour échapper au génocide et découvert par la fille du roi qui décida de l'adopter (Exode 2). C'est ainsi qu'il fut initié à la culture égyptienne (écriture, religion, diplomatie, droit, etc.).

Ayant tué un Egyptien qui s'en prenait à un compatriote, il dut fuir à l'étranger et fut pendant 40 ans berger au service de Jéthro, appelé encore Réuel. Il eut ainsi tout loisir de se familiariser avec le désert. Dieu se révéla à lui dans le buisson ardent. Cette révélation s'imposait, quand on sait que Moïse avait grandi au milieu des traditions religieuses de l'Egypte. Elle l'équipa aussi pour la tâche surhumaine qui lui était confiée. Bien que le culte de Yahvé eût existé au temps d'Abraham, il est fort possible qu'il se soit éteint pendant l'esclavage en Egypte. En tout cas, il n'avait aucune possibilité de s'exercer publiquement. Il fallut les révélations du Sinaï et les 40 années de pérégrinations et de leçons dans le désert pour détourner Israël du culte des dieux égyptiens. Mais il fallut aussi pour cela un homme du profil et de l'envergure de Moïse.

Après les plaies d'Egypte, la consommation de l'agneau pascal et la mort des premiers-nés des Egyptiens, y compris du pharaon, Moïse conduisit le peuple "de Ramsès à Succoth" (Exode 12:37). Ils ne prirent pas la "route des Philistins" (Exode 13:17), le long de la côte, pour n'avoir pas à les affronter. Poursuivis par l'armée égyptienne, ils prirent peur et critiquèrent Moïse (Exode 14:11). Mais celui-ci resta fidèle à Yahvé qui se servit de lui pour opérer un miracle, une délivrance que le peuple ne cessa de commémorer par la suite et qui est chez les prophètes la préfiguration de cette autre délivrance que le Christ est venu apporter aux siens. Cela dit, il est impossible de déterminer l'endroit exact de la traversée. Le texte hébraïque ne parle pas de la Mer Rouge, mais de la "Mer des Joncs", appellation qui désigne un endroit marécageux qui n'est plus localisable de nos jours. Ce pouvait être aussi bien à hauteur de la Mer Rouge que dans le delta du Nil.

Quant au Mont Sinaï ou Horeb, on ne peut pas davantage l'identifier avec certitude. C'est à n'en pas douter un des sommets de la péninsule du Sinaï qui s'étend entre la Mer Rouge et le golfe d'Aqaba, sur 420 km de long et 225 km de large. Dans sa partie méridionale se situe une chaîne de montagnes de granit atteignant 2600 mètres où les Egyptiens exploitaient des mines de cuivre et de turquoise. Moïse y vécut un certain temps avec son beau-père Jéthro (Exode 2:16 ss.; 18:1 ss.), qui faisait partie d'un clan madianite appelé les Kéniens (Juges 1:16; 4:11).

Pendant tout le temps que dura la traversée du désert, Dieu nourrit son peuple à l'aide de manne et de cailles. Cet animal qui hiberne en Afrique émigre en groupes importants vers le nord, quand vient le printemps. Vol épuisant qui oblige l'oiseau à se poser au sol pour retrouver des forces. Le Mont Sinaï a été traditionnellement identifié au Djebel Mousa actuel, mais sans aucune certitude. Les Israélites y arrivèrent trois mois après leur sortie d'Egypte (Exode 19:1) et y restèrent environ un an, tandis que Moïse recevait les tables de la Loi et qu'on construisait le tabernacle.

Partant du Sinaï, le peuple entra dans les déserts de Paran et de Tsin. Aucune des étapes mentionnées dans Nombres 33:16-35 ne peut être identifiée avec certitude, à l'exception de Hatséroth et d'Etsjon-Guéber. Les Hébreux avaient sans doute projeté d'entrer en Canaan par le sud, mais le rapport pessimiste des espions (Nombres 13) et une défaite à Horma (Nombres 14:39-45) les découragèrent tant et si bien qu'ils furent condamnés à vivre dans la région jusqu'à la mort de la génération qui avait vécu l'Exode.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:33

CHAPITRE 5: LE PAYS DE CANAAN

Le pays de Canaan va de la "rivière d'Egypte" (Genèse 15:18) dans la péninsule du Sinaï jusqu'aux contreforts du Mont Hermon, et de la Méditerranée au Jourdain. L'expression "de Dan à Beer-Schéba" (Juges 20:1; 1 Samuel 3:20) le désigne dans la distance nord-sud, environ 240 km, avec une largeur maximale à hauteur de Jérusalem de 120 km. Pendant le règne de Salomon, ses frontières avaient été considérablement reculées, notamment jusqu'à Etsjon-Guéber où le roi entretenait une flotte marchande. Canaan était entouré de la Syrie au nord, des royaumes des Ammonites et des Moabites à l'est, du territoire des Edomites puis des Nabatéens au sud-est, de la steppe du Sinaï au sud, et, à l'ouest, de la plaine côtière occupée par les Philistins. Une foule d'ethnies dont la plupart étaient sémites habitaient le pays: Amalécites, Amoréens, Héthiens, Jébusiens, etc.

Une chaîne de montagnes issue du Mont Liban traverse le pays du nord au sud, disparaît dans le désert du Négueb et resurgit dans le Sinaï, à environ 400 km au sud de Beer-Schéba. Une autre chaîne à l'est du Jourdain forme les hauteurs de Basan, Galaad, Moab et Edom. Entre la mer et la chaîne centrale s'étend la plaine maritime, et entre les deux chaînes de montagnes la vallée du Jourdain. Le climat varie beaucoup selon qu'on se trouve sur le Mont Hermon à 2815 m d'altitude ou près de la Mer Morte à 400 m en-dessous du niveau de la mer.

Le Négueb est une région aride au sud du désert de Juda, avec quelques sources et des puits fournissant l'eau à de petits groupes de nomades. C'est là qu'Israël erra pendant 38 ans avant d'entrer dans la terre promise.

La plaine côtière longe toute la Palestine. Elle est faite de trois parties: la plaine de Philistie, de Gaza à Joppé sur 105 km de long et 37 km de large, avec cinq villes importantes, Gaza, Askalon, Asdod, Gath et Ekron. Sa situation géographique et son potentiel agricole la gardaient ouverte aux invasions.

Puis la plaine du Saron, longue de 75 km, qui s'étend entre Joppé et le Mont Carmel, propice à l'agriculture grâce à des précipitations annuelles de 600 mm. Enfin, la plaine d'Acco, sur 32 km au nord du Carmel.

A droite de la plaine côtière, en Judée, se trouve la Séphélah, région de basses collines appropriée à l'élevage et à la culture de l'olivier, de la vigne et des céréales.

A l'époque de l'Ancien Testament, la plupart des juifs de la Palestine vivaient dans la région montagneuse au centre du pays (Galilée, Samarie, Judée). Le relief du nord de la Galilée est assez accidenté; le sud, moins vallonné, connaît un climat plus doux. La vallée de Jizreel, empruntée par les marchands et les armées, permettait d'accéder facilement de la Méditerranée à la vallée du Jourdain.

Au sud de la Galilée, la Samarie est un pays de montagnes traversé de larges vallées favorables à l'agriculture. Sichem, entre le Mont Ebal et le Mont Garizim, revêt une importance historique. Jacob y acheta une parcelle de terre des Cananéens (Genèse 33:18.19). Sa fille Dinah fut séduite par un habitant du lieu et vengée par ses frères Siméon et Lévi qui tuèrent tous les hommes de la ville. Plus tard, Joseph fut enterré dans la parcelle achetée par son père. La ville de Samarie, construite vers 870 av. J.-C., devint la capitale du Royaume du Nord. Achab y construisit un palais d'ivoire. A 18 km au sud de Sichem se trouvait Silo où on garda l'arche de l'alliance qui servait de sanctuaire national avant la construction du temple (Josué 18:1). Béthel où Abraham construisit un premier autel et où Jacob eut son fameux songe, se situe également en Samarie, sur la route qui va de Jérusalem à Sichem.

Puis vient la Judée, territoire des tribus de Juda et de Benjamin qui s'étendait de Béthel à Beer-Schéba sur 75 km de long et 30 km de large. La plus isolée et la plus facile à défendre des régions de la Palestine. Elle avait pour capitale Jérusalem, d'un mot sémitique signifiant "paix", peut-être à l'origine un centre d'adoration dédié à Shalem, ancien dieu de la paix. Elle est appelée Urushalim dans les textes d'exécration égyptiens du XIX° av. J.-C. La première référence biblique à la ville (Salem) se trouve dans Genèse 14:18. Jérusalem se dresse sur un plateau de la chaîne montagneuse de Judée, à une altitude de 762 m. Plusieurs routes y convergeaient depuis la Méditerranée, une autre donnait accès à Jéricho et à la vallée du Jourdain. Des vallées, qui jadis étaient de véritables ravins, entouraient la ville. Le Mont Morija fut le site où se dressait le temple (2 Chroniques 3:1). Sion qui était à l'origine le rocher de la partie sud de la colline, finit par désigner la colline sur laquelle se dressait le temple et même Jérusalem tout entière.

David prit Jérusalem aux Jébusiens pour en faire la capitale de son royaume. Il y construisit son palais (2 Samuel 5:11), y dressa une tente pour l'arche et rassembla les matériaux qui permirent à Salomon de construire le sanctuaire (1 Rois 5:3 ss.).

La Judée est une région vallonnée relativement peu peuplée, dont l'altitude varie de 610 à 1020 m. A l'est de Jérusalem, le désert de Juda s'étend jusqu'à la Mer Morte. Son isolement offrait un lieu de séjour idéal à ceux qui, tels les Esséniens, voulaient se soustraire aux influences corruptrices de la société. A 12 km au sud de Jéricho, ils fondèrent une communauté au II° siècle av. J.-C., l'abandonnèrent en 31 av. J.-C. à la suite d'un tremblement de terre qui détruisit le système d'approvisionnement en eau, puis la rétablirent jusqu'à l'occupation romaine en 68 apr. J.-C. Qumrân fut à nouveau occupé pendant la guerre qui opposa les juifs aux Romains de 132 à 135 apr. J.-C.

Une forteresse fut érigée à Massada, sur la falaise rocheuse au sud d'En-Guédi. Les Zélotes s'y retranchèrent pendant la révolte juive de 66-70 apr. J.-C. et choisirent de mourir de leurs mains plutôt que de périr entre celles des Romains. Les femmes et les enfants furent tués d'abord, puis les hommes se tuèrent réciproquement.

Le Jourdain prend sa source à 2808 m d'altitude, dans les contreforts du Mont Hermon, traverse le lac Hulé aux dimensions relativement modestes (3 x 6 km, avec une profondeur variant entre 2,75 et 5 m), puis la Mer de Galilée (10 x 20 km), encaissée entre des collines à l'est et à l'ouest et soumise pour cela à de violents orages. A 37 km au sud, la vallée du Jourdain s'élargit sur 18 km avec un sol relativement fertile, puis se rétrécit en Samarie. La vieille ville de Jéricho se trouvait à 10 km de la Mer Morte et 7 km à l'ouest du Jourdain, près d'un gué où bifurquaient les routes marchandes rejoignant Béthel et Sichem au nord, Jérusalem à l'ouest et Hébron au sud. Descendre "de Jérusalem à Jéricho" signifiait passer de 762 m au-dessus du niveau de la mer à 244 m en-dessous, sur une distance de 25 km!

Le Jourdain se jette, après un parcours à vol d'oiseau de 180 km, dans la Mer Morte. En réalité, la longueur du fleuve aux nombreux méandres est sept fois égale à cette distance. Il est le seul fleuve au monde dont le cours se situe dans sa plus grande partie au-dessous du niveau de la mer. Comme la Mer Morte située à 370 m au-dessous du niveau de la mer est un vase clos, elle ne peut supprimer son eau que par évaporation, ce qui fait que le sel charrié par le Jourdain s'y est accumulé au cours des siècles. Elle est cinq fois plus concentrée en sel que la Méditerranée et mérite donc véritablement son nom de Mer Morte. Longue de 75 km, large de 15 km et profonde de 400 m, elle est bordée de collines dénudées et abruptes. La partie sud de la mer couvre sans doute les sites de Sodome et de Gomorrhe.

La région située entre la Mer Morte et le Golfe d'Aqaba, appelée Araba du sud, c'est-à-dire steppe du sud, longue de 170 km, était occupée par les Edomites au moment de la conquête. De la grande dépression de la Mer Morte, on remonte progressivement au niveau de la mer à Pétra. Salomon y faisait extraire du fer et du cuivre.

A l'est de la Mer de Galilée, des collines forment un plateau fertile connu sous le nom de Basan et réputé pour ses bovins. C'était, au temps du Christ, la Gaulanitide, la Trachonitide et la Batanée. En-dessous, Galaad (appelée par la suite Pérée ou Décapole, fortement influencée par la culture hellénistique), était une région montagneuse très boisée et riche en cours d'eau, procurant de beaux pâturages au gros bétail.

Enfin, à l'est de la Mer Morte, un haut plateau s'élève jusqu'à 920 m. Moins irrigué que Galaad, mais aussi moins accidenté, il se prêtait à la culture. C'est là, sur les hauteurs du Mont Nebo, que Moïse contempla le pays de Canaan avant de mourir.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:34

CHAPITRE 6: LA CONQUETE DE CANAAN



Sinaï et le tabernacle:

L'ayant délivré à main forte et à bras élevé, Dieu conduisit Israël dans le désert jusqu'au Mont Sinaï et conclut là une alliance avec lui. Celle-ci avait son origine dans la promesse qu'il avait faite à Abraham de lui donner un pays et de faire de lui une nation puissante (Genèse 12:1-3), promesse qui était devenue une alliance avec le patriarche (Genèse 17:1-14). Il s'agissait maintenant d'élargir l'alliance au peuple issu de ses reins. La délivrance puissante de l'esclavage en Egypte démontrait la fidélité du Seigneur à ses engagements. Il demandait à son peuple, en retour, de le servir dans l'obéissance et la sainteté. C'est à ce prix qu'Israël lui appartiendrait entre tous les peuples et qu'il le bénirait (Exode 19:5.6). Les dix Commandements étaient en quelque sorte la charte de l'alliance conclue.

Dieu ordonna la construction d'un tabernacle, lieu de culte portatif qui abritait l'arche de l'alliance et rappelait à Israël ses responsabilités. C'était "la tente d'assignation" (Exode 33:7) et "la maison de l'Eternel" (Exode 23:19). Il était fait de dix tapis de fin lin, protégés par une couverture de peaux d'animaux. Un voile séparait le lieu saint du saint des saints. Orienté vers l'est, il était entouré d'un parvis fait de toiles de lin mesurant 23 m x 45 m. L'autel des holocaustes se trouvait au centre du parvis, et la cuve d'airain destinée aux ablutions des prêtres entre lui et le tabernacle. Dans le lieu saint se trouvaient la table avec les pains de proposition, le chandelier d'or à sept branches et l'autel des parfums. Derrière le voile, dans le saint des saints, était disposée l'arche de l'alliance, symbole de la présence de Yahvé. Quant aux douze tribus, elles étaient disposées autour du tabernacle selon un ordre rigoureux.



Le séjour dans le désert:

Ayant séjourné un an au pied du Mont Sinaï, les Israélites se dirigèrent vers le désert de Paran où ils passèrent l'essentiel des 40 ans de pérégrinations (Nombres 10:11 ss.). Au nord se trouvait le désert de Tsin avec l'oasis de Kadès-Barnéa, carrefour de routes marchandes. Le territoire appartenait aux Ismaélites (Genèse 21:21). C'est de Kadès-Barnéa que partirent les espions chargés d'inspecter le pays de Canaan. Ils revinrent au bout de 40 jours et firent un rapport alarmant sur l'importance numérique et la puissance des peuples qui l'habitaient (Héthiens au nord, Cananéens dans la vallée du Jourdain, Amalécites au sud, avec en plus des géants et des villes fortifiées). Israël prit peur et se révolta contre Moïse, suscitant la colère de Dieu qui se déclara prêt à le détruire. Mais Moïse intercéda pour lui, ce qui incita le Seigneur à commuer la peine en une pérégrination de près de 40 ans, jusqu'à la mort de la génération sortie de l'Egypte.

Pendant l'errance dans le désert, deux familles fomentèrent une nouvelle révolte qui se calma quand la terre s'ouvrit pour les engloutir (Nombres 16). Les 40 ans dans le désert semblent avoir été une période de transition nécessaire. Les Israélites qui avaient grandi en Egypte où on adorait d'autres dieux étaient lents à comprendre et adopter le culte de Yahvé et persistaient à vénérer d'autres dieux.

Marie, soeur de Moïse, mourut à Kadès-Barnéa et y fut enterrée (Nombres 20:1). Un jour, les Israélites se plaignirent du manque d'eau. Moïse reçut alors l'ordre de prendre un bâton, de se rendre à un rocher et de lui parler. Au lieu de cela, il frappa le rocher avec sa propre verge, laissant peut-être supposer que l'eau en jaillit grâce à son propre pouvoir (Nombres 20:10.11). A cause de cela, il lui fut interdit d'entrer dans le pays promis et il mourut dans le désert.

Quand fut venu le moment de la conquête, Moïse envoya des messagers au roi d'Edom pour lui demander la permission de traverser son pays. Il refusa, obligeant les Israélites à parcourir un terrain beaucoup plus difficile, près du Mont Hor aux confins d'Edom (Nombres 20:23). C'est là que mourut Aaron. Le peuple se dirigea alors vers l'est, en passant entre Edom et Moab par la vallée du Zéred, évitant soigneusement toute escarmouche (Nombres 21:10-12). Contournant Moab, ils demandèrent à Sihon, roi des Amoréens, l'autorisation de passer sur ses terres. Elle leur fut refusée (Nombres 21:21 ss.). Sihon leur déclara la guerre. Les Israélites remportèrent leur première victoire et s'emparèrent de la Transjordanie depuis le torrent de l'Arnon jusqu'au torrent du Jabbok (Nombres 21:24). Puis ils livrèrent bataille à Og, roi de Basan, et annexèrent son pays, ce qui les rendit maîtres de la Transjordanie depuis l'Arnon jusqu'au Mont Hermon. La tribu de Gad se vit attribuer la Transjordanie moyenne, tandis que Manassé reçut Basan en partage.

Alors Balak, roi de Moab, prit peur. Il embaucha le devin Balaam, sorcier professionnel mésopotamien, pour qu'il jetât un sort à Israël. Mais Balaam, confronté à une puissance supérieure, y renonça et finit par bénir le peuple de Dieu au lieu de le maudire (Nombres 24:5-14).



Mort de Moïse:

Moïse était exposé à d'énormes tensions: mécontentements et apostasie du peuple, jalousie de son frère et de sa soeur (Nombres 12), contestation de son autorité par deux cent cinquante chefs du peuple (Nombres 16), nécessité de trouver toujours suffisamment de nourriture et d'eau. Il connut ses moments de frustration et de colère à la fois contre Dieu et le peuple, devant une tâche trop difficile (Nombres 11:10-15). Mais il sut rester un homme de foi, de patience, de courage et de fidélité, doué d'une force de caractère peu commune, d'un profond sens de la justice et d'une grande intégrité morale.

Quand fut venu le moment de franchir le Jourdain pour s'emparer du pays promis, Moïse fut chargé de présenter son successeur à Israël (Nombres 27:18.19). Il donna ses dernières instructions au peuple (Nombres 33:47-35:34, et le Deutéronome, actualisation de la loi en vue de l'installation dans Canaan), puis monta sur le Pisga pour contempler la terre promise (Deutéronome 34:1-3). C'est là qu'il mourut et que Dieu lui-même l'enterra (Deutéronome 34:5.6), sans doute pour soustraire son sépulcre à toute forme de culte (Deutéronome 34:5.6). La Bible lui rend ce témoignage extraordinaire: "Il n'a plus paru en Israël de prophète semblable à Moïse, que l'Eternel connaissait face à face. Nul ne peut lui être comparé pour tous les signes et les miracles que l'Eternel l'envoya faire au pays d'Egypte contre pharaon" (Deutéronome 34:10.11).



Les campagnes de Josué:

Selon les archéologues, la période de 1200-1000 av. J.-C. fut un temps de troubles et de soulèvements entraînant la destruction et la reconstruction de nombreuses villes cananéennes. Elle coïncide avec la conquête de Canaan. Les campagnes menées par Josué sont résumées dans Josué 2-12. Mais quand il mourut, les Israélites étaient loin de posséder tout le pays.

Premier objectif: la prise de Jéricho qui permettrait de contrôler les routes allant au sud et au centre de Canaan. Alors que les Israélites campaient à l'est du Jourdain à Sittim, Josué envoya deux espions dans le pays. Ils apprirent que les roitelets de Canaan tremblaient à l'idée que le peuple qui avait vaincu Sihon et Og allait envahir le pays. Les eaux du Jourdain se séparèrent au passage de l'arche de l'alliance (Josué 3:16), ce qui permit aux Hébreux de passer à sec. Ils campèrent à Guilgal, à l'est de Jéricho (Josué 4:19).

Jéricho était l'une des grandes cités de Canaan et avait son propre roi. Comme ses habitants redoutaient les Israélites, la tactique qui consista à tourner autour de la ville pendant six jours en sonnant de la trompette, et sept fois le lendemain, acheva de les remplir de panique. Les murs de la ville tombèrent et elle fut dévouée par interdit. Elle était maudite à cause du culte dégénéré qu'elle rendait à la déesse de la fertilité (Josué 6:17 ss.). La foi des Israélites en effet était trop vacillante pour qu'ils puissent cohabiter avec des gens aussi idolâtres.

Des fouilles archéologiques menées entre 1929 et 1936 mirent à jour les restes d'une ville entourée de deux murailles. La première, haute de 9 m et épaisse de 1,85 m, a été presque entièrement détruite. Le mur intérieur était aussi haut que le premier et épais de 3,65 m. Mais à en croire des fouilles plus récentes, il n'est pas sûr qu'il s'agisse de l'ancienne Jéricho, car les ruines découvertes pourraient ne pas dater de l'époque de Josué.

Josué mena ensuite une campagne dans le sud du pays et s'empara d'Aï et de Béthel. Là-dessus, les habitants du pays, Héthiens, Amoréens, Cananéens, Phéréziens, Héviens et Jébusiens, formèrent une coalition pour se protéger contre les envahisseurs. Mais les Gabaonites recoururent à une ruse. Ils affirmèrent venir d'un pays lointain pour offrir leur alliance aux Israélites, alors qu'ils habitaient les environs immédiats. C'étaient peut-être des non-Sémites d'origine horienne qui avaient souffert du racisme des Amoréens sémites. Les peuples coalisés décidèrent de les punir pour s'être liés à Josué. Josué s'en prit alors aux rois de Jérusalem, Hébron, Lakis, Jarmuth et Eglon et les captura. Puis il en vainquit encore quelques autres et s'empara d'Hébron et de Debir.

Ayant mené à bien ses conquêtes dans le sud, il poussa vers le nord et livra bataille au roi Jabin à Hatsor (Josué 11). Il dut affronter une puissante coalition unissant Cananéens, Amoréens, Héthiens, Phéréziens, Jébusiens et Héviens (Josué 11:3), mais sut mettre leurs rois en déroute.

Josué était "vieux et avancé en âge", mais le pays qui restait encore à occuper était grand (Josué 13:1). En réalité, toute la plaine maritime et le nord aux environs du Mont Liban et des chaînes de l'anti-Liban restaient à conquérir.



Le partage du pays:

Le territoire à l'est du Jourdain avait été attribué à Ruben, Gad et à la demi-tribu de Manassé. Arrivé à Guilgal, on tira au sort pour l'occupation du territoire à l'ouest du fleuve. C'est ainsi que chaque tribu reçut ses terres en partage. Juda entre autres reçut toute la région entre Jérusalem et Beer-Schéba au sud, et Zabulon hérita de la région de Nazareth. Plusieurs tribus eurent des problèmes avec les anciens habitants du pays. C'est ainsi que les Cananéens interdirent à Manassé l'occupation de son territoire (Josué 17:12).

Josué avait été un grand chef militaire menant l'armée israélite de victoire en victoire. Mais sans lui, il n'y avait pas de cohésion entre les différentes tribus. Une fois qu'elles se furent installées chez elles, elles ne se soucièrent pas d'aider ceux qui devaient encore chasser les Cananéens vivant sur leurs terres.

Silo fut pendant longtemps le centre cultuel du peuple (Josué 18:1). C'est là que résidait l'arche de l'alliance. Cependant quand les tribus transjordaniennes eurent aidé les autres à conquérir le pays et qu'elles furent retournées à l'est du Jourdain, elles se dotèrent de leur propre lieu de culte (Josué 22:10 ss.). Ce geste fut interprété par les autres comme un signe d'idolâtrie et de rupture. Elles protestèrent alors de leur fidélité à Yahvé et de leur loyauté et parvinrent à convaincre leurs frères, évitant de peu une guerre civile.

Josué mourut après avoir rappelé au peuple toutes les bénédictions de Yahvé et l'avoir exhorté à lui rester fidèle en détruisant les autres dieux (Josué 24:14). Se souvenant de leur expérience en Egypte, les Israélites firent le voeu de servir Yahvé plutôt que les dieux de leurs ancêtres et ceux des Amoréens. Là-dessus, Josué mourut, âgé de 110 ans (Josué 24:29).
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:35

CHAPITRE 7: L'EPOQUE DES JUGES


La situation politique en Canaan:

Les Israélites constituaient un peuple, mais il n'y avait pas à l'époque de relations étroites entre les tribus. Chacune avait son propre chef et recherchait ses intérêts personnels. Le sentiment d'appartenir à une même nation était très diffus. En grande partie, parce que les tribus n'avaient pas, avant l'avènement de la monarchie, de gouvernement central.

Au moment où les Israélites prenaient possession des régions montagneuses de la Palestine, les pharaons Merneptah (1224-1214 av. J.-C.) et Ramsès III (1195-1164 av. J.-C.) s'emparaient de certaines villes cananéennes le long du littoral. La chose est commémorée par la "stèle d'Israël" sur laquelle Merneptah fit inscrire ses victoires militaires durant la cinquième année de son règne.

Quant aux Philistins, d'origine égéenne, appelés les "peuples de la mer", après avoir été refoulés par les Egyptiens, ils finirent par s'installer le long de la côte sud de Canaan. Jérémie 47:4 et Amos 9:7 les associent à Caphtor (nom hébreu de l'île de Crète), mais il n'existe pas de preuve archéologique de leur occupation de cette île. Ils assimilèrent les moeurs et la culture minoen-mycéniennes du monde égéen et les transmirent à l'Asie Mineure et à la Syrie. Arrivés en Palestine, ils se mirent à parler un dialecte cananéen et finirent par adopter l'araméen. Ils adoraient le dieu Dagon à Gaza et Asdod, Astoreth à Askalon, et Baal-Zebub ou Bel-Zebub à Ekron. Les noms de ces divinités sont sémitiques.

Les Philistins étaient doués en métallurgie, comme l'attestent de petits hauts-fourneaux déterrés à Guérar. Les Israélites apparemment dépendaient d'eux pour la fabrication d'instruments agricoles, mais se virent refuser des armes (1 Samuel 13:19.20). Leurs voisins étaient ainsi pour eux une menace constante. Il semble qu'à un moment donné ils aient occupé toute la Palestine. Un jour, ils s'emparèrent de l'arche de l'alliance et détruisirent Silo où elle avait été entreposée. Les menaces des Philistins contraignirent les Israélites à plus de solidarité et les obligèrent à instaurer la royauté.

Après la mort de Josué, à une époque où certains peuples cananéens empêchaient les Hébreux de contrôler la totalité du pays qui leur avait été donné, Juda et Benjamin décidèrent de s'unir pour les combattre (Juges 1:3). Ils ne purent cependant les chasser de partout et durent parfois cohabiter avec eux, avec tous les risques que cela entraînait sur le plan religieux. Il s'éleva en effet une nouvelle génération qui n'avait pas connu Moïse et Josué, qui fit ce qui déplaît à l'Eternel et servit Baal.



Le rôle des juges:

La mort de Josué marqua la fin d'une époque. Il fallut attendre deux siècles pour voir se lever un grand chef capable de conduire le peuple. Pendant ce temps, les tribus durent se livrer à de grands efforts de résistance locaux aux envahisseurs. Israël s'adonnait à l'idolâtrie. Dieu alors châtiait son peuple qui, opprimé, se souvenait de lui et implorait son secours. L'Eternel leur suscitait un juge qui les délivrait de la main des ennemis. Puis son peuple sombrait à nouveau dans l'apostasie. Ce cycle se répéta plusieurs fois. Yahvé avait ordonné à Israël de chasser les Cananéens, mais son peuple n'obéit pas à son commandement (Juges 3:5.6).

Le livre des Juges en mentionne treize, dont six furent plus importants que les autres: Othniel, Ehud, Débora, Gédéon, Jephthé et Samson. L'expression "juge" provient d'un verbe hébraïque qui signifie aussi bien gouverner que juger. C'étaient des chefs locaux qui cumulaient les fonctions: ils gouvernaient les tribus, commandaient leurs armées et administraient la justice.

Othniel, neveu de Caleb, vainquit un certain Cusch-Rischeathaïm, roi de Mésopotamie dont nous ne savons rien de plus, et délivra les Israélites (Juges 3:7-11).

Quand son peuple fut redevenu infidèle, Dieu dut le châtier à nouveau: pendant 18 ans il fut opprimé par Eglon, roi de Moab (Juges 3:12-20). Les Moabites étaient des descendants de Lot et donc apparentés à Israël. Ils habitaient à l'est de la Mer Morte et vinrent occuper la région de Jéricho. Le peuple opprimé fut délivré par le Benjamite Ehud qui était gaucher et profita de cette particularité pour poignarder le roi moabite.

Débora succéda à Ehud (Juges 4:1-4). L'oppresseur cette fois-ci était Jabin, roi de Hatsor, secondé de son général Sisera lequel était aussi à la tête d'une confédération de rois cananéens. Débora lança un défi aux Israélites et les exhorta à s'unir et à être fidèles à Yahvé. Le chef israélite Barak enrôla dix mille fantassins de Zabulon et Nephthali (Juges 4:6.10). D'après le cantique de Débora (Juges 5), six tribus envoyèrent quarante mille hommes au combat. Débora fut appelée "mère en Israël" (Juges 5:7), et Jaël, femme de Heber le Héthien, parvint à tuer Sisera en fuite, en lui plantant un pieu dans la tête (Juges 4:17-21). Leur victoire permit aux Israélites de prendre possession de la fertile vallée de Jizreel.

Les Madianites étaient des nomades se déplaçant à dos de chameaux, qui se livraient avec les Amalécites à des raids au temps de la moisson et pillaient récoltes et bétail, harcelant les paysans et les obligeant à fuir dans les cavernes. Un jour, Dieu, apitoyé par la misère de son peuple, lui suscita un juge, Gédéon, chargé de battre les Madianites. Celui-ci lui demanda un signe pour s'assurer de son aide. Il mobilisa une armée de 32.000 hommes, mais Dieu l'obligea à n'en garder que 300 avec lesquels il sema la confusion dans le camp des Madianites qui s'entretuèrent. On voulut le faire roi, mais Gédéon refusa et quand il mourut, le peuple s'adonna à nouveau au culte de Baal. Abimélec, fils de Gédéon (nommé ici Jerubbaal), né d'une concubine, persuada ses compatriotes de tuer ses 70 demi-frères, afin d'être le seul héritier du trône (Juges 9:1 ss.), puis se fit proclamer roi. Jotham, le seul rescapé, monta sur une montagne et cria aux habitants de Sichem l'histoire d'arbres qui choisirent un buisson d'épines comme roi. L'interprétation de la fable par Jotham s'avéra juste: trois ans plus tard, Abimélec fut tué par les habitants de Sichem.

Thola de la tribu d'Issacar fut juge sur Israël pendant 23 ans, et Jaïr, le Galaadite, pendant 22 ans. Après la mort de ces deux chefs, les Israélites retournèrent à l'idolâtrie et furent pour cela livrés aux mains des Philistins et des Ammonites.

Jephthé était galaadite et le cinquième des grands juges. Il délivra les Israélites des Ammonites (Juges 10:17-12:7). Un jour, alors que les négociations n'aboutissaient pas, il fit un voeu dément à l'Eternel pour s'assurer la victoire sur les Ammonites: il promit de lui offrir en holocauste la première personne qui, à son retour du combat, sortirait de sa maison (Juges 11:30.31). Ce fut sa fille unique dont les filles d'Israël commémorèrent le sacrifice chaque année.

Une fois de plus, les Israélites firent ce qui déplaît à l'Eternel qui les livra entre les mains des Philistins (Juges 13:1). Ceux-ci ne cessèrent de les harceler pendant 40 ans. Ils avaient l'avantage de savoir fabriquer et d'utiliser des armes de fer et de cuivre, technique qu'ils avaient apprise des Héthiens. Le poids de ces armes diminuait leur mobilité, mais ils résolurent le problème en recourant aux chars d'assaut à bord desquels ils attaquaient leurs ennemis.

La naissance de Samson était la réalisation d'une promesse faite par un ange à une femme stérile tenue par un voeu naziréen (Juges 13). Ce voeu qui stipulait entre autres que le rasoir ne passerait pas sur sa tête, fut à l'origine de sa force surnaturelle. Il épousa contre l'avis de ses parents une Philistine. Pendant les noces, Samson proposa aux Philistins une énigme. Ceux-ci obligèrent sa femme à le séduire pour qu'il lui expliquât l'énigme. Comme ils avaient gagné le pari, Samson dut leur donner 30 vêtements de rechange, ce pour quoi il tua 30 Philistins, puis partit en colère. Sa femme fut donnée à un autre. Mais quand il voulut revenir lui rendre visite, le père de celle-ci lui interdit de la voir. Alors Samson attrapa 300 renards, noua des torches enflammées à leurs queues et brûla les blés des Philistins.

Après d'autres exploits du même genre, Samson aima Dalila qui sut, à la demande des Philistins, lui arracher le secret de sa force surnaturelle (Juges 16:4 ss.). Ils vinrent lui raser la tête, le réduisant à l'impuissance, lui crevèrent les yeux et le jetèrent en prison où il fut contraint de tourner une meule. Dernier acte de bravoure qui lui coûta la vie: lors d'une fête en l'honneur du dieu Dagon, il fit mourir trois mille Philistins en renversant les colonnes du temple.

Les exploits de Samson ne marquent que le début des conflits entre Israélites et Philistins. Ils préparaient le chemin aux événements de l'époque de Samuel, Sal et David.



Situation à la fin de l'époque des juges:

Les conflits internes de l'Egypte, la disparition de l'empire héthien et la faiblesse de l'Assyrie et de la Babylonie due à l'invasion des Araméens firent qu'il n'y eut pas de grande puissance capable d'envahir Canaan pendant la période des juges. Par ailleurs, aucune coalition majeure ne se forma contre Israël. Cependant les petites attaques, les batailles localisées et les troubles étaient nombreux. Israël occupait la région montagneuse au centre du pays, mais ne put déloger de la plaine côtière les Philistins disposant d'un meilleur armement. D'autre part, la conscience nationale était plutôt faible et la solidarité avait du mal à jouer.

Pendant cette période, les Israélites passèrent progressivement d'une existence semi-nomade à la vie rurale. Les petits agriculteurs étaient essentiellement préoccupés de leur survie et ne défendaient la nation que lorsque leurs intérêts personnels étaient en jeu. D'ailleurs la réussite économique et culturelle des peuples voisins était supérieure à celle des Hébreux. C'est du moins ce que laissent deviner les découvertes archéologiques. Les villes de la côte aux mains des Philistins prospéraient grâce au commerce, tandis que dans les montagnes on menait une existence relativement précaire. Enfin, il fallait des chefs charismatiques suscités par Dieu pour assurer au peuple un répit temporaire.

Un mot à propos de Dan. Cette tribu avait reçu en partage une région comprenant les villes d'Ajalon, Tsorea, Ekron, Lydda et Japho (Josué 19:40-47). Mais les Amoréens avaient refoulé les Danites dans les montagnes (Juges 1:34.35). Ils se mirent donc à la recherche d'un autre territoire, à l'extrême nord de la Palestine. Une petite armée de 600 hommes s'empara de la ville de Laïs et changea son nom en Dan. La tribu se multiplia rapidement en se mariant avec des Cananéens. Elle cessa peu à peu de jouer un rôle dans l'histoire d'Israël. Après le schisme consécutif à la mort de Salomon, on éleva à Dan un sanctuaire avec un veau d'or (1 Rois 12:28.29) qui survécut à la réforme religieuse de Jéhu (2 Rois 10:29).

Quant à la tribu de Benjamin, elle fut un jour sévèrement punie. Alors qu'un voyageur lévite passait la nuit à Guibea, sur le territoire de Benjamin, ses habitants violèrent sa concubine jusqu'à ce que mort s'ensuive. Le Lévite coupa alors son cadavre en douze parts qu'il envoya aux douze tribus d'Israël. Toutes les tribus répondirent à son appel, à l'exception de Benjamin qui prit la défense des habitants de Guibea. Alors la ville fut incendiée, ainsi que d'autres possessions benjamites. Les membres des autres tribus formèrent le voeu de ne jamais marier leurs filles à des Benjamites, si bien que la tribu se serait éteinte, si des vierges de Jabès en Galaad n'avaient pas accepté de se rendre à Silo pour y épouser des Benjamites. Par la suite, les hommes de Benjamin eurent la permission d'enlever des filles au festival annuel de Silo près de Béthel. Ces concessions leur furent faites par ceux-là mêmes qui avaient juré de leur refuser leurs filles. Il le fallait, si on voulait préserver au complet les douze tribus issues de Jacob.

Le livre des Juges reflète la décadence religieuse et morale et la terrible vulnérabilité d'Israël pendant cette période (1200-100 av. J.-C.). "En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon" (Juges 21:25). Les événements relatés préparèrent la voie à l'avènement d'un roi en Israël.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:36

CHAPITRE 8: L'INSTAURATION DE LA ROYAUTE

Israël voulait un roi (1 Samuel 8:19.20). Humainement parlant, c'était souhaitable et même nécessaire. La pauvreté et l'insécurité régnaient dans le pays. Le peuple était mécontent.Les différents juges avaient été incapables de le protéger contre les pillards des tribus voisines, de le faire entrer en possession de la terre promise et d'instaurer une paix durable.

A cette époque, l'arche de l'alliance se trouvait à Silo, principal centre de culte des Israélites. Eli y officiait en souverain sacrificateur, assisté de ses deux fils que leur vie mauvaise rendait indignes de leurs fonctions (1 Samuel 2:22 ss.). Un jour, conformément à une prédiction, les Philistins livrèrent bataille aux Israélites, les vainquirent et emportèrent l'arche. Trente mille hommes périrent dans les rangs des Israélites, dont les fils d'Eli. Quant à celui-ci, il mourut en apprenant la disparition de l'arche.

Entre-temps, Samuel avait grandi dans la crainte de Dieu. il était appelé à remplacer Eli. Quand l'arche tomba aux mains des Philistins, il exhorta ses compatriotes à se repentir de leur idolâtrie. Un jour que les Philistins revinrent faire la guerre à Israël, Dieu accorda la victoire à son peuple qui leur infligea d'énormes pertes.

Samuel parcourait le pays pour rendre justice. Il avait lui aussi deux fils malhonnêtes et indignes, chargés d'exercer la justice à Beer-Schéba. Le mauvais exemple de ces hommes incita les chefs d'Israël à demander un roi. Samuel y était hostile, estimant que cette demande équivalait à une rupture de l'alliance et à un rejet de Dieu. Celui-ci lui demanda cependant de satisfaire leur demande. Il lui révéla son choix: Sal, fils de Kis, de la tribu de Benjamin (1 Samuel 9). Samuel alla l'oindre, et l'Esprit de Dieu descendit sur le jeune homme qui se mit à prophétiser (1 Samuel 10:10 ss.).



Le règne de Sal (1020-1000 av. J.-C.):

Après la destruction de Silo, Guilgal était devenu le centre cultuel d'Israël. C'est là que Sal, qui venait de vaincre les Ammonites, fut présenté au peuple et intronisé. Puis il livra bataille aux Philistins. Alors qu'il attendait Samuel à Guilgal pour qu'il offrît un holocauste avant le début de la bataille, le peuple prit peur et se mit à se disséminer. Sal se décida donc à apporter lui-même un sacrifice. Quand il l'apprit, Samuel se fâcha et lui annonça qu'aucun de ses descendants ne régnerait sur Israël (1 Samuel 13:13 ss.).

Sal était un grand soldat. Durant tout son règne il livra bataille aux ennemis du peuple, aux Moabites, Ammonites, Edomites, aux rois de Tsoba et aux Philistins (1 Samuel 14:47.48), menant Israël à la victoire. Mais il y eut entre lui et Samuel un conflit permanent. Samuel avait été hostile à l'instauration de la royauté, pour les raisons évoquées plus haut. Mais peut-être aussi parce qu'il n'admettait pas d'être dessaisi de certaines de ses responsabilités. Il semblait prêt à renoncer à la judicature, mais entendait rester sacrificateur et prophète. La rupture entre les deux hommes fut consommée, quand Samuel eut enjoint à Sal de détruire les Amalécites et tout leur bétail et que celui-ci préleva des moutons et des boeufs sur leurs troupeaux pour les offrir à Dieu. "L'obéissance vaut mieux que les sacrifices", lui répondit le prophète (1 Samuel 15:22). Alors l'Esprit de Dieu se retira de Sal et un mauvais esprit s'empara de lui. Il avait voulu accaparer les pouvoirs politiques et religieux, tandis que Samuel entendait distinguer nettement entre les deux. Le roi devait se soumettre au prophète pour connaître la volonté du Seigneur et n'était pas autorisé à apporter des sacrifices.

A compter de ce jour, Sal sombra dans une profonde détresse. Seul le jeu de harpe de son porteur d'armes David lui apportait du soulagement. Un jour, le jeune David parvint à tuer le géant Goliath et à délivrer les Israélites des mains des Philistins (1 Samuel 17). Sa renommée se répandit rapidement. Sal en conçut une grande jalousie et décida de le faire mourir entre les mains des Philistins. Il lui offrit sa fille aînée Merab, s'il acceptait de leur livrer bataille. David s'exécuta, mais Sal ne tint pas parole. Il lui offrit alors sa deuxième fille Mical, s'il acceptait de tuer cent Philistins. David le fit et put épouser la fille du roi.

Les tentatives avortées de Sal pour tuer le jeune homme ne firent qu'augmenter sa haine. Il eut alors l'idée de se servir de son fils Jonathan pour le tuer, mais Jonathan et David étaient de grands amis (1 Samuel 19:1 ss.). Sal n'eut plus qu'une obsession: faire périr à tout prix celui qu'il considérait comme son rival. David dut donc prendre la fuite et se cacher dans les cavernes des montagnes avec une troupe de 400 hommes mécontents, persécutés et fugitifs qui l'avaient rejoint. A deux reprises, le jeune homme aurait eu l'occasion de tuer le roi alors qu'il le pourchassait dans le désert, mais refusa de le faire, car c'était "l'oint de l'Eternel" (1 Samuel 24 et 26).

Un jour, les Philistins affrontèrent les Israélites dans la vallée de Jizreel. Ils avaient l'avantage du terrain: leurs chars pouvaient se mouvoir facilement dans la plaine. Ils infligèrent une défaite aux Israélites, tuèrent les trois fils de Sal et blessèrent grièvement le roi qui se suicida. Les Philistins lui coupèrent la tête et le pendirent avec les corps de ses fils à un mur de Beth-Shan. Mais les habitants de Jabès eurent le courage d'aller chercher leurs cadavres et de les enterrer.

Tout le règne de Sal fut marqué par la guerre et les attentats perpétrés contre David. C'était un héros et un homme qui avait quelque chose de charismatique. Hélas, il désobéit à Dieu qui l'abandonna. Il tomba alors dans une sorte de folie. Chef du peuple tout entier, Sal renonça cependant à créer une administration centrale, lui laissant son organisation tribale. Son cousin Abner, chef d'une armée recrutée parmi toutes les tribus, était le seul fonctionnaire attaché à sa cour. Sal marque ainsi la transition entre la judicature et la monarchie, l'anarchie de l'époque des juges et le gouvernement central qui allait donner à Israël puissance, prestige et prospérité.



Le règne de David (1000-961 av. J.-C.):

David était le descendant de Boaz et de Ruth la Moabite. Son père était Isaï de Bethléhem en Juda, à environ dix kilomètres au sud-ouest de Jérusalem. Berger dans sa jeunesse, il devint célèbre en abattant Goliath, et Sal le prit à son service, en faisant de lui son porteur d'armes. Désigné par Dieu pour lui succéder, il refusa d'occuper le trône d'Israël avant la mort du roi.

Quand il apprit que Sal et ses fils étaient tombés sur le champ de bataille, David, qui séjournait à Tsiklag entouré de quelques centaines de fidèles, se rendit à Hébron, dans le nord. C'est là qu'il fut oint roi de Juda (2 Samuel 2:4). Il porta le deuil sur Sal, témoigna beaucoup de respect à son entourage, étendant ainsi ses relations, et félicita les habitants de Jabès en Galaad pour avoir risqué leur vie en récupérant et enterrant les corps du roi et de ses fils.

Entre-temps, Abner, cousin et général de Sal, avait établi Isch-Boscheth comme successeur de son père (2 Samuel 2:8-10). Il régna quelques années sur différentes tribus, mais n'avait pas les qualités requises d'un souverain. Dans son incompétence, il s'aliéna le général Abner en l'accusant d'entretenir des relations avec l'ancienne concubine de Sal dans le dessein d'occuper le trône (2 Samuel 3:6-11). Abner lui tourna alors le dos et rejoignit le camp de David. Celui-ci accepta, à condition qu'on lui rendît Mikal, la fille que Sal lui avait donnée en mariage. Façon habile de s'identifier comme gendre du roi défunt et de gagner la confiance des tribus du nord. Il lui fallait prouver en toutes choses son innocence. Aussi quand Isch-Boscheth fut tué par deux guérilleros de Beéroth, bien que ce meurtre l'arrangeât, il fit mettre à mort les deux assassins, pour bien montrer qu'il n'avait pas trempé dans l'attentat.

A la mort d'Isch-Boscheth, les tribus du nord se trouvèrent sans roi. Elles se tournèrent vers David à Hébron (2 Samuel 5:1 ss.). Celui-ci scella une alliance avec les chefs du peuple et fut oint roi de tout Israël. Après avoir régné sur Juda seul, il devint le roi du peuple tout entier et résida pendant sept ans et demi à Hébron, avant d'aller s'installer à Jérusalem.

David s'empara de cette ville qui était restée aux mains de Jébusiens, et en fit sa capitale. Elle avait en Israël un statut particulier, ne faisait partie d'aucune des douze tribus, mais appartenait personnellement au roi. Quand les Philistins apprirent que David était devenu roi de tout Israël, ils lui firent la guerre à Baal-Peratsim. Mais David les vainquit. Il remporta une deuxième victoire, et à partir de là les Philistins ne firent plus d'incursion dans les montagnes. Il semble qu'il en ait fait ses vassaux (2 Samuel 8:1). Beaucoup d'entre eux devinrent même des mercenaires à son service (2 Samuel 8:18; 15:18).

Ayant conquis Jérusalem, David y transporta l'arche de l'alliance qui se trouvait à Kirjath-Jearim. Elle avait été négligée pendant de nombreuses années. Le roi nomma Achimélec, fils d'Abiathar, et Tsadok souverains sacrificateurs. En transférant l'arche, symbole de l'unité des douze tribus, dans sa ville, David voulait faire d'elle le centre à la fois religieux et politique de la nation. Le jour où on l'apporta, il manifesta sa joie en dansant devant elle et en louant le Seigneur. Il fit par ailleurs entrer des sacrificateurs dans son gouvernement, s'attirant les sympathies et le soutien de la classe sacerdotale.

S'étant construit un palais à Jérusalem, David aurait voulu bâtir un temple à l'Eternel, mais il était un homme de guerre. Aussi Dieu lui répondit-il qu'il réservait à son fils le soin de le faire (2 Samuel 7).

Ayant conquis Jérusalem et vaincu les Philistins, David parvint à se soumettre aussi les cités cananéennes de la plaine, alliées ou vassales des Philistins. Il les annexa à son empire. Après avoir réglé leur sort aux Philistins, il se tourna vers les Moabites, les Edomites et les Ammonites, lesquels appelèrent les Syriens en renfort. Il parvint à les vaincre. Tous ces peuples devinrent ses sujets, et David régna sur un territoire s'étendant de l'Egypte à la Mésopotamie. Il était le souverain le plus puissant de son temps. Ses conquêtes procurèrent à son peuple gloire et richesses.

Le règne glorieux de David connut cependant le déclin. Celui-ci commença avec l'affaire de Bath-Schéba. Le premier fils qu'il conçut avec elle mourut. Le second, Salomon, lui succéda, bien qu'il ne fût pas son fils aîné. David avait de nombreuses épouses et beaucoup d'enfants. Alors qu'il marchait à la tête de ses armées, des rivalités, jalousies, intrigues et dissensions minèrent sa famille. Absalom était le prince héritier et le préféré de David. Quand sa soeur Tamar fut violée par son demi-frère Amnon, Absalom la vengea en tuant Amnon, et dut s'exiler. David finit par se réconcilier avec lui, mais Absalom intrigua, mobilisa les mécontents du royaume et se fit proclamer roi à Hébron. La nouvelle ébranla le roi qui reconnut la gravité de la situation et s'enfuit de Jérusalem. Ayant pris la ville, l'armée d'Absalom vint à la rencontre de celle de David commandée par le général en chef Joab, qui le tua malgré les injonctions de David (2 Samuel 18:14). Pour apaiser les partisans mécontents d'Absalom, le roi mit Amasa, le chef de l'armée de son fils, à la place de Joab. Mais Amasa ne réussit pas et fut poignardé par Joab.

La plupart des mariages conclus par David avaient des implications politiques ou économiques. Son mariage projeté avec Merab, la fille aînée de Sal, lui aurait donné un droit de préemption sur le trône d'Israël. Son mariage avec Maaca, fille du roi de Gueschur, faisait de lui un prétendant au trône de ce petit royaume. Maaca était la mère d'Absalom, mais ce fut Bath-Schéba qui lui donna le fils qui allait lui succéder. David, comme tous les souverains de l'époque, possédait un grand harem. Par ailleurs de nombreux pensionnaires mangeaient à sa table (2 Samuel 19:31-40), ainsi qu'une trentaine de gardes du corps (2 Samuel 23:24-39).

Amnon et Absalom, son premier et son troisième fils, étant morts, la couronne revenait au quatrième, Adonija. Il n'est fait mention du deuxième fils de David, Kileab, qu'une fois, dans une liste d'enfants du roi. Il devait être écarté de la succession pour une raison que nous ne connaissons pas. Bien qu'Adonija fût l'héritier légitime du trône, David avait promis la couronne à Salomon, fils de Bath-Schéba. Adonija obtint le soutien de Joab et du sacrificateur Abiathar, tandis que le sacrificateur Tsadok, le prophète Nathan et Benaja apportèrent leur soutien à Salomon. Adonija se fit proclamer roi lors d'une fête à En-Roguel (1 Rois 1:9 ss.). Alors Nathan demanda à Bath-Schéba d'intervenir auprès de David pour qu'il proclame Salomon comme son successeur (1 Rois 1:1 ss.). David envoya Tsadok oindre Salomon à Guibea. Bien que tout Israël ne le suivît pas, il avait encore assez d'influence pour que son choix fût respecté. Alors Adonija prit peur, courut dans le tabernacle et saisit les cornes de l'autel. Salomon ne le tua pas dans le sanctuaire, mais plus tard, quand Adonija eut demandé qu'on lui donnât pour épouse la servante que David s'était choisie pour ses vieux jours. David commandita encore le meurtre de Joab, pour venger la mort d'Abner, d'Amasa et d'Absalom. Puis il mourut, après avoir régné 40 ans sur Juda et 33 ans sur Israël.

Ce fut sans aucun doute le plus grand roi de l'histoire d'Israël. Il fit preuve de très bonne heure de loyauté et d'intégrité, en refusant de porter la main sur Sal son persécuteur. Diplomate intelligent et grand guerrier, son exil dans le pays des Philistins lui permit de poser les fondements de son empire; Il signa de nombreuses alliances qu'il scella par des mariages. Le transfert de l'arche de l'alliance à Jérusalem lui permit de consolider ses liens avec les tribus de d'affermir la loyauté du peuple. Il fut aussi un grand musicien et poète, composa une complainte sur Sal et Jonathan et de nombreux psaumes empreints d'une profonde piété. Il savait se repentir quand il avait péché et trouver grâce auprès de Dieu. Mais il dut supporter aussi les conséquences temporelles de ses égarements. Par l'étendue de son royaume et la puissance qui caractérisa son règne, il est devenu une préfiguration glorieuse de Jésus-Christ, le Roi des croyants et le Chef de l'Eglise chrétienne.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:37

CHAPITRE 9: DECLIN ET LA DIVISION DU ROYAUME

Prestige et richesse caractérisèrent le règne de Salomon. Bien que réputé dans le monde entier pour sa sagesse, il mena une politique qui amena finalement la désintégration du royaume. Salomon fut infidèle à l'alliance de Dieu, favorisa l'idolâtrie et s'y livra lui-même. Aussi Dieu lui annonça-t-il que son royaume allait être divisé (1 Rois 11:11.13). Voilà pour les raisons religieuses. Mais il y avait aussi à la désintégration de son royaume des raisons politiques: dépenses de prestige, extravagances dans le style de vie personnel du monarque, multiplication des impôts et des taxes, mécontentement et contestation.



Accession au trône et règne de Salomon (961-922 av. J.-C.):

Son premier fils, conçu avant le mariage, étant mort, Bath-Schéba voulait que Salomon succédât à David son père (1 Rois 1:13.17). David accéda à cette demande et chargea Tsadok d'aller oindre son fils (1 Rois 1:38.39). Adonija, son demi-frère aîné, dut donc renoncer à ses ambitions royales. Salomon l'épargna, mais châtia ceux qui avaient comploté avec lui. Plus tard, il demanda à pouvoir épouser Abischag, servante de David. Selon les coutumes de l'époque, c'était revendiquer un droit au trône. Salomon le fit alors condamner à mort.

David avait ordonné un recensement de la population vers la fin du règne, et Salomon appliqua le programme élaboré par son père, en augmentant le nombre des hauts dignitaires et des fonctionnaires. A la différence de son père, grand soldat attaché à l'extension de son empire, il se consacra à l'administration de l'empire dont il avait hérité. Il divisa le pays en 12 provinces (1 Rois 4:7-19) placées sous l'autorité de gouverneurs. Les nouvelles frontières ne correspondaient pas aux anciennes limites tribales. Salomon voulait mélanger les tribus pour consolider le pouvoir central. Chaque province devait pourvoir pendant un mois aux dépenses de la cour et fournir la main-d'oeuvre nécessaire à la réalisation des projets de construction.

Salomon conclut de nombreuses alliances avec les pays étrangers en épousant des filles de souverains et signa un pacte avec Hiram de Tyr, pour obtenir la livraison de bois de cèdre et de cyprès et des ouvriers qualifiés. En échange, il fournissait à ses clients du blé et de l'huile (1 Rois 5:2 ss.). Hiram de Tyr lui procura par ailleurs une flotte marchande et des marins. Afin de consolider ses positions, Salomon compléta son arsenal militaire avec des chevaux et des chars. Enfin, il fortifia des avant-postes dans le pays, à Jérusalem, Hatsor, Meguiddo, Guézer, Tamar, etc.

Etsjon-Guéber (1 Rois 9:26 ss.) devint le port maritime du royaume. C'est par là que Salomon importa la richesse et les produits exotiques venus du sud. Il fit aussi du commerce par voie de terre, notamment avec les Sabéens dans l'actuel Yemen qui contrôlaient le marché des épices et de l'encens. La reine de Séba lui rendit visite, lui proposa des échantillons de ses produits, or, pierres précieuses et épices, et négocia avec lui des accords commerciaux. Une mine construite à Etsjon-Guéber et où travaillaient des esclaves non israélites, fournissait le cuivre pour le commerce et l'exportation. Enfin, pour parer à toute éventualité et assurer la puissance de son armée, Salomon importa des chars d'Egypte et des chevaux de Cilicie.

Commerce et industrie enrichirent le pays. Quant à la production agricole, elle s'améliora grâce à l'introduction de la charrue à soc de fer. Toutes ces richesses permirent à Salomon de se lancer dans de nombreux projets de construction et des dépenses extravagantes (édifices somptueux, meubles incrustés d'or, 1 Rois 10:16 ss.). Mais les ressources naturelles ne suffisant pas, il dut taxer lourdement les habitants de son royaume et fut contraint d'hypothéquer vingt villes de Galilée pour s'acquitter de ses dettes envers Hiram de Tyr (1 Rois 9:11).

L'édifice le plus grandiose fut le temple dont la construction fut commencée la 4° année de son règne (958 av. J.-C.), 480 années après la sortie d'Egypte. Il fallut sept ans pour le bâtir. La dédicace fut l'occasion d'une cérémonie grandiose (1 Rois 6:38). Le palais royal était adjacent au sanctuaire et faisait partie du même ensemble d'édifices. Une de ses parties fut nommée la "maison de la forêt du Liban" (1 Rois 7:2), en raison des piliers, poutres et lambris en cèdre du Liban. Elle servait apparemment de salle d'armes. Une salle des jugements, entièrement lambrissée de cèdre, abritait le grand trône d'ivoire du roi (1 Rois 10:18-20). A côté de sa résidence se trouvait la maison de la fille de pharaon (1 Rois 7:Cool à qui son rang valait quelques privilèges particuliers. Ces réalisations aux prix prohibitifs et de nombreuses autres constructions (fortification de plusieurs villes, construction d'innombrables écuries, des rues pavées et des murs de Meguiddo, etc.) posèrent les jalons de la révolte qui éclata après sa mort.

Salomon fit preuve à la fois d'une force exceptionnelle et d'une faiblesse surprenante. Il était un administrateur de génie, qui savait faire preuve d'une grande sagesse, mais se comportait aussi de façon insensée. Il épousa beaucoup de femmes étrangères pour conserver son pouvoir sur les pays annexés par son père, mais aussi par goût du luxe et de la luxure (1 Rois 11:1). Pour leur faire plaisir, il bâtit dans le pays des hauts lieux en l'honneur d'Astarté, déesse des Sidoniens, de Milcom ou Moloc, dieu des Ammonites, et de Kémosch, dieu de Moab (1 Roi 11:Cool. Sa réussite de chef politique eut les effets néfastes les plus graves sur la vie religieuse et spirituelle en Israël.

Mais on n'oubliera pas la sagesse de Salomon attestée de son vivant par 3.000 proverbes et 1.005 cantiques (1 Rois 4:32). Il fut l'auteur de l'Ecclésiaste et de la plupart des proverbes dans le livre de ce nom. Cette sagesse qui se manifestait dans son art de gouverner et sa capacité de résoudre des problèmes difficiles, était un don qu'il avait demandé à Dieu au début de son règne et qui lui fut accordé (1 Rois 3:6 ss.). Qu'on se souvienne du fameux jugement de Salomon (1 Rois 3:16-28). Ce don est abondamment attesté et a fait sa célébrité de son vivant (1 Rois 4: 31; 10:7).

Au début de son règne, Salomon "aimait l'Eternel et suivait les coutumes de David son père" (1 Rois 3:3). Mais son goût du luxe, ses nombreux mariages pour raison d'Etat, la constitution d'un vaste harem selon les coutumes des monarques de l'époque (1 Rois 11:3), sa complaisance à l'égard de l'idolâtrie de ses épouses détournèrent son coeur de l'Eternel et l'incitèrent à faire ce qui est mal à ses yeux (1 Rois 11:6). Les conséquences ne se firent pas attendre.

Signalons d'ailleurs une différence importante entre l'accession au trône de Salomon et celle de Sal et de David. Alors que les deux premiers rois d'Israël avaient été choisis par Dieu lui-même et acclamés par le peuple tout entier, Salomon dut son accession à la royauté au choix personnel et arbitraire de David, choix qui fut par ailleurs dicté par Bath-Schéba. Ceci explique peut-être aussi la façon dont son règne fut perçu par son peuple.

Comme nous l'avons déjà mentionné, la cohésion entre les tribus ne fut jamais totale. Jalousies, méfiances et mésententes opposaient les tribus du nord à celles du sud. Malgré sa prospérité, Israël était malheureux à la fin du règne de Salomon. Un certain Jéroboam, de la tribu de Benjamin, issu du petit peuple et dont la mère était veuve et lépreuse, avait été préposé à la surveillance des hommes de corvée de la maison de Joseph (1 Rois 11:28). Il prit conscience du ressentiment du peuple concernant les corvées et travaux forcés imposés par le roi. Un jour, le prophète Achija de Silo lui annonça que le royaume serait scindé, que dix des douze tribus feraient sécession et le proclameraient roi. Jéroboam tomba en disgrâce auprès de Salomon et dut s'enfuir en Egypte (1 Rois 11:40).



La division du royaume:

Quand Salomon mourut et que son fils Roboam devint roi, Jéroboam rentra de son exil et exigea avec d'autres chefs d'Israël un allégement de l'impôt décrété par Roboam. Celui-ci refusa d'écouter ses conseillers, suivit l'avis des jeunes de son âge et rejeta la requête. Ce fut le signal de la révolte. Les dix tribus du nord firent sécession et proclamèrent Jéroboam roi.

Homme jeune et sans expérience, Roboam (922-915 av. J.-C.) ne comprenait pas à quel point le peuple en voulait à Salomon de lui avoir imposé taxes et travaux forcés pour des dépenses qui ne lui paraissaient pas justifiées. Il était le fils de Salomon et d'une femme ammonite, avait grandi à la cour du roi et ne connaissait pas les misères du peuple. Il commit la grande erreur de ne pas suivre le conseil de ses sages et annonça aux chefs du peuple qu'il alourdirait encore taxes et corvées. Alors les représentants des tribus du nord dirent: "Quelle part avons-nous avec David? Nous n'avons pas d'héritage avec le fils d'Isaï! A tes tentes, Israël!" (1 Rois 12:16). Cette phrase laisse entendre que les tribus du nord n'avaient jamais entièrement accepté qu'un homme de la tribu de Juda régnât sur elles. Le signal de la révolte était donné. Roboam voulut l'écraser par la violence, mais le prophète Schemaeja l'en dissuada (1 Rois 12:22 ss.).

Schischak, un noble libyen qui avait renversé la 21° dynastie des pharaons et était monté sur le trône d'Egypte, profita de l'affaiblissement de Roboam, vint piller Jérusalem (2 Chroniques 12:9) et l'assujettit à un lourd tribut en échange duquel il acceptait de retirer ses troupes. Des inscriptions sur les murs du grand temple de Karnak en haute Egypte donnent des informations sur ce raid militaire en Palestine, qui eut lieu vers 918 av. J.-C. Le pays fut ravagé, plus de 150 villes furent prises et l'usine de cuivre d'Etsjon-Guéber détruite.

Jéroboam I (922-901 av. J.-C.) choisit d'abord Sichem comme capitale, puis la transféra à Thirtsa plus facile à défendre (1 Rois 14:17; 15:21.33; 16:Cool. Sachant que Jérusalem comme lieu de culte était un pôle d'attraction pour son peuple et craignant que sa loyauté ne fléchisse à chaque pèlerinage, il décida de bâtir deux sanctuaires aux confins de son royaume: au nord à Dan, et au sud à Béthel. Il fit confectionner des veaux, vestige du culte égyptien de Memphis et symbole du culte cananéen de la fertilité. Le coeur de Jéroboam se détourna de l'Eternel. Il établit des sacrificateurs qui n'étaient pas issus de la tribu de Lévi et les chargea d'officier sur les hauts lieux, brûla lui-même des parfums sur l'autel et changea la date de la fête des récoltes (1 Rois 12:31 ss.).

Quand son fils Abija fut malade, Jéroboam demanda à sa femme de se déguiser et d'aller consulter le prophète Achija de Silo. Dieu révéla au prophète aveugle que la reine viendrait le voir et lui fit annoncer le malheur dont il frapperait la maison du roi (1 Rois 14:7-16).

Le schisme affaiblit le royaume tant et si bien qu'il ne put plus contrôler les territoires conquis. La province araméenne au nord-est, Ammon et Moab se libérèrent du joug auquel David les avait soumis et cessèrent, du coup, de payer un tribut à Israël. D'autre part, il y eut continuellement, selon 1 Rois 14:30, guerre entre Roboam et Jéroboam. Les tribus du peuple de Dieu se livrèrent des combats fratricides. Tout cela contribua à affaiblir considérablement les deux petits royaumes nés du schisme. Le royaume du nord fut appelé généralement Israël, ou bien encore Ephraïm, du nom de sa tribu la plus importante, et celui du sud, composé des tribus de Juda et de Benjamin, fidèle à la dynastie de David, entra dans l'histoire sous l'appellation de royaume de Juda.

Il y a désaccord entre les historiens sur la date du schisme et la durée de certains règnes. Selon W.F. Albright, il aurait eu lieu en 922 av. J.-C. et Roboam aurait régné jusqu'en 915 av. J.-C. Mordecai Cogan, dans The Anchor Bible Dictionary, le situe en 928 av. J.-C. et fait durer le règne de Roboam jusqu'en 911 av. J.-C., soit 17 ans, chiffre confirmé par la Bible (2 Chroniques 12:13). Selon la chronologie de E.R. Thiele, le schisme se serait produit en 931 av. J.-C., et Roboam aurait régné jusqu'en 913 av. J.-C. Le problème vient de la façon dont s'exprime elle s'exprime. Les chronologies qu'elle fournit des rois de Juda et d'Israël sont certes fiables, mais on a trop souvent commis l'erreur de les étudier d'un point de vue occidental.

Quelques explications s'imposent. Il semble que le royaume de Juda ait utilisé un système de datation mésopotamien qui exclut de la durée du règne officiel d'un roi l'année de son accession au trône à la mort de son prédécesseur. Cela écourtait d'une année la durée de chaque règne, mais cela signifiait aussi que si le règne d'un nouveau souverain ne durait pas jusqu'à la fin de cette première année, il n'était pas compté.

Le royaume du nord, de son côté, aurait utilisé le système égyptien selon lequel l'année d'accession au trône était effectivement la première du règne. Cette même année comptait aussi comme la dernière année officielle du règne du prédécesseur. Elle était donc comptée deux fois. Ces différents systèmes donnèrent les résultats suivants: 58 ans pour les rois de Juda, depuis la mort de Salomon jusqu'à la mort d'Omri, et 62 ans pour les rois d'Israël pour la même période. 95 ans de la mort de Salomon jusqu'à Jéhu en Juda, et 98 ans pour la même période en Israël. D'autre part, il semble que Juda ait utilisé la méthode de datation d'Israël sous Joram et qu'il soit revenu à son premier système de datation sous Amatsia, tandis qu'Israël aurait adopté la méthode de datation de Juda à partir du roi Joachaz.

Par ailleurs, des différences dans les dates peuvent provenir du fait que tel roi vieillissant laissait son fils accéder au trône de son vivant et en faisait son co-régent. D'où la question: le règne de ce fils commençait-il officiellement avec la co-régence ou au décès de son père? Autre difficulté: les deux royaumes ne célébraient pas la nouvelle année à la même date. Le nouvel an commençait en Juda au premier jour de Tishri (septembre/octobre) et en Israël au premier de Nisan (mars/avril). Enfin les dates des rois de Juda et d'Israël sont données de façon synchrone. On dit que tel roi de Juda monta sur le trône à l'âge de ..x.. ans et pendant la énième année du règne de tel roi d'Israël, et inversement. Toutes ces raisons font que les dates fournies par la Bible ne coïncident pas toujours avec les informations données par les documents assyriens, babyloniens et égyptiens, et qu'on ne peut pas établir de chronologie définitive.

Le comput de W.F. Albright, avec la datation du schisme en 922 av. J.-C., est celui qui a été traditionnellement retenu par les historiens de l'Ancien Testament. Mais que ce schisme ait eu lieu cette année-là ou neuf ou six ans plus tôt, soit en 931 ou en 928 av. J.-C., ne change absolument rien au message divin de la Bible ni à son autorité.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:38

CHAPITRE 10: LES ROYAUMES D'ISRAEL ET DE JUDA

La division était consommée. Désormais les royaumes d'Israël et de Juda allaient mener une existence distincte, souvent faite d'affrontements. Les deux tournèrent le dos à l'Eternel et sombrèrent dans l'idolâtrie et l'immoralité, mais dans le royaume du nord le déclin fut plus rapide qu'en Juda où, de temps en temps, un roi s'efforçait de supprimer les idoles. Au bout de deux cents ans, Israël partit en exil pour ne plus jamais en revenir. Juda bénéficia d'un sursis de plus d'un siècle jusqu'à la prise de Jérusalem par les Babyloniens et la déportation sur les rives du Tigre et de l'Euphrate.

Les livres des Rois et des Chroniques qui font partie du canon biblique de l'Ancien Testament nous renseignent sur cette période de l'histoire du peuple de Dieu. Mais les auteurs de ces livres ont eux-mêmes puisé à différentes sources. Celles mentionnées par 1 et 2 Rois sont le Livre des Actes de Salomon (1 Rois 11:41), le Livre des Chroniques des rois d'Israël (1 Rois 14:19 et 16 autres références), le Livre des Chroniques des rois de Juda (1 Rois 14:29 et 14 autres références), et peut-être quelques autres non nommés. 1 et 2 Chroniques font appel pour l'histoire aux ouvrages suivants: Livre des rois d'Israël (2 Chroniques 20:34), Livre des rois d'Israël et de Juda (2 Chroniques 27:7), Livre des rois de Juda et d'Israël (2 Chroniques 25:26), Mémoires sur le livre des rois (2 Chroniques 24:27), Chroniques du roi David (1 Chroniques 27:24). A quoi il convient d'ajouter les sources prophétiques suivantes: Mémoires du prophète Iddo (2 Chroniques 13:22), Vision du prophète Esaïe dans le livre des rois de Juda et d'Israël (2 Chroniques 32:32), Livre de Samuel le voyant, Livre de Nathan le prophète, Livre de Gad le prophète (1 Chroniques 29:29), Prophétie d'Achija de Silo (2 Chroniques 9:29), Livres du prophète Schemaeja (2 Chroniques 12:15), Mémoires de Jéhu (2 Chroniques 20:34), Révélations de Jéedo le prophète (2 Chroniques 9:29), Actions d'Ozias écrites par Esaïe le prophète (2 Chroniques 26:22), Livre de Hozaï (2 Chroniques 33:19), et quelques autres textes (1 Chroniques 23:27; 2 Chroniques 29:25; 35:4.15).

Les livres des Rois et les Chroniques donnent un compte rendu historique détaillé ou succinct des rois de Juda selon le schéma suivant:

1) Date d'accession au trône, selon l'année du roi d'Israël contemporain. Exemple: "La dix-huitième année du règne de Jéroboam, fils de Nebath, Abijam régna sur Juda" (1 Rois 15:1).

2) L'âge du roi lors de son intronisation: "Roboam... avait quarante et un ans lorsqu'il devint roi" (1 Rois 14:21).

3) La durée du règne: "Il régna dix-sept ans sur Jérusalem" (1 Rois 14:21).

4) Le nom de la reine-mère: "Sa mère s'appelait Naama, l'Ammonite" (1 Rois 14:21).

5) Un bilan sur l'aspect religieux du règne: "Juda fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, et par les péchés qu'ils commirent, ils excitèrent sa jalousie plus que ne l'avaient jamais fait leurs pères" (1 Rois 14:22).

Parfois la formule d'introduction ou de conclusion est omise, par exemple dans le cas d'Athalie (2 Rois 11). Les comptes rendus des rois d'Israël obéissent à la même structure, exception faite de leur âge lors de leur accession au trône et du nom de leur mère (1 Rois 15:25-32).

Le jugement prononcé sur les rois était fonction non de leurs réalisations et prouesses diplomatiques, militaires ou économiques, mais de leur fidélité au culte de Yahvé. Parmi les rois de Juda, Joram, Achazia, Achaz, Manassé et Amon sont condamnés pour avoir fait le mal aux yeux de l'Eternel. Asa, Josaphat, Joas, Azaria et Jotham s'efforcèrent d'opérer un redressement religieux dans leur royaume, mais sans parvenir à empêcher le peuple de renoncer à l'idolâtrie. Ils reçoivent dans la Bible une approbation nuancée. Ezéchias et Josias, au contraire, font l'objet d'un éloge sans réserve, parce qu'ils réussirent à abolir le culte des idoles. Quant aux rois d'Israël, ils font tous l'objet d'un blâme pour avoir bâti ou laissé subsister des hauts lieux en Israël. Leur action est désapprouvée, mais ils ne sont pas tous jugés avec la même rigueur qu'Achab et son fils Achazia, véritables symboles d'apostasie et d'infidélité (1 Rois 22:52 ss.).



Les conditions politiques en Israël et en Juda de 922 à 842 av. J-C.:

Après les 22 ans du règne de Jéroboam I, mort en 901 av. J.-C., son fils Nadab lui succéda pendant deux ans (901-900 av. J.-C.) et fut tué par Baescha. La dynastie de Jéroboam s'acheva avec le massacre de tous ses héritiers.

Baescha régna pendant 24 ans (900-877 av. J.-C.). Son fils Ela lui succéda et régna deux ans (877-876 av. J.-C.), avant d'être déposé et assassiné par son capitaine Zimri qui massacra toute la maison de Baescha, mais ne parvint à régner que sept jours (876 av. J.-C.). Omri, chef d'armée, fut établi roi par ses soldats (876-869 av. J.-C.) et fonda une nouvelle dynastie. Il mit le feu au palais et périt dans les flammes. Il y eut guerre à cette époque entre Israël et Juda, et Juda ne put se défendre contre Israël qu'en concluant une alliance avec Ben-Hadad de Syrie (1 Rois 15).

Dans le royaume de Juda, Roboam régna sept ans (922-915 av. J.-C.) et mourut après que Schischak roi d'Egypte lui eut infligé une cruelle défaite. Il laissa son trône à son fils Abijam (915-913 av. J.-C.). Pendant tout ce temps, une guerre des frontières opposa les deux royaumes frères. Asa, fils ou peut-être frère d'Abijam (913-873 av. J.-C.), eut la réputation d'être fidèle à Yahvé. Il supprima tous les autels païens et les hauts lieux (1 Rois 15:12-15) et dessaisit Maaca du titre de reine-mère (et peut-être de régente), car elle avait fait une idole à Astarté. Comme son père Asa, Josaphat (873-849 av. J.-C.) régna longtemps. Il sut mettre fin aux hostilités entre Israël et Juda. Dieu bénit son règne en raison des efforts qu'il fit pour lutter contre l'idolâtrie. Son fils Joram (849-842 av. J.-C.) fit tuer ses frères lors de son accession au trône. Peut-être craignait-il une révolte de palais. Son règne fut un échec, partiellement sans aucune doute en raison de son mariage avec la fille d'Achab et de Jézabel (2 Rois 8:18), et est sévèrement critiqué. Piètre chef militaire, il fut incapable de réprimer la révolte d'Edom et perdit le port et les industries d'Etsjon-Guéber, ainsi que Libna, au sud de la Philistie.

Omri (876-842 av. J.-C.), après avoir régné plusieurs années à Thirtsa, décida de bâtir une nouvelle capitale. Pour ce faire, il acheta une colline à Schémer et y construisit une ville appelée Shomeron (Samarie) où son fils Achab édifia la célèbre "maison d'ivoire" (1 Rois 22:39). Ces deux rois, infidèles à l'Eternel, furent cependant d'habiles chefs politiques reconnus sur le plan international de l'époque. Achab (869-850 av. J.-C.) est célèbre surtout pour ses démêlés avec le prophète Elie. Son père avait arrangé son mariage avec Jézabel, la fille d'Ethbaal, roi de Sidon. Fidèle adoratrice de Baal, elle demanda à son mari de lui construire un temple à Samarie. Elie fut un opposant farouche à son régime et fraya ainsi la voie aux prophètes du VIII° siècle.

Ayant remporté plusieurs victoires sur Ben-Hadad de Syrie, Achab rejoignit une coalition de souverains décidés à combattre Salmanasar III d'Assyrie, qui arrêtèrent sa marche vers l'ouest. Le roi d'Israël fut mortellement blessé lors d'une expédition contre les Assyriens à Ramoth en Galaad. Son fils Achazia (850-849 av. J.-C.) lui succéda. On sait peu de son règne, si ce n'est qu'il adorait le dieu philistin Baal-Zebub, le "dieu des mouches", divinité d'Ekron. Son frère Joram (849-842 av. J.-C.), à ne pas confondre avec le roi du même nom régnant sur Juda à la même époque, lui succéda. Hazaël de Syrie, qui avait assassiné Ben-Hadad, menaça Israël et Juda pendant près de 40 ans et prit à Jéhu (842-815 av. J.-C.) presque tout le territoire israélite à l'est du Jourdain (2 Rois 10:32.33).



Elie et Elisée:

L'auteur du livre des Rois porte un intérêt particulier à Elie et nous donne un récit détaillé de son ministère et du règne d'Achab. Le conflit entre le prophète, serviteur fidèle et courageux de Dieu et le roi dévoyé était inévitable. Ayant annoncé à Achab une grande sécheresse, Elie se réfugia dans le désert où il fut nourri par les corbeaux jusqu'à ce que le torrent fût à sec. Il se rendit alors en Phénicie où il fut hébergé par une veuve à Sarepta qu'il nourrit à l'aide d'un miracle et dont il ressuscita par la suite le fils. Accusé de semer le trouble en Israël, le prophète lança un défi aux 450 prophètes de Baal et aux 400 prophètes d'Astarté sur le Mont Carmel (1 Rois 18:19 ss.), divinités liées au culte cananéen de la fertilité.

Les Israélites ne rejetaient pas nécessairement Yahvé, mais lui associaient un dieu spécialiste de la fertilité dont ils attendaient des pluies abondantes et de bonnes récoltes. Deux précautions valent mieux qu'une (2 Rois 17:28-33)! Pourtant Baal n'avait pas su empêcher la sécheresse. Elie demanda à ses compatriotes de cesser de "clocher des deux côtés" et de choisir entre Yahvé et Baal (1 Rois 18:21). Il leur proposa la célèbre épreuve du Mont Carmel.

Devant les menaces de Jézabel, le prophète s'enfuit sur le Mont Horeb, dans le Sinaï, où, las de vivre, il apprit que sept mille hommes n'avaient pas fléchi les genoux devant Baal, mais étaient restés fidèles à Yahvé (1 Rois 19:1-17). Il s'en prit aussi à Achab qui, sur les instigations de Jézabel, avait dépossédé Naboth de sa vigne (1 Rois 21:17-24).

Elisée fut désigné comme son successeur. Son ministère, long de 50 ans, commença durant les dernières années du règne d'Achab et dura jusqu'au début du règne de Joas d'Israël (801-786 av. J.-C.). Quand Elie fut monté au ciel dans un char de feu et un tourbillon, Elisée fut reconnu comme son successeur. Il accomplit comme son prédécesseur de nombreux miracles, nourrit comme lui une veuve à Sunem et ressuscita son fils (2 Rois 4), puis guérit de la lèpre Naaman, le général en chef de l'armée syrienne.



De la révolte de Jéhu à la chute de Samarie (842-722 av. J.-C.):

Jéhu (842-815 av. J.-C.), chef de l'armée de Joram, fut oint roi par un "fils de prophète" envoyé par Elisée (2 Rois 9:1-10). Chargé de frapper la maison d'Achab pour venger les prophètes de Dieu massacrés par Jézabel, il tua Joram blessé au cours d'une bataille contre Hazaël de Syrie, fit défénestrer Jézabel à Jizreel et extermina toute la famille et la cour d'Achab. Il fit périr aussi Achazia de Juda et fut le fondateur d'une dynastie qui compta cinq rois et dura presqu'un siècle.

Cette purge eut des effets politiques néfastes. Ses meurtres lui retiraient l'appui des Phéniciens et de Juda. Le pays en sortit affaibli. Achazia (842 av. J.-C.) ne régna qu'une année avant de mourir par l'épée de Jéhu. Sa mère était Athalie, fille d'Achab et de Jézabel, qui occupa le trône après la mort de son fils. Elle fit périr tous les héritiers mâles de la maison de David, excepté l'enfant Joas recueilli et caché par le prêtre Jehojada et sa femme.

Six ans après la mort de ses frères, Joas (837-800 av. J.-C.), âgé de sept ans, devint roi de Juda et régna pendant 40 ans. Jehojada cependant lui servit de tuteur et remplit un certain temps les fonctions de régent du royaume. Il y eut une réforme religieuse au cours de laquelle le temple fut restauré (2 Rois 12). Joas connut cependant des déboires politiques. Jérusalem fut assiégée par Hazaël. Pour mettre fin au siège, Joas dut payer un lourd tribut (2 Rois 12:17.18). Il mourut assassiné par quelques-uns de ses serviteurs (2 Rois 12:20.21). Amatsia(800-783 av. J.-C.), son fils , monta sur le trône à l'âge de 25 ans. Il tua ceux qui avaient assassiné son père, mais épargna leurs enfants (2 Rois 14:5.6), reprit le contrôle d'Edom, mais dut se soumettre au roi d'Israël dont il devint le vassal (2 Rois 14:8-12). Celui-ci vint piller le temple de Jérusalem et les trésors de la maison du roi (2 Rois 14:13.14). Amatsia mourut comme son père d'une conspiration (2 Rois 14:17-20).

Pendant ce temps, Salmanasar III (859-824 av. J.-C.) accroissait son hégémonie. Comme il avait vaincu Hazaël de Syrie, les rois de Tyr et de Sidon et Jéhu, roi d'Israël, décidèrent de lui payer un tribut plutôt que d'affronter son armée. Et comme Salmanasar partit conquérir d'autres pays, Jéhu fut molesté par les Syriens et dut leur céder les territoires d'Israël à l'est du Jourdain (2 Rois 10:32 ss.).

Joachaz (815-801 av. J.-C.) succéda à son père, mais ne put pas fortifier son pays pour résister efficacement à l'oppression d'Hazaël de Damas. Il n'avait que 50 cavaliers, 10 chars et 10.000 fantassins (2 Rois 13:7). Il fut donc vaincu, perdit des villes et dut verser un lourd tribut.

Ben-Hadad II succéda à son père Hazaël. Adadnirari III d'Assyrie (811-783 av. J.-C.) envahit la Syrie, brisa le pouvoir de Damas et imposa un tribut de guerre à Tyr, Sidon, Edom et la Philistie. Mais ses successeurs immédiats, Salmanasar IV (783-773 av. J.-C.), Ashur-Dan III (773-754 av. J.-C.) et Ashurnirari V (754-746 av. J.-C.) furent de médiocres souverains et reperdirent le contrôle de la Syrie.

Le roi Joas d'Israël (801-786 av. J.-C.) parvint à reprendre à Ben-Hadad les villes qu'avait perdues son père (2 Rois 13:25). Son fils Jéroboam II (786-746 av. J.-C.) lui succéda. Excellent stratège, il sut reconquérir des territoires que ses prédécesseurs avaient perdus. Son collègue de Juda, Ozias (783-742 av. J.-C.), fit de même. Les deux royaumes connurent une prospérité indéniable. Leurs frontières recoupaient celles de l'empire fondé par David et gouverné par Salomon. Ozias, appelé encore Azaria, fut frappé de la lèpre pendant les dernières années de son règne et dut se retirer de la vie publique, ce qui ne l'empêcha pas de poursuivre ses conquêtes. Selon 2 Chroniques 26:16-20, Dieu le frappa de cette maladie pour avoir brûlé des parfums dans le temple, usurpant la fonction des prêtres. Son fils Jotham (750-735 av. J.-C.) fut régent pendant huit ans, jusqu'à la mort d'Ozias.

La prospérité d'Israël et de Juda au VIII° siècle alla de pair avec la corruption, la prévarication et les injustices sociales. Les pauvres étaient à la merci de leurs créditeurs qui s'appropriaient les quelques biens qu'ils avaient, s'enrichissant ainsi de façon éhontée. On accomplissait les rites et apportait les sacrifices prescrits par la Loi pour masquer les injustices commises. Esaïe, Michée, Amos, Osée et d'autres prophètes de l'époque dénoncèrent cette religion hypocrite, notamment l'illusion que l'élection d'Israël lui assurait la protection de Dieu.

Le déclin du royaume du Nord commença à la mort de Jéroboam II. Son fils Zacharie(746-745 av. J.-C.) fut assassiné par Schallum (745 av. J.-C.) après quelques mois de règne. Schallum le fut par Menahem (745-738 av. J.-C.), et ce fut la guerre civile. Pendant ce temps, Tiglath-Piléser (745-727 av. J.-C.), roi rigoureux et compétent, rétablit la puissance de l'Assyrie en lançant des expéditions vers l'ouest. Il conquit la Syrie et Canaan qui durent lui verser un tribut. Il s'agissait de contrôler ces petits Etats de l'ouest. Tiglath-Piléser en déporta les habitants et annexa leurs territoires à son empire.

L'anarchie persistait en Israël, l'affaiblissant face à l'avancée assyrienne. Menahem décida de verser à Pul (Tiglath-Piléser) un impôt "pour qu'il l'aidât à affermir la royauté entre ses mains" (2 Rois 15:19) et dut, pour ce faire, taxer lourdement ses sujets. Quand il mourut de mort naturelle, son fils Pekachia (738-737 av. J.-C.) lui succéda. Au bout de deux ans, il fut assassiné par son écuyer Pékach (737-732 av. J.-C.) qui monta sur le trône. Il conclut une alliance avec Retsin de Damas (740-732 av. J.-C.). Les confédérés souhaitaient l'appui de Juda, mais Jotham (750-735 av. J.-C.) s'y refusa. Pékach et Retsin tentèrent alors de l'y contraindre (2 Rois 15:37). Jotham mourut et son fils Achaz (735-715 av. J.-C.), menacé par Israël et la Syrie, prit l'or et l'argent du temple et le donna à Tiglath-Piléser pour s'assurer de son soutien contre les agresseurs. Esaïe l'avertit qu'il ne devait pas se fier à l'armée assyrienne, mais mettre sa confiance en Dieu (Esaïe 7 et Cool.

Tiglath-Piléser, répondant à l'appel de Juda, s'empara en 734 av. J.-C. des villes des Philistins, établit une base dans le sud pour empêcher toute intervention de l'Egypte, occupa la Galilée et la Transjordanie et déporta une partie de la population (2 Rois 15:29). Osée d'Israël (732-724 av. J.-C.) paya un tribut à l'empereur d'Assyrie, pour arrêter la destruction de son royaume. Damas fut vaincu et Retsin exécuté en 732 av. J.-C. Israël avait payé cher la rébellion contre l'Assyrie. Dès lors, Osée fut le vassal du souverain assyrien.

Quand Salmanasar V succéda à Tiglath-Piléser, Osée sollicita l'aide de l'Egypte et refusa de payer le tribut. Mais l'Egypte était trop faible pour pouvoir soutenir Israël. Salmanasar se tourna donc contre Osée et le fit prisonnier en 724 av. J.-C. Tout le territoire d'Israël était occupé, mais Samarie résista encore pendant deux ans. A la mort de Salmanasar, Sargon II (722-705 av. J.-C.) prit la relève et conquit Samarie. Selon des rapports assyriens, plus de 27.000 Israélites auraient été déportés vers la haute et moyenne Mésopotamie. Les tribus exilées s'assimilèrent à leur nouvel environnement et perdirent leur identité. Elles ne revinrent jamais en Palestine et y furent remplacées par des "gens de Babylone, de Cutha, d'Avva, de Hamath et de Sepharvaïm" (2 Rois 17:24).
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:39

CHAPITRE 11: LE PLAN DE DIEU POUR LE ROYAUME DE JUDA

Bien qu'Israël eût été militairement plus fort que Juda et l'eût dominé jusqu'à la chute de Samarie en 722 av. J.-C., le royaume de Juda fut le plus stable des deux. Il resta fidèle aux descendants de David, tandis qu'Israël changea plusieurs fois de dynasties, connut bien des règnes de courte durée, des régicides et de graves troubles internes. Les promesses de Dieu concernant notamment le Messie étaient liées à David et à ses descendants. Juda était donc le peuple des promesses. Il ne pouvait pas, comme Israël, être rayé de la carte du monde. Dieu avait un plan qui devait se réaliser. Aussi Juda survécut-il 135 ans à la défaite d'Israël. Et une fois parti en captivité, il ne fut pas assimilé à d'autres cultures et ne perdit pas son identité nationale et religieuse.

Le long règne d'Ozias amena la prospérité de Juda qui avait reconquis le Négueb et le désert du sud, la plaine de Philistie et ses territoires du nord. Ozias était un souverain aimé que son peuple pleura longuement à sa mort. Jotham, son fils (750-732 av. J.-C.), devint co-régent vers 750 av. J.-C., quand Ozias se retira des affaires publiques en raison de sa lèpre. Il remporta quelques victoires sur les Ammonites et consolida Jérusalem et les places fortes dans le pays.

Quand il mourut, son fils Achaz (735-715 av. J.-C.), âgé de 20 ans, dut faire face à la coalition d'Israël et de Syrie. Désirant le déposer pour mettre un Araméen sur le trône de Jérusalem, Retsin de Damas et Pékach d'Israël firent le siège de la ville. Les Edomites secouèrent le joug de Juda et rejoignirent les coalisés. Les Philistins se soulevèrent à leur tour. Alors Achaz prit peur et sollicita l'aide de l'Assyrie. Esaïe le lui reprocha avec véhémence, lui prêchant que le salut était dans la foi en Yahvé. Mais Achaz rejeta le message du prophète et envoya un énorme présent à Tiglath-Piléser. Le roi d'Assyrie réagit immédiatement et chassa les confédérés.

Un jour qu'il était à Damas, Achaz vit un autel païen et en fit faire une copie. Il est possible qu'il ait agi sous l'effet de l'intimidation. Les Assyriens en effet avaient peut-être exigé le culte de leur dieu Assur dans les territoires conquis. Le nouvel autel remplaça celui du temple (2 Rois 16:15). Achaz modifia encore d'autres choses dans l'enceinte sacrée et bâtit des autels aux dieux syriens ailleurs dans Jérusalem et dans d'autres villes. Il alla jusqu'à sacrifier son fils au dieu Moloch. Le bilan politique de son règne n'est guère meilleur. Il perdit des terres et donc des revenus, affaiblissant son royaume, et toléra l'injustice et la corruption. Il fut ainsi l'un des plus mauvais rois de Juda.

Ezéchias (715-687 av. J.-C.) lui succéda à l'âge de 25 ans et renversa la politique de son père. Il rouvrit les portiques du temple, les répara, purifia le sanctuaire (2 Chroniques 29-31), rétablit le culte prescrit par la loi et procéda à un certain nombre de réformes.

L'Assyrie étendait son hégémonie sur tous les pays d'alentour et constituait pour l'Egypte, gouvernée par des rois faibles, une menace véritable. Biankhi, roi d'Ethiopie, y avait fondé la 21° dynastie et souhaitait que les villes philistines de la côte, Juda, Edom et Moab se soulèvent contre elle. Il offrit donc à Ezéchias de conclure une alliance avec lui, mais Ezéchias, écoutant le conseil d'Esaïe, s'y refusa du vivant de Sargon. Il profita cependant de l'accession au trône de Sanchérib (705-681 av. J.-C.), moins compétent que son prédécesseur, pour mener une révolte contre l'Assyrie (2 Rois 18:7). De son côté, Mérodac-Baladan de Babylone secouait lui aussi le joug assyrien.

Sanchérib, préoccupé par le soulèvement de Babylone, ne put se soucier de la menace posée par Ezéchias. Celui-ci commença à renforcer les défenses de Jérusalem et accomplit d'importants travaux pour ravitailler la ville en eau. Jérusalem, en effet, était approvisionnée essentiellement par une source qui se trouvait à l'extérieur des remparts et qu'un ennemi aurait facilement pu supprimer ou polluer. Il fit donc creuser un long tunnel destiné à acheminer l'eau dans la piscine de Siloé à l'intérieur de la ville. La percée, par les deux extrémités, de ce tunnel long de 512 m et haut en moyenne de 1,80 m était un exploitant étonnant.

Vers 701 av. J.-C., Sanchérib se tourna vers l'ouest pour étouffer les révoltes dans cette région. Le royaume de Tyr fut vaincu. Les rois de Sidon, Byblos, Arvad, Asdod, Moab, Edom et Ammon s'empressèrent de lui payer un tribut, mais Askalon, Ekron et Juda résistèrent. Sanchérib écrasa cette résistance, attaqua Juda et conquit 46 villes fortifiées. Ezéchias lui envoya un messager, offrant de se rendre et de payer un tribut, quel qu'en fût le montant. Il puisa dans les trésors du temple et du palais et lui remit 300 talents d'argent et 30 talents d'or (2 Rois 18:14 ss.). Mais Sanchérib avait d'autres exigences auxquelles Ezéchias refusa de se conformer (2 Rois 18:17-19:32). Jérusalem fut donc assiégée, mais non vaincue. Les troupes assyriennes furent décimées par une plaie envoyée par Dieu (2 Rois 19:35), et la ville épargnée (689 av. J.-C.).

Mais l'indépendance de Juda fut de courte durée. Manassé, fils d'Ezéchias (687-642 av. J.-C.), fut loyal à l'Assyrie. Sanchérib fut tué par deux de ses fils, dont le plus jeune, Esarhaddon (681-669 av. J.-C.) monta sur le trône et établit son pouvoir sur les nations conquises. Il vainquit le roi d'Egypte et mourut. Son fils Assurbanipal (669-627 av. J.-C.) continua la campagne égyptienne et finit de briser la révolte. Pendant ce temps, Manassé anéantit l'oeuvre de réforme religieuse entreprise par son père, s'adonna au paganisme, à la magie et à l'occultisme, et offrit son fils en sacrifice à Moloc, dans la "vallée des fils de Hinnom" (2 Rois 23:10; 2 Chroniques 33:6). Ce ravin ("Géhenne" en grec), lieu maudit en raison des atrocités qui y avaient été commises, servait de dépotoir et constitue dans le Nouveau Testament le symbole de l'enfer. Manassé fit mieux encore: il plaça une idole d'Astarté dans le temple. Il fut sans conteste le plus mauvais roi de la dynastie de David. A cause de tous ses péchés, Dieu décida de châtier Jérusalem (2 Rois 21:12-15).

Assurbanipal réussit à réprimer la révolte de Babylone en 648 av. J.-C., soumit Elam vers 640 av. J.-C., vint à bout de la Syrie et déporta des Elamites et des Babyloniens en Samarie. Mais il ne parvint pas à se soumettre l'Egypte et il semble qu'il ait conclu une alliance avec Manassé pour s'assurer un allié près de la frontière égyptienne. Cet acte permit à Manassé de se soustraire à l'oppression assyrienne. Assurbanipal sut rétablir la paix dans son empire et fonda une grande bibliothèque découverte au XIX° siècle.

Amon (642-640 av. J.-C.) succéda à son père Manassé, à l'âge de 22 ans. Il fut assassiné par ses serviteurs au bout de deux ans de règne, mais le peuple le vengea en établissant son fils Josias (640-609 av. J.-C.) sur le trône. Celui-ci mena une réforme religieuse de grande envergure, purifiant Juda et Jérusalem des hauts lieux et des idoles (2 Chroniques 34:3.4).

Avec la mort d'Assurbanipal, la fin de l'empire assyrien était imminente. Les Scythes envahirent l'Asie occidentale. Un prince chaldéen Nabopolassar (626-605 av. J.-C.) vainquit les Assyriens à l'extérieur de Babylone et réalisa l'indépendance de son pays. Assur, l'ancienne capitale assyrienne, tomba en 614 av. J.-C., et Ninive en 612 av. J.-C. L'Assyrie ayant perdu le contrôle de l'ouest, Josias put y mener ses réformes en toute liberté, et cela jusque dans les territoires de Manassé, Ephraïm et Nephthali. Il restaura notamment le temple durant la 18° année de son règne (622 av. J.-C.). A cette occasion, un sacrificateur y découvrit le "livre de la loi de l'Eternel donnée par Moïse" ( 2 Rois 22:8 ss.; 2 Chroniques 34:14). Lecture en fut faite, et le roi exigea que le peuple tout entier se soumît à elle.

Les jours de l'empire assyrien étaient comptés. Aux Babyloniens se joignirent les Mèdes. L'empire finit de s'effondrer en 609 av. J.-C. Selon 2 Rois 23:29, le pharaon Néco monta "contre l'Assyrie". Il est plus correct de traduire par: "alla vers l'Assyrie". Il semble en effet qu'il soit allé combattre les Mèdes et les Babyloniens pour secourir les Assyriens. Josias de Juda, allié de l'Assyrien, voulant l'en empêcher, lui livra bataille à Meguiddo et y trouva la mort. Son corps fut rapatrié à Jérusalem sur son propre char, et son fils Joachaz (609 av. J.-C.) régna à sa place. Son règne ne dura que trois mois. Le pharaon Néco l'emmena chez lui en Egypte où il mourut. Il établit Eliakim, un autre fils de Josias, roi de Juda et changea son nom en Jojakim (609-598 av. J.-C.). Celui-ci dut lui verser un lourd tribut qui l'obligea à imposer une taxe à chaque citoyen de son pays. Ce qui ne l'empêcha pas de gaspiller beaucoup d'argent en construisant un vaste palais.

Pendant ce temps, Nebucadnetsar II (605-562 av. J.-C.), fils de Nabopolassar, dut se replier face aux Egyptiens, à Carkémisch, pour assurer son pouvoir en Assyrie. Puis il se retourna vers l'ouest et s'en prit à Askalon en Philistie, dont il déporta les habitants à Babylone. Craignant une invasion babylonienne, Jojakim offrit sa loyauté à Nebucadnetsar en 603 av. J.-C. (2 Rois 24:1). Celui-ci, affaibli par une nouvelle guerre contre l'Egypte, repartit à Babylone pour reconstituer son armée. Jojakim en profita pour se révolter, mais il fut harcelé par les Araméens, les Moabites et les Ammonites dont les terres avaient été conquises par Babylone. En 598 av. J.-C., Nebucadnetsar revint en Palestine. Jojakim mourut, et son fils Jojakin lui succéda. L'armée babylonienne parvint à encercler Jérusalem en l'espace de trois mois, en 597 av. J.-C., et déporta le roi, la reine-mère, de hauts fonctionnaires et un certain nombre de citoyens importants. Il prit aussi les trésors du temple et du palais. Ce fut la première des trois déportations de Juda.

L'oncle de Jojakin, Matthania, troisième fils de Josias, fut établi roi de Juda par les Babyloniens qui changèrent son nom en Sédécias (597-587 av. J.-C.) (2 Rois 24:17). Il dut assumer l'impossible tâche de gouverner une nation dont la loyauté était partagée entre l'Egypte et Babylone. De plus, les combats et les tributs imposés avaient paralysé l'économie. Une partie du peuple continuait à considérer Jojakin, déporté à Babylone, comme le roi légitime. En 594, Sédécias, invité par Edom, Moab, Ammon, Tyr et Sidon à se joindre à leur coalition, se révolta contre la Babylonie. S'opposant aux "prophètes de la paix" qui annonçaient l'écrasement de l'empire babylonien, Jérémie prédit que Juda serait châtié, que la révolte contre Babylone serait vaine et n'apporterait que la famine, la peste et la mort. La conspiration ayant été étouffée, Sédécias se rendit à Babylone en 593 av. J.-C., sans doute pour assurer Nebucadnetsar de sa loyauté (Jérémie 451:59).

Mais cinq ans plus tard, il se révolta contre le souverain de Babylone, quand le pharaon Hophra vint au pouvoir et promit assistance à Juda. Seules Tyr et Sidon se joignirent à Juda. Nebucadnetsar assiégea Jérusalem en 588 av. J.-C. La ville résista pendant 18 mois, avant de se rendre. L'espoir fut raffermi, quand l'armée égyptienne arriva et que l'ennemi leva temporairement le siège. Mais le répit fut de courte durée. L'attaque renouvelée de l'armée babylonienne amena la famine et de terribles souffrances. Finalement, on fit une brèche dans la muraille. Sédécias tenta de s'enfuir, mais fut capturé à Jéricho, emmené à Ribla où on lui creva les yeux après l'avoir contraint à assister à l'exécution de ses fils, puis conduit captif à Babylone. En raison des révoltes répétées de Juda, le chef de l'armée babylonienne reçut l'ordre de déporter toute la population, à l'exception des plus pauvres, et le pays fut gouverné par Guedalia. C'est ainsi que s'acheva l'histoire politique de Juda. Mais à la différence d'Israël, la captivité de Juda fut limitée dans le temps. Elle dura environ 70 ans, puis elle prit fin. Dieu était lié à ses promesses. Le Sauveur du monde, descendant du grand roi David, devait venir. Il fallait donc que Juda survive jusqu'au temps choisi par lui.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 13:40

CHAPITRE 12: L'EXIL ET LE RETOUR

Plusieurs dates ont été proposées pour la période de l'exil qui avait été prédit par les prophètes de Juda (Jérémie 30:3). On peut le faire commencer au moment de la première déportation en 597 av. J.-C., quand Jojakin et les nobles du pays furent emmenés en captivité (Esther 2:6; Matthieu 1:11). Plus souvent, on le fait débuter avec la deuxième déportation, lors de la chute de Jérusalem en 587 av. J.-C. La date de la fin de l'exil varie également. Il prit officiellement fin, quand Cyrus publia en 538 av. J.-C. le décret autorisant les juifs à rentrer chez eux. Cependant il y a des historiens qui calculent les 70 ans de l'année de la destruction du temple (587 av. J.-C.) à celle de sa reconstruction (516/515 av. J.-C.) (2 Chroniques 36:21; Jérémie 29:10).



L'exil à Babylone:

En 605 av. J.-C., la 3° ou 4° année du règne de Jojakim, Nebucadnetsar, s'étant emparé de Jérusalem, avait transporté à Babylone les vases du temple et emmené captifs des jeunes gens de sang royal, parmi lesquels Daniel (2 Chroniques 36:2-7; Daniel 1:1-3). La première véritable déportation cependant eut lieu en 597 av. J.-C. Elle est décrite dans 2 Rois 24:12-16. Cette année-là, le roi, sa mère, ses épouses et environ 10.000 hommes, dont 7.000 notables et 3.000 artisans, partirent pour Babylone. Puis un deuxième contingent partit, quand Jérusalem eut été détruite, dix ans plus tard, en 587 av. J.-C. Nebucadnetsar ne laissa dans le pays que les plus pauvres, des cultivateurs et des vignerons (2 Rois 25:2-21; Jérémie 39:8-10; 40:7; 52:12-34). Guedalia fut nommé gouverneur de Juda par les Babyloniens et assassiné quelques années plus tard par Ismaël, membre de la famille royale. Des troubles incitèrent Nebucadnetsar à revenir en Canaan en 582 av. J.-C. et à s'y livrer à de nouvelles représailles. Les amis de Guedalia emmenèrent de force le prophète Jérémie et s'enfuirent en Egypte. Jérémie 52:30 mentionne une troisième déportation, qui date de la même année.

Les premiers exilés furent installés dans la région du fleuve Kebar (Ezéchiel 1:1.3), un canal de 90 km de long reliant l'Euphrate au nord de Babylone au même fleuve au sud d'Ur en Chaldée. Jérémie savait que leur séjour à l'étranger serait long. Il avait prophétisé qu'il durerait 70 ans (Jérémie 25:1.11.12) et leur conseilla de se construire des maisons, de cultiver des jardins et de se multiplier (Jérémie 29:5 ss.). Quoique soumis sans doute à des travaux forcés, ils jouissaient d'une certaine liberté et ne semblent pas avoir été particulièrement malheureux, si ce n'est qu'ils vivaient loin de leur patrie et du temple. Ils modifièrent donc leur vie cultuelle. Ne pouvant plus apporter de sacrifices, ils se réunissaient sur un plan local et célébraient des cultes dans ce qu'on appela par la suite des synagogues. Ils vécurent dans la paix et certains connurent la prospérité. D'autres accédèrent même à des postes élevés (Daniel 2:48), à tel point qu'ils furent loin de retourner tous en Palestine, quand Cyrus leur en donna la permission.

Nebucadnetsar connut un long règne et mourut en 562 av. J.-C. Son fils et successeur Evil-Merodak (Amel-Marduk) libéra Jojakin, ancien roi de Juda, et lui permit de manger à sa table jusqu'à la fin de sa vie (2 Rois 25:27-30). Il était, à l'inverse de son illustre père, un souverain faible et incompétent. Il fut assassiné par son beau-frère Nériglissar (Nergal-Scharetser) qui avait participé au siège de Jérusalem et régna efficacement sur Babylone de 560 à 556 av. J.-C. Son jeune fils Labashi-Marduk lui succéda, mais fut bientôt déposé par le parti des prêtres, en faveur de Nabonide (556-539 av. J.-C.).

Ce dernier attribua sa réussite à Marduk. Il l'adora ainsi que d'autres dieux à qui il construisit de nombreux temples. Mais sa dévotion pour les anciennes divinités de Babylone (Sin, dieu de la lune, et Shamasch, dieu du soleil) diminua son zèle pour Marduk que Nebucadnetsar avait vénéré avec ferveur. C'est pourquoi les prêtres de Marduk s'opposèrent à lui. Il quitta alors Babylone et alla s'installer à Teima, au sud-est d'Edom, dans le désert d'Arabie. En son absence, son fils Belschatsar régna sur l'empire.

Belschatsar ayant refusé de s'humilier, l'empire babylonien tomba aux mains des Mèdes et des Perses (Daniel 5:28). L'empire des Mèdes se trouvait à l'est de Babylone. Ils avaient jadis aidé les Babyloniens à vaincre les Assyriens. Cyrus II, le roi perse vassal des Mèdes, se révolta contre leur roi Astyage vers 550 av. J.-C. Il prit la capitale Ecbatane, détrôna Astyage et assura la prédominance des Perses sur le vaste empire mède. Il progressa vers l'ouest et s'empara des villes grecques sur la côte de l'Asie Mineure. En 539 av. J.-C., il entra dans Babylone, arrêta Nabonide sans combattre et se proclama lui-même roi du monde. Il fonda l'empire le vaste de l'époque qui subsista pendant deux siècles, jusqu'aux conquêtes d'Alexandre le Grand. Cyrus attribua sa réussite à Marduk à qui il rendit sa place d'honneur et sa dignité à Babylone. Dans Esaïe 45:1, il est appelé l'oint de l'Eternel. Bien qu'il n'adorât pas Yahvé, le prophète vit en lui la main de l'Eternel qui vainquit les Babyloniens, oppresseurs de son peuple, et permit aux juifs de rentrer dans leur patrie. 42.360 d'entre eux saisirent l'occasion et repartirent chez eux (Esdras 2:64), mais beaucoup décidèrent de rester en Babylonie et formèrent avec d'autres congénères ce qu'on appela la diaspora.

L'exil fut pour les juifs une sérieuse mise à l'épreuve de leur foi. Ils étaient convaincus en effet que Dieu avait choisi Jérusalem et que la dynastie de David ne s'éteindrait jamais, que l'alliance conclue par le Seigneur et leur accomplissement des rites prescrits par la Loi les mettaient à l'abri de toute catastrophe. D'autre part, les Babyloniens attribuèrent leur victoire à Marduk et proclamaient qu'il était plus puissant que Yahvé. Les juifs étaient tentés de se tourner vers d'autres religions (Jérémie 44:15-19). Certains accusaient même Dieu d'injustice (Ezéchiel 18:2.25). Les plus sincères d'entre eux craignaient qu'il n'eût à jamais abandonné son peuple à cause de ses péchés (Ezéchiel 37:11).

Les prophètes d'avant l'exil et ceux qui vécurent la déportation rappelèrent au peuple pourquoi Nebucadnetsar était parvenu à l'écraser et à l'emmener à Babylone, et lui promirent que lorsqu'il aurait expié son infidélité, Dieu aurait à nouveau pitié de lui et le ramènerait dans sa patrie. Il lui préparerait un chemin dans le désert (Esaïe 40:3-5). La restauration serait le renouvellement de l'alliance avec un peuple indigne, mais repentant (Esaïe 42:18-21; 48:1-11). Jérémie, évoquant les temps messianiques, annonça même la conclusion d'une nouvelle alliance qui ne serait pas limitée aux juifs, mais qui inclurait aussi des hommes de toutes les nations et de toutes les langues. La délivrance de l'exil montrerait au monde entier la grandeur, la puissance et la miséricorde de Yahvé. Telle était la mission des juifs de qui viendrait un jour le salut pour tous les hommes. Alors des païens viendraient en grand nombre à Jérusalem et deviendraient par la foi membres du peuple de Dieu. La mission d'Israël était donc la fidélité au Seigneur dans l'oppression et sa louange à l'heure de la restauration. Il était l'instrument dont il se servirait pour accomplir son dessein de salut.

Quand Cyrus (539-529 av. J.-C.) vainquit l'armée de Babylone, il fut acclamé comme un libérateur, même par de nombreux Babyloniens. Ce stratège perse avait ses méthodes à lui et se distinguait des dictateurs sémites d'Assyrie et de Babylone par son humanité et sa tolérance. Il n'avait pas systématiquement détruit les villes conquises et ses soldats avaient reçu pour instruction de respecter les sentiments religieux des vaincus. Peu de temps après la conquête de Babylone, il permit aux juifs de rentrer chez eux et ordonna que le temple de Jérusalem fût reconstruit. Il alla même jusqu'à restituer les trésors sacrés confisqués par Nebucadnetsar (Esdras 1:3; 6:3). Sans doute voulait-il par sa clémence s'assurer les sympathies des peuples vaincus et se concilier les faveurs de leurs dieux. Il y avait dans tout cela une part de calcul, mais aussi une conception du pouvoir et une morale différentes.

Scheschbatsar, un prince de Juda, fut chargé d'organiser le retour des juifs et le transfert à Jérusalem des objets du temple (Esdras 1:7 ss.). Ceux qui choisirent de rester à Babylone participèrent aux frais du voyage en donnant de l'or, de l'argent, des biens et des animaux. Quand ils arrivèrent dans leur patrie, Scheschbatsar confia ses responsabilités à son neveu Zorobabel. Pour une raison non connue, la construction du temple fut ajournée, après qu'on en eut posé les fondations (Esdras 3:6 ss.; 5:16 ss.).

Cyrus mourut en 529 av. J.-C., lors d'une expédition contre un peuple nomade dans la région de la mer d'Aral. Son fils Cambyses (529-522 av. J.-C.) lui succéda et ajouta l'Egypte à son empire. Il semble qu'il ait détruit bon nombre de sanctuaires dans les pays conquis, mais il ne toucha pas au temple que les juifs installés en Egypte avaient édifié à Eléphantine. Puis Darius I (521-486 av. J.-C.) et Xerxès I (485-465 av. J.-C.) montèrent sur le trône impérial.

Les spécialistes de cette époque estiment que le nombre des habitants de Jérusalem vers 522 av. J.-C. ne pouvait pas dépasser les 20.000 et qu'une grande partie de la ville était toujours en ruines. Il y eut à l'époque une période de sécheresse et quelques mauvaises récoltes (Aggée 1:9-11; 2:15-17) que le prophète attribua à la mauvaise volonté que les juifs mettaient à reconstruire le temple.

Les Samaritains, peuple mixte issu du mariage des juifs laissés en Palestine au moment de l'exil avec les colons païens que Nebucadnetsar avait envoyés vivre là-bas, revendiquaient la possession du pays et voyaient d'un mauvais oeil les juifs s'installer dans le pays et rebâtir la ville. Lorsque Darius (522-486 av. J.-C.) succéda à Cambyses qui s'était suicidé, la reconstruction du temple n'avait pas progressé (Esdras 4:24). L'édit de Cyrus semblait oublié à la cour de Perse et il fallut faire des recherches pour le retrouver.

Zorobabel, fils de Shealthiel et petit-fils de Jojakin, était revenu en Palestine peu avant 520 av. J.-C., à la tête d'un nouveau contingent de candidats au retour. Il succéda à son oncle Scheschbatsar et fut associé au souverain sacrificateur Josué, fils de Jotsadak, responsable des questions religieuses. Vers cette époque, les prophètes Zacharie et Aggée exhortèrent les juifs à reprendre la reconstruction du temple. Ils surent les convaincre, mais la sécheresse, la nécessité de construire des maisons et l'opposition des Samaritains à qui ils interdirent de participer aux travaux leur rendirent la tâche difficile.

Le temple fut achevé en 516 av. J.-C. On l'appela le temple de Zorobabel pour le distinguer de celui qu'avait construit Salomon dont il était loin d'avoir les dimensions et la beauté. Il subsista plus de 500 ans et fut détruit par les Romains en l'an 70 de notre ère, après avoir été agrandi et embelli par Hérode le Grand, qui cherchait à plaire aux juifs qu'il irritait par ses sympathies pour l'hellénisme.

Soixante ans après l'achèvement du temple, en 458 av. J.-C., le scribe Esdras fut investi par Artaxerxès I (464-424 av. J.-C.) du pouvoir religieux en Palestine. Le souverain lui confia un décret impérial ordonnant aux juifs d'obéir à ses instructions. Il vint, accompagné de lévites. Les murs de Jérusalem n'étaient toujours pas reconstruits, et la ville exposée aux invasions, au pillage et au vol. On y vivait pauvrement. D'autre part, Esdras découvrit que la loi de Moïse était violée sur un certain nombre de points: mariages mixtes, non-respect des fêtes, profanation du sabbat par le commerce, négligences dans le culte du temple, etc.

Il exigea que les juifs se séparent de leurs épouses étrangères, veilla au respect du sabbat, nomma des prêtres et des lévites, restaura la dîme et interdit aux païens l'accès du temple. Ces réformes n'auraient pas été possibles sans le soutien de Néhémie. Celui-ci était venu à Jérusalem en 446/445 av. J.-C. C'était un "laïc", fonctionnaire à la cour de Perse. Informé des conditions déplorables qui régnaient en Judée, il demanda à Artaxerxès la permission de s'y rendre pour reconstruire les murailles et les quartiers en ruines de Jérusalem. La tâche n'était pas facile, et Néhémie dut prendre des mesures et armer les ouvriers pour les protéger contre la malveillance des Samaritains. Il survécut à plusieurs complots. Les remparts de Jérusalem furent érigés en un temps record, 52 jours. Néhémie fut gouverneur de Juda de 445 à 432 av. J.-C. (Néhémie 5:14).

Darius II (Nothus, 424-404 av. J.-C.) succéda à Artaxerxès I. Puis Artaxerxès II prit le pouvoir (404-358 av. J.-C.). Des révoltes éclatèrent un peu partout et amenèrent le déclin de l'empire perse. Artaxerxès III (Ochus, 3358-338 av. J.-C.) essaya de redresser la situation. Il semble s'en être pris aux juifs et en avoir déporté certains à Hyrcania, près de la mer Caspienne. Darius III (336-331 av. J.-C.) renforça son pouvoir sur les cités grecques et reconquit l'Egypte en 334 av. J.-C., mais ne sut résister à l'offensive menée, la même année, par Alexandre le Grand.



Les juifs de la diaspora:

Des juifs, parmi les quels Jérémie, s'enfuirent en Egypte, dans la région du Delta, après l'assassinat du gouverneur Guedalia (582 av. J.-C.). Deux siècles et demi plus tard, Alexandre le Grand fonda Alexandrie, à 21 km à l'ouest de l'embouchure du Nil. Ptolémée I Sôter (322-285 av. J.-C.) augmenta la population de la ville, en menant des campagnes en Palestine et en y installant des captifs juifs et samaritains. D'autres, informés de la prospérité de la ville, vinrent s'y installer de leur plein gré (Josèphe, Antiquités Juives, II, 1, 1). Ils y étaient gouvernés par leur propre ethnarque et jouissaient d'une grande liberté religieuse. Ptolémée IV Philometor (182-146 av. J.-C.) les autorisa même à construire un temple à Leontopolis.

Vers 250 av. J.-C., Alexandrie comptait une forte population juive qui ne se mêlait pas aux Egyptiens, mais qui avait adopté la langue grecque et subissait l'influence de la culture hellénistique. Philon, philosophe juif contemporain du Christ installé à Alexandrie, estima qu'un million de juifs vivaient en Egypte à son époque. Alexandrie fut un grand centre de la culture grecque. L'Ancien Testament y fut traduit en grec. Les juifs hellénisés de la ville produisirent une abondante littérature destinée essentiellement à défendre le judaïsme contre les critiques issues du paganisme. Philon tenta même de montrer qu'un lien existait entre les Ecritures hébraïques et la philosophie grecque, soutenant que le Dieu d'Israël était le même que celui des philosophes.

Au niveau de la première cataracte où fut construit le barrage d'Assouan, des fouilles archéologiques ont révélé qu'une colonie juive vivait au V° siècle av. J.-C. sur une île appelée Eléphantine. Cette île mesure 1,5 km de long et 1 km de large. De nombreux dessins d'éléphants découverts sur des rochers aux alentours laissent croire que des éléphants avaient peut-être un jour peuplé la région. On découvrit sur l'île des papyrus datant de l'époque et renseignant sur la vie des juifs installés là.

En 410 av. J.-C., en l'absence du gouverneur, une émeute éclata à Eléphantine et son temple fut détruit. Les juifs voulurent le reconstruire et s'adressèrent pour cela au souverain sacrificateur Johanan de Jérusalem. Leur requête resta sans réponse. Le personnel du temple de Jérusalem n'était certainement pas favorable à la construction d'un sanctuaire ailleurs que dans la ville de David. Puis ils demandèrent au gouverneur de Juda et à quelques notables d'appuyer une pétition adressée à Arsames, gouverneur d'Egypte. Leur requête fut accordée, à condition toutefois qu'ils n'apportent pas dans leur temple de sacrifices d'animaux. Seul l'encens et les libations y étaient tolérés. Il fut donc reconstruit en 402 av. J.-C.

Après la chute de Samarie en 722 av. J.-C., Sargon II avait déporté les dix tribus du nord "en Assyrie. Il les fit habiter à Chalach, et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes" (2 Rois 17:6). Il implanta en Palestine des colons venus de Babylonie et d'ailleurs (2 Rois 17:24). Les déportés s'assimilèrent aux peuples au milieu desquels ils vécurent et perdirent leur identité ethnique et religieuse.

Il n'en alla pas de même avec les habitants de Juda exilés à Babylone. Ils s'y multiplièrent en conservant leur identité et en restant fidèles à la religion de leurs ancêtres. Josèphe parle "d'innombrables myriades" de juifs vivant à Babylone (Antiquités juives, XV, 5, 2). Cette importante colonie juive s'attacha à une interprétation de la loi qui fut consignée dans le Talmud babylonien dont l'autorité supplanta celle du Talmud palestinien.

Sous Antiochus le Grand (223-187 av. J.-C.), 2.000 familles juives installées en Mésopotamie furent déportées en Phrygie et en Syrie. D'importants centres du judaïsme de la diaspora se créèrent à Nehardea, cité de l'Euphrate, et à Nisibis, le Nusaybin actuel dans le sud-est de la Turquie.

Des juifs s'étaient installés dans d'autres régions. Pour les protéger, le sénat romain envoya une lettre circulaire aux rois d'Egypte, de Syrie, de Pergame, de Cappadoce et de Parthes et à de nombreuses provinces, cités et îles de la Méditerranée, ce qui donne une idée de leur expansion dans le monde de l'époque. Beaucoup d'entre eux faisaient du commerce et des affaires, tandis que d'autres avaient été déportés et vendus comme esclaves. De nombreuses villes des empires grec et romain avaient des quartiers juifs. Il y eut, semble-t-il, au début de l'ère chrétienne autant de juifs dans la diaspora qu'en Palestine.
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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   Ven 23 Avr - 18:07

Merci Xenia pour cette belle leçon d'histoire !

j'y ai retrouvé Daniel à la cour du roi Nabuchodonosor ( voir mon sujet : " la prophétie de Daniel ou le rêve du roi " )

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MessageSujet: Re: BIBLE ET ARCHEOLOGIE   

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